La Maserati 3200 GT, modèle du renouveau, incarne parfaitement la philosophie de la marque italienne au trident : des voitures plus confortables et utilisables qu’une Ferrari, mais dont l’esthétique et la fougue mécanique ne laissent personne indifférent. Atome automobile vous propose de redécouvrir ce futur classique de la collection.

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Maserati 3200 GT, le luxe à l’italienne

En 1998 et après avoir été sous la houlette de Citroën, puis acquise par De Tomaso, la situation de Maserati n’était guère reluisante avec en gamme des modèles bi-turbo intéressants mais à la réputation de fiabilité très médiocre. Ironie du sort, c’est l’ennemi juré Ferrari qui va permettre à la marque de renaître de ses cendres. Pour rappel, en 1983, le Commandatore Enzo Ferrari himself fut incapable de venir saluer le président Sandro Pertini, venu dans la cour de l’usine en… Maserati Quattroporte !

Depuis, cette animosité a disparu puisque l’aide de Ferrari permettra de concevoir la splendide 3200 GT, dont le nom est un clin d’œil à la 3500 GT, toute première Maserati commercialisée.

Maserati 3200 GT, un design by Giugiaro

Pour séduire les acheteurs, il fallait que le coup de crayon soit à la hauteur. Maserati a eu la bonne idée de faire appel au bureau de style Giugiaro pour concevoir cette Italienne qui prend son inspiration dans un style So British.

La Maserati 3200 GT et ses feux arrières boomerang

En effet, avec sa ligne épurée et classique, et son nez effilé, la filiation est assez troublante. Si l’on y ajoute ses feux avant, à la ressemblance avec ceux d’une Aston Martin DB7 frappante, la filiation devient évidente… Pourtant, l’arrière présente des hanches musclées qui la distingue des modèles outre-Manche, et la signature de ses fameux feux à leds en forme de boomerang est unique. Ces fabuleux phares qui forment un intérêt majeur pour cette voiture et qui, paradoxalement, la conduira à sa perte ! Interdits au Etats-Unis, les feux arrière en boomerang empêcheront la commercialisation de la 3200 GT au pays de l’Oncle Sam ce qui incitera la marque à sortir un nouveau modèle baptisé Coupé (ou officieusement 4200 GT) doté de feux arrière bien plus banals.

Le luxe à l’italienne en Maserati 3200 GT

Maserati 3200 GT, habitacle luxueux

L’intérieur est la quintessence même du raffinement à l’italienne. Les sièges en cuir de la Maserati 3200 GT sont électriques et offrent un confort royal à ses occupants. Le tableau de bord et la console centrale en forme de V sont gaînés de cuir, l’instrumentation est superbe et Maserati n’a pas oublié le petit détail historique avec la pendulette au milieu de la console.

Néanmoins, tout n’est pas parfait, et certains détails de finition dénotent avec le luxe affiché. En témoignent ces commodos bas de gamme, comme ceux de la climatisation ou encore un autoradio d’une autre époque.

Avec ses 4,51 mètres de long, l’habitabilité est excellente et on s’étonne de voir que, malgré la relative compacité de l’auto, les places arrière permettent de loger deux adultes. En revanche, la taille du coffre est un peu juste avec seulement 300 litres et limite la taille des bagages pour les vacances en famille…

Et sous le capot de la Maserati 3200 GT ?

Sous le capot se cache un véritable chef-d’œuvre de la production Maserati puisque c’est un V8 bi-turbo de 3217cm³ qui est installé. Apparu en 1990 sur la Maserati Shamal, il fut également utilisé par la Quattroporte de cette décennie et finira sa carrière dans cette 3200 GT avant d’être remplacé par des blocs Ferrari.

Retravaillé par Maserati sous la houlette de la firme au cavallino rampante, il ne développe pas moins de 370 chevaux à 6250 tr/min et 491 Nm de couple à 4500 tr/min grâce au souffle de ses deux petits turbos japonais IHI.

Maserati 3200 GT, moteur V8 bi-turbo

Il est aussi beau à contempler avec ses culasses rouges qu’à écouter avec son doux feulement. Ce moteur confère à l’auto un caractère assez unique car les moteurs turbocompressés de l’époque étaient d’un genre plus violent que ceux d’aujourd’hui ! Ainsi, il catapulte la 3200 GT à 280km/h et permet d’expédier le 0 à 100km/h en seulement 5,1 secondes, valeur particulièrement remarquable pour l’époque, où les passages de rapports étaient plus longs et où les launch control n’existaient pas. L’accélérateur électronique « fly-by-wire » n’aide pas car il est du genre on/off et n’est donc pas un modèle de progressivité.

