Affectueusement surnommée « il mostro », l’ Alfa Romeo SZ (et sa déclinaison roadster RZ) est un engin particulièrement surprenant qu’il est rare de croiser dans le flop quotidien de la circulation. Elle n’est pas particulièrement belle… Ni moche… Disons spéciale ! Pourtant elle a bien plus à offrir qu’un simple look extravagant.

 

Alfa Romeo SZ

Après son rachat en 1986 par Fiat, Alfa Romeo est sauvée de la faillite mais reste un constructeur en mauvaise posture économique. Pour redorer le blason de la marque, Fiat souhaitait la remettre en avant sur le segment des sportives. Pour ce faire, décision a été prise de produire une remplaçante de la Montreal en collaborant avec un maître italien également auteur des mythiques 6C, 8C et TZ : la Carrozzeria Zagato.

C’est d’abord la version coupé qui est dévoilée en 1989 à l’occasion du salon de Genève sous le nom de SZ (pour Sport Zagato) et sera produite de 1989 à 1991. A l’arrêt de la SZ, la déclinaison cabriolet RZ (Roadster Zagato) sera fabriquée de 1992 à 1993.

Alfa Romeo SZ

Un monstre sur la route !

Première surprise, le dessin ne provient pas de chez Zagato, mais du centre de style de Fiat ! Le carrossier italien interviendra majoritairement pour l’assemblage et on imagine que les designers de chez Fiat se sont grandement inspirés de la « patte Zagato » tant le look de l’ Alfa Romeo SZ est décalé.

Car si elle n’est pas vraiment belle, bon dieu qu’elle impressionne ! Son design est tellement massif et agressif qu’elle ferait presque peur !

Sa ligne détonne vraiment avec une ceinture de caisse très haute et remontant davantage sur la partie arrière. Le regard n’est pas en reste puisque composé de 6 petits phares carrés donnant un aspect très perçant à la SZ.

Zagato ne s’en remettra pas à une simple carrosserie en acier mais va utiliser des matériaux composites ainsi qu’un toit en aluminium et un aileron en carbone. Le travail en soufflerie a été important à tel point que l’ Alfa Romeo SZ affiche un étonnant Cx de 0,30 qui parait improbable tant elle parait aussi profilée qu’un bus !

Les version SZ auront toutes été commercialisés en rouge sauf un exemplaire noir qui a été réservé à Andrea Zagato. Les RZ laisseront plus de choix avec du jaune et du noir en plus du « Rosso Alfa ».

A première vue, l’intérieur parait assez dépouillé. Mais on remarque qu’il est doté de superbes sièges baquets en cuir ainsi que d’un tableau de bord lui aussi recouvert de cuir.

L’équipement est très correct pour l’époque avec la présence de la climatisation, des vitres électriques ainsi que de la fermeture centralisée.

Un beau V6 Busso pour cette Alfa Romeo SZ

Comme pour toute Alfa de cette époque qui se respecte, la SZ renferme dans ses entrailles le fameux V6 de Giuseppe Busso et fabriqué à l’usine d’Arese. Celui-ci dérive directement de celui présent dans l’Alfa Romeo 75 America mais a été revu pour produire plus de puissance.

Avec ses 2 959 cm3 de cylindrée et son angle de 60° idéal pour l’équilibre d’un V6, il est toutefois assez rustique avec seulement 2 soupapes par cylindres et une injection électronique monopoint.

Entièrement réalisé en aluminium, il développe la puissance de 210 ch à 6 200 tr/min (maximum à 6 600 tr/min) et un couple de 246 Nm à 4 600 tr/min. Avec sa boîte de vitesses mécaniques à 5 rapports, il permet à l’ Alfa Romeo SZ d’atteindre 245 km/h en vitesse maximale, d’abattre le 0 à 100 km/h en 7 secondes ainsi que le kilomètre départ-arrêté en 27,4 secondes.

Néanmoins, les performances auraient pu être bien supérieures si le moteur avait été un peu plus poussé, certains propriétaires ayant fait monter des arbres à cames typés compétition lui ont fait gagner près de 50 chevaux. Etait-ce pour ne pas faire de l’ombre à la Ferrari 348 ?

Fort heureusement, le caractère de ce V6 est bien présent avec une puissance à aller chercher dans les tours. Sa sonorité vaut également son pesant d’or avec le timbre caractéristique du V6 Busso.

Alfa Romeo SZ : un équilibre parfait

Au même titre que le moteur, la plateforme est issue de la 75 avec une structure en acier. L’architecture transaxle est optimale pour la répartition des masses avec un moteur en position longitudinale et centrale à l’avant et une boîte de vitesses sur le train arrière où y est délivrée la puissance. De plus, les freins sont montés « in-board », c’est-à-dire accolés au différentiel afin de réduire les masses non-suspendues. Etrangeté pour un modèle sportif encore relativement récent, le pont arrière est rigide et non indépendant entre les 2 roues.

Un gros travail aura été réalisé au niveau des suspensions puisqu’un dispositif actif permet de baisser la hauteur de caisse de 40 mm ce qui permet à la fois de diminuer le centre de gravité tout en augmentant l’effet de sol.

Malgré des pneus Pirelli Pzero montés sur des jantes 16 pouces de largeur assez modeste (205 mm à l’avant et 225 mm à l’arrière), l’ Alfa Romeo SZ s’autorise des passages en courbes qui atteignent 1,4 G en latéral !

Elle est relativement légère en version SZ avec 1 260 kg alors que la RZ monte à 1 380 kg avec son châssis renforcé pour compenser la perte du toit. Mais son gros point fort, c’est son équilibre des masses excellent qui la rend très efficace et amusante à piloter. Quel dommage de n’avoir pas mis un moteur plus puissant pour ce super châssis !

Le prix pour acquérir une Alfa Romeo SZ ou RZ

Produite en petite série, une Alfa Romeo SZ est une auto rare puisque seuls 1 036 exemplaires sont sortis des chaînes de production entre 1989 et 1991. C’est encore pire pour la RZ avec 278 exemplaires fabriqués entre 1992 et 1993, le but pour Alfa Romeo étant davantage d’en faire un véhicule image plus qu’un modèle rentable.

Mais le prix était conséquent pour l’époque puisqu’il fallait débourser pas moins de 430 000 francs pour en acquérir une.

Il y a peu, sa cote était très raisonnable puisqu’elle se vendait environ 30 000 €. Désormais, les prix de vente ont subi une inflation logique et une version SZ s’échange contre 55 000 €. Encore plus rare, la RZ est encore plus chère puisque sa cote atteint 70 000 €.

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