Alors qu’elle est aujourd’hui une des voitures les plus désirées au monde, la carrière de la Lancia Stratos a pourtant été loin d’être facile. En cause, des soucis financiers chez Lancia qui plombèrent son développement. Mais les ingénieurs italiens ont fait des merveilles pour produire une des meilleures voitures de Rallye jamais créés !

 

Cet Article vous est proposé par le réseau social Atome :

la plateforme Auto&Moto des initiés

Inscrivez-vous gratuitement ici et amusez-vous !   

www.atome.auto

A la fin des années 60 et ayant toujours la volonté de continuer en championnat du monde des Rallyes pour des raisons d’exposition médiatique, Lancia prévoyait de développer un modèle spécifiquement pour cette compétition afin de remplacer la vieillissante Fulvia. Mais la règlementation imposa la production de 500 exemplaires de série pour avoir l’autorisation de courir en Groupe 4 à l’instar de ce qui se produisit quelques années plus tard avec Peugeot et sa 205 Turbo 16. A l’époque, c’était une première car les modèles de Rallye étaient tous dérivés d’une voiture de série, et non l’inverse.

Afin de diminuer les coûts d’un tel projet, la production du châssis et de la carrosserie fut externalisée et confiée au maître italien Bertone.

La concept Stratos Zero

Mené par Cesare Fiori, le directeur du département compétition, l’histoire de la Lancia Stratos commença donc en 1970 à Turin avec la présentation du concept Stratos Zero. Dessinée par Marcello Gandini, elle semblait sortir tout droit de la planète mars avec sa ligne ultra-tendue et plongeante, ses 82 cm de haut et son absence de portière, l’installation dans l’habitacle se faisant par le pare-brise qui se soulève par le haut ! L’histoire dira d’ailleurs que Nuccio Bertone parvint à se rendre sur le parking de direction de Lancia en passant sous la barrière de sécurité, provoquant l’hilarité des employés !

Présentée en version presque finalisée au salon de Turin 1971 (avec un V4 de Fulvia), elle fut définitivement produite en 1973, la marque ayant eu toutes les peines du monde à trouver un moteur convenable.

En championnat du monde des Rallyes, la Stratos mis du temps avant d’être parfaitement exploitée par Lancia en raison de nombreux problèmes de développement et de fiabilité.

Mais une fois aboutie, elle fut une des voitures disposant de l’un des plus beaux palmarès avec, entre-autres, 5 Tour de Corse, 5 San Remo ou encore 4 Monte-Carlo à son actif.

Une ligne étonnante

Extérieurement, la Lancia Stratos détonne, surtout quand on considère l’époque où elle a été créée ! Par rapport au concept Stratos Zero, la ligne a été légèrement adoucie mais son design reste très acéré, taillé à la serpe. Les idées trop extrêmes comme l’ouverture par le pare-brise où la hauteur très faible ont été abandonnées mais les dimensions restent toutefois lilliputiennes avec seulement 3.71 m de long, 1.75 m de large et 1.10 m de haut.

Les feux avant sont escamotables et le pare-brise étonnamment incurvé alors que la filiation avec la course est évidente lorsque l’on voit l’absence de pare-chocs ou même de coffre à bagages.

L’intérieur ne laisse aucune place au confort et est très étriqué avec un pédalier largement décalé sur la droite en raison du passage de roue très proche.

Ce n’est clairement pas la voiture rêvée pour les grands gabarits !

Un V6 Dino sous le capot

L’acquisition d’un moteur pour la Lancia Stratos ne fut pas une mince affaire, et c’est peu de le dire ! Le V4 de la Fulvia étant trop peu puissant, le seul moteur du groupe Fiat pouvant répondre aux exigences de performances et de dimensions était le V6 de la Dino 246. Mais problème, Enzo Ferrari ne l’entendait pas de cette oreille et mettra son véto à l’utilisation de ce moteur, hormis pour quelques blocs servant au développement de la voiture. C’est alors que Lancia utilisa un stratagème en faisant croire qu’ils souhaitaient acquérir le V6 Maserati, alors ennemi juré de Ferrari. Ne souhaitant pas voir un moteur Maserati dans une Lancia, Enzo Ferrari céda et accepta la fourniture de son moteur Dino.

Ce V6 de 2 418 cm3 est ouvert à 65° et dispose de 12 soupapes. Alors que la Dino 246 utilisait 3 carburateurs Weber DNCF de 40 mm, la Stratos fait confiance à 3 Weber IDF de 40 mm. Légèrement moins puissant que celui de la Dino 246, il développe 190 ch à 7 000 tr/min (maximum à 7 700 tr/min) et un couple de 226 Nm à 4 800 tr/min.

Ainsi doté, la Lancia Stratos monte jusqu’à 230 km/h, accélère de 0 à 100 km/h en 6.8 secondes et abat le 1000 m départ-arrêté en 27 secondes.

En version Rallye, ce moteur pouvait développer jusque 320 ch en version 24 soupapes atmosphérique et même 560 ch avec l’ajout d’un turbocompresseur en Groupe 5 !

Une architecture inédite pour Lancia

La Lancia Stratos fait confiance à une architecture avec un moteur en position centrale arrière apparaissant alors comme la meilleure solution en compétition. Le châssis est classique puisque c’est un tubulaire en acier et la carrosserie est en fibre de verre, qui présente l’avantage d’être à la fois légère et peu coûteuse à produire.

Ainsi, son poids est annoncé pour seulement 870 kg à sec, ce qui la situe sous la tonne tous pleins faits.

Equipée de 4 roues indépendantes et 4 freins à disques, elle utilise des jantes Campagnolo de 14 pouces en alliage léger. Fait peu courant pour l’époque, les pneus arrière sont les plus larges avec 205 mm contre 185 mm aux pneus avant.

Avec son empattement très court de 2.18 m et sa répartition des masses idéales de 46/54 % entre les deux essieux, la Lancia Stratos est d’une agilité et d’une vivacité exceptionnelle. A l’inverse, son manque de stabilité à haute vitesse la rend délicate pour les pilotes non-avertis.

La cote de la Lancia Stratos

Au vu de sa cote mirobolante aujourd’hui, il parait difficile de le croire, mais la Stratos a été un échec commercial ! En effet, la crise pétrolière eut des répercussions très néfastes sur les véhicules sportifs et elle ne fut produite qu’à 495 exemplaires routier, y compris les 3 prototypes de développement. Elle était vendue en 1973 pour 300 000 francs ce qui correspond à environ 250 000 € actuels. S’il y a une dizaine d’année, elle pouvait se dénicher en occasion pour environ 100 000 €, elle a subi une très forte inflation comme nombre de ses congénères rarissimes. Aujourd’hui, il faut davantage compter sur 500 000 € pour se l’offrir !

Il est à noter que certains passionnés moins fortunés se sont amusés à créer des répliques plutôt abouties de cette merveille.

 

Retrouvez-nous sur Facebook

Retrouvez plus d’infos à ce sujet sur la plateforme Atome

Le nouveau réseau social des passionnés Auto&Moto