La 3200 GT est d’ailleurs équipé d’une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports ou d’une boîte automatique à convertisseur à 4 rapports. Si les plus puristes (ou sportifs) choisiront sans aucun douce la « boîte méca », ceux qui recherchent davantage de confort se tourneront vers la boîte automatique, plus douce et tempérant légèrement la fougue du V8.

La Maserati 3200 GT sur la route

S’il faudra attendre le coupé 4200 pour avoir l’architecture transaxiale et sa boîte de vitesses rejetée à l’arrière, favorisant une meilleure répartition des masses entre l’avant et l’arrière, la 3200 GT se contente d’une architecture plus classique avec la boîte de vitesse accolée au moteur. Par conséquent, le poids moindre sur l’arrière se ressent sur la motricité, déjà mise à mal par un moteur en feu.

Maserati 3200 GT, comportement routier

De série, les suspensions sont assez souples pour privilégier le confort, mais les suspensions pilotées disponibles en option permettent de configurer la dureté à sa guise. Néanmoins, même ces dernières restent plus souples que les standards actuels.

Le freinage est assuré par 4 freins à disques de 330 mm à l’avant et 310 mm à l’arrière, le tout mordu par des étriers à 4 pistons. Les liaisons au sol sont confiées à des pneus de 235mm de large devant et 265mm de large derrière, le tout sur de belles jantes à bâtons en 18 pouces.

Côté électronique, l’anti-patinage a évidemment fort à faire et il est peu utile de le déconnecter. Le reste des aides est assez minimaliste avec un ABS et un correcteur de freinage EBD. Enfin, Maserati a eu la bonne idée d’équiper sa 3200 GT d’un différentiel autobloquant à glissement limité.

Vous l’aurez compris, le châssis est quelque peu mis à mal par toute la cavalerie. La 3200 GT est davantage une voiture de grand tourisme au long cours qu’une berlinette supersportive, rôle réservé aux Ferrari F355 et 360 Modena.

Maserati 3200 GT, série limitée Assetto Corsa

Maserati 3200 GT Asseto Corsa, série limitée à 259 exemplaires

Avant la commercialisation du coupé 4200, Maserati présenta au salon de Melbourne en 2001 une version limitée baptisée « Assetto Corsa » et produite à 259 exemplaires. Cette version se caractérise notamment par des jantes spécifiques couleur anthracite qui seront reprise sur le coupé 4200 (mais couleur argent), des ressorts de suspensions plus courts et plus durs, une barre antiroulis de plus gros diamètre, des plaquettes tendres ainsi que des pneus Pirelli semi-slicks. Si cette version ne révolutionne pas le caractère de la 3200 GT, elle optimise toutefois son comportement qui est plus rigoureux.

Le budget et les points à surveiller sur une Maserati 3200 GT

Malgré une courte carrière, la Maserati 3200 GT a tout de même été produite à près de 5000 exemplaires ce qui n’en fait pas une voiture très rare. Ainsi, sa cote est basse et il est possible de dénicher des exemplaires à 20.000 €, voire moins, pour une voiture vendue plus de 530.000 francs à l’époque (environ 100.000 € en valeur de monnaie actuelle). Toutefois, il est préférable de se diriger vers des exemplaires à l’historique limpide, qui se vendent entre 25.000 et 30.000 €. Les modèles Assetto Corsa, bien plus rares, se négocient au-dessus de 35.000 €.

Volant et compteurs de la Maserati 3200 GT

Si la cote est aussi basse, c’est également car les coûts d’entretien rebutent certains acheteurs. En conduite sportive, pneus, freins et embrayage font office de fusibles et leurs remplacements sont couteux et fréquents. Et si l’on regarde du côté de la fiabilité, ce n’est pas non plus le fort de la Maserati 3200 GT : problèmes électriques réguliers (climatisation, mécanismes des vitres…), usure du potentiomètre du boîtier papillon d’accélérateur… Ce dernier est peu progressif d’origine, et rien ne s’arrange avec le temps, bien au contraire ! Et son remplacement est lui aussi très onéreux. Dans l’habitacle, le volant ainsi que le pommeau de levier de vitesses ont tendance à s’user prématurément.

Maserati 3200 GT d’occasion, attention à l’entretien

Néanmoins, hormis ces quelques points d’attention particuliers, la Maserati 3200 GT sait être solide si elle est entretenue régulièrement. Son moteur consomme de l’huile mais ne souffre d’aucun problème sérieux et peut parcourir de nombreux kilomètres pour peu que l’on ne le sollicite pas à froid et qu’on lui prodigue l’entretien courant.

Au vu des prestations globales de la voiture, de son esthétique et de ses fabuleux feux arrière en boomerang, son intérieur raffiné et de son moteur bourré de caractère, nul doute que cette auto de charme verra sa valeur augmenter à l’avenir.

Alors n’hésitez pas, franchissez le cap et offrez-vous une Maserati 3200 GT !

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