S’il est un coupé qui a marqué l’histoire d’Alfa Romeo, c’est sans conteste l’ Alfa Romeo Giulia GT aussi affectueusement dénommée « coupé Bertone ». Retour sur un pan de l’automobile italienne qui a désormais 54 ans.

Cet Article vous est proposé par le réseau social Atome :

la plateforme Auto&Moto des initiés

Inscrivez-vous gratuitement ici et amusez-vous !   

www.atome.auto

Alfa Romeo Giulia GT : Giulia 1750 GT AM (crédits : FCA)

La Giulietta de 1954 à l’origine (crédits : FCA)

Après guerre, Alfa Romeo décida d’orienter sa production en faveur de modèle performant mais relativement accessible financièrement. Ainsi, la marque lance en 1954 la berline Giulietta qui sera déclinée dans de superbes versions coupé et spider, ainsi que certains modèles habillés par de grands carrossiers tels que Zagato (qui a récemment dessiné les Vanquish Zagato en séries limitées). Huit ans plus tard, sa remplaçante est commercialisée sous le nom de Giulia et aura sa version coupé en 1963 : le fameux coupé Bertone.

Sous ses traits plus tendus que son aînée Giulietta se cache un design signé Bertone. C’est un gamin de 22 ans effectuant son service militaire qui en est l’auteur et pas n’importe lequel : Giorgetto Giugiaro ! En effet, avant de voler de ses propres ailes, ce dernier était le protégé de Nuccio Bertone.

Plus courte qu’une berline Giulia avec ses 4.08m de longueurs, elle a fait fantasmer des générations de passionnés. Avec sa ceinture de caisse assez haute et sa calandre à 2 ou 4 phares suivant les générations, elle représente à merveille la classe et l’élégance à l’italienne.

Sous sa belle robe se cache un vrai cuore sportivo puisqu’il s’agit du fameux 4 cylindres en ligne Bialbero tout aluminium avec son double arbre à cames en tête, ses deux carburateurs double-corps, ses chambres de combustion hémisphériques et ses soupapes d’échappement refroidies au sodium, aussi rageur que musical. La transmission est assurée par une boite de vitesses à 5 rapports quand les concurrents allemands proposaient encore des boîtes à 4 vitesses ! Egalement peu courant en 1963, le freinage est assuré par 4 freins à disques. En revanche, le pont rigide à l’arrière est de sortie ce qui dénote avec la modernité du véhicule pour l’époque. Avec son poids inférieur à 1 tonne, le coupé Alfa s’autorisait des performances de premier plan ! Produite de 1963 à 1976, de nombreuses déclinaisons du coupé Bertone ont existé, découvrez ou redécouvrez avec nous ces modèles de légende.

Giulia Sprint GT : l’origine de la mythique Alfa Romeo Giulia GT

Alfa Romeo Giulia 1600 Sprint Speciale, 1963-1965 (crédits : FCA)

En 1963 apparaît la première version du coupé Bertone, d’abord sous forme de prototype, puis dans sa version définitive au salon de Francfort. Avec ses deux feux ronds, sa fente sur la calandre dite « boîte aux lettres », sa calandre à 3 barettes et ses jantes de 15 pouces, celles-ci est facilement identifiable. A l’intérieur à l’intérieur de l’Alfa Romeo Giulia GT, la planche de bord imitation bois est chaleureuse et l’instrumentation offre les informations essentielles au conducteur : température d’huile, d’eau et jauge d’essence. Les compteurs, gradués jusqu’à 220 km/h et 8000 tr/min, sont aussi lisibles que beaux tout comme le volant en bois à 3 branches.

Le double arbre Bialbero cube ici 1570 cm³ avec deux carburateurs double-corps de 40 mm et offre une puissance de 106 ch à 6000 tr/min et 14 m/kg de couple à 3000 tr/min. Avec ses 14 chevaux de plus que la berline, le moteur propulse la Sprint GT à 180 km/h. Côté comportement, le coupé Bertone se montre équilibré et bien suspendu, avec un train arrière « enroulant » lors des remises de gaz en appui. Malgré ses pneus étroits en 155mm et son pont arrière rigide, la belle est une référence du genre à son époque !

Trois ans après son lancement sort la version « Veloce » qui offre 3 chevaux de plus et un couple identique mais disponible à 2800 tr/min grâce à un travail sur la carburation, sur l’admission et l’échappement. Si la différence de puissance est faible, le double arbre se révèle encore plus brillant à haut régime tout en étant plus souple à bas régime.

Alfa Romeo Giulia GT Junior : le rêve accessible

En 1966, la famille de l’Alfa Romeo Giulia GT s’agrandit avec l’apparition de la petite sœur baptisée Giulia GT Junior. Malgré une Giulia GT assez onéreuse dans sa version 1600, Alfa Romeo n’en oublie pas les clients plus jeunes et moins fortunés avec une version plus économe, mais tout aussi intéressante.

Alfa Romeo Giulia Coupé 1300 GT Junior 1966-1968 (crédits : FCA)

Le double arbre est dans sa version 1290cm³, est dépourvu du refroidissement au sodium des soupapes d’échappement et développe 89 ch grâce à ses deux carburateurs double-corps de 40mm. Une puissance modeste mais qui permet malgré tout de se faire plaisir grâce au poids contenu, à sa boîte à 5 rapports mais surtout grâce à sa mécanique pétillante. Si le couple est assez faible, son aisance à prendre des tours et sa sonorité incitent à monter dans les tours et permet d’atteindre les 170 km/h.

L’esthétique diffère assez peu hormis une barrette de calandre unique, elle conserve donc la beauté du modèle plus huppé. L’intérieur est par contre beaucoup plus simple avec ses tapis en caoutchouc et son volant en bakélite à 2 branches. Le reste est toutefois toujours raffiné à l’instar des deux gros compteurs absolument splendides. Et le moteur 1,6 litres de 109 ch de la Sprint GT Veloce sera lui aussi proposé en version Junior à partir de 1972.

Alfa Romeo Giulia GT 1750 Veloce : l’icône

Alfa Romeo Giulia GT, Giulia 1750 GT AM (crédits : FCA)

En 1967, la Sprint GT est remplacée par la « dix-sept cinquante GTV » qui deviendra un véritable mythe. L’esthétique diffère quelque peu avec l’apparition d’une calandre à 4 phares et une simple barrette, l’ouverture « boîte aux lettres » sur le capot a disparu tandis que les jantes sont plus petites avec 14 pouces mais un peu plus large avec des pneus de 165mm.

L’intérieur est tout aussi beau mais un peu plus moderne avec son volant en bois, sa console centrale et de nouveaux sièges plus enveloppant et disposant d’appui-tête.

L’atout majeur de la 1750 est son superbe moteur puisque le Bialbero est gonflé à 1779cm³. Toujours pourvu de deux carburateurs double-corps de 40 mm, ce dernier développe ici 118 ch à 5500 tr/min et 16,7 m/kg de couple à 3000 tr/min. Capable de monter jusque 190 km/h, le moteur 1750 n’est pas le plus puissant parmi les coupés Bertone mais c’est le plus rageur et le plus vivant !

Côté comportement, la 1750 est suspendue de manière un peu plus ferme, le confort en pâtit sur mauvaise route. La motricité  est davantage mise à mal par le surplus de puissance et un différentiel autobloquant est proposé en option.

Alfa Romeo Giulia GT 2000 Veloce : la plus aboutie ?

Alfa Romeo Giulia GT, Alfa 2000 GTV (crédits : FCA)

Quatre ans plus tard, apparaît la version finale du coupé Bertone avec un Bialbero qui atteint désormais les deux litres. Esthétiquement, les changements sont visibles avec la 1750, notamment sur la calandre au dessin très agressif et entièrement striée qui englobe le triangle Alfa Romeo. Les feux arrière, devant intégrer les feux de reculs, sont eux bien plus larges.

L’habitacle de l’Alfa 2000 GTV (crédits : FCA)

A l’intérieur, le volant en bois est fortement tulipé afin d’améliorer la position de conduite mais la finition est plus décevante avec des plastiques durs qui font malheureusement trop « seventies ». Avec 1962 cm³, le double arbre développe 132 ch à 5500 tr/min et 18 m/kg à 3500 tr/min. Si les performances sont de premier ordre avec 195 km/h en vitesse de pointe et un 1000 mètres départ arrêté abattu en 30 secondes, le moteur est toutefois moins brillant que le 1750. Avec son surplus de couple, le 2 litres se conduit de manière plus moderne. Il pousse mais a moins de vitalité qu’un 1750 qui réclame à monter haut dans les tours.

Pour pallier à ce manque de brio à haut régime, des préparations sont possibles : il peut être judicieux de monter des carburateurs plus gros que les 40mm d’origine qui font un peu juste sur un moteur de cette cylindrée. Des arbres à cames plus pointus, des ensembles pistons-bielles affutés ou encore un changement de boîte à air ou de silencieux sont également susceptibles d’améliorer le rendement d’une mécanique déjà brillante d’origine sur l’ensemble des coupés Bertone.

Pour faire passer le surplus de puissance, le 2 litres fait appel à un différentiel autobloquant de série afin d’améliorer la motricité.

Arrière de l’Alfa 2000 GTV (crédits : FCA)

Alfa Romeo Giulia GT : la Giulia Sprint GTA pour les plus énervés !

Alfa Romeo Giulia GT, Alfa GTA (crédits : FCA)

Pour satisfaire ses clients les plus sportifs, Alfa lance sa version « coursifiée » à partir de 1965. Au programme de la Giulia Sprint GTA, un allègement de 200 kg grâce à l’adoption d’une carrosserie en aluminium, la suppression de tous les insonorisants et éléments de confort, absence de pare-choc ou encore des vitres arrière en plexiglas. Le moteur est le 1,6 litres de la Sprint GT mais a été revu et bénéficie d’un double allumage et de deux énormes carburateurs de 45mm. Sa puissance d’origine est d’environ 118ch mais la plupart ont vu leur moteur préparé en vue de la course. En 1968, des exemplaires de GTA 1300 Junior furent produits avec le moteur de la Junior amélioré. Avec environ 95 ch, là encore la plupart des modèles ont été préparés pour la compétition.

Rares avec 500 exemplaires en 1600 et 500 autres exemplaires en 1300 Junior, la GTA attise les envies et sa cote n’en finit plus de flamber !

Alfa Romeo Giulia GT, Giulia Coupé 1300 GTA Junior 1968-1975 (crédits : FCA)

Acheter un coupé Bertone

Avec 212 325 exemplaires produits, l’Alfa Romeo Giulia GT n’est pas une voiture rare. Néanmoins la cote du coupé Bertone a subi une forte inflation depuis une dizaine d’années. Alors qu’il était accessible pour environ 10.000 €, un 1750 GTV en vaut désormais plus de 40.000. Les Sprint GT et 2000 GTV sont un peu moins cotés avec des prix tournant entre 30 000 et 40 000 € tandis que la 1300 Junior est la plus accessible puisqu’il est possible d’en trouver une pour 25.000 à 30.000 €.

La confidentielle GTA atteint des sommets bien plus élevés puisqu’il est impossible d’en dénicher une à moins de 120.000 €. Ces prix valent pour des modèles en bon voire en très bon état, des coupés Bertone en état concours peuvent s’afficher encore plus cher.

Côté entretien, la première chose à vérifier est bien entendu la rouille. Si les premiers coupés Bertone ne rouillent pas plus que les autres voitures de cette époque, c’est moins le cas pour ceux construits dans les années 70 qui ont un acier réputé pour être de qualité inférieure et davantage sensible à la corrosion. Il faudra vérifier avant tout les longerons, les bas de caisses, les ailes, les portes, les arches de roues, l’entourage des pare-brises ou encore le fond de coffre. A l’achat, il conviendra d’étudier ces points pour ne pas tomber sur un exemplaire entièrement rafistolé au mastic.

Le moteur est quant à lui très solide si on ne le sollicite pas à froid et si on lui prodigue l’entretien adéquat :

  • vidange tous les 5.000 km,
  • révision de l’allumage, de la carburation et contrôle de la distribution tous les 10.000 km
  • réglage des soupapes tous les 20 000 km.

Côté consommation, le Bialbero est plutôt frugal pour son époque puisqu’il réclame entre 9 et 13 litres aux 100 km suivant la conduite.

Vous l’aurez compris, chez Atome automobile, on aime les coupés racés et de caractère tel que la splendide Alfa Romeo Giulia GT « Bertone » !

Retrouvez plus d’infos à ce sujet sur la plateforme Atome

Le nouveau réseau social des passionnés Auto&Moto