En s’associant avec l’écurie de Formule 1 Red Bull et son ingénieur fétiche Adrian Newey, les ambitions étaient claires pour Aston Martin : concevoir la voiture de série la plus performante de l’histoire. Avec son aérodynamique spectaculaire et un rapport poids/puissance annoncé phénoménal, la Valkyrie pourrait redéfinir la notion d’hypercar !


Aérodynamique spectaculaire pour l’Aston Martin Valkyrie

Cela fait quelques années qu’Aston Martin et Red Bull se sont approchées afin d’entamer une collaboration, notamment en vue d’une fourniture moteur pour l’écurie de Formule 1, dont les rapports avec son motoriste Renault se sont dégradés depuis 2014 et l’introduction des unités de puissance hybrides.

Mais c’est finalement dans le sens inverse que cette collaboration débute, puisque c’est Red Bull qui apporte son aide à Aston Martin pour la construction d’une hypercar. Si Marek Reichman avait déjà imaginé un concept d’hypercar en 2014 avec la DP-100 Vision Gran Turismo disponible dans le jeu vidéo éponyme, c’est avec l’aide du génial ingénieur anglais de F1 qu’ils vont sortir une première esquisse en 2016 : l’AM-RB 001.

Les prétentions de ses géniteurs sont démesurées : l’ambition de Newey ? Tourner en 1 min 52 sec sur le mythique circuit de Spa-Francorchamps en Belgique. Il s’agit d’un chrono plus rapide que la pole position en LMP1 aux 6h de Spa 2017 et similaire à une F1 de 2014 de milieu de grille, rien que ça !

Pour ce faire, le rapport poids/puissance annoncé est de 1kg/ch et la Valkyrie autorisera des pics de 4,5G en latéral !

Pour autant, la voiture se devra d’être accessible et « polyvalente » afin de pouvoir rouler sans encombre sur le réseau routier et supporter les embouteillages.

Courant 2017, nous avons pu apercevoir l’hypercar dans sa version quasi-définitive et son appelation : la Valkyrie

L’Aston Martin Valkyrie par Marek Reichman et Adrian Newey

L’ACCENT EST MIS SUR L’aérodynamique

Frustré par les réglementations toujours plus restrictive en Formule 1, Adrian Newey a cette fois pu laisser libre court à son imagination pour satisfaire l’une de ses obsessions : générer le plus d’appuis aérodynamique possible.

Si le design de la Valkyrie apparaît très épuré, presque trop sage au premier abord, un coup d’œil aux entrailles de la carrosserie laisse apercevoir des solutions bien plus radicales, et encore trop peu exploité sur les véhicules de séries. Ainsi, l’Aston Martin utilise au maximum l’effet de sol, garant d’un fort appui aérodynamique sans pour autant pénaliser la pénétration dans l’air.

De l’avant de l’auto avec un nez très haut, façon F1 de 2009 à 2013, laissant passer le maximum d’air, au milieu avec ses tunnels longeant le cockpit, jusqu’à l’arrière où est jonché un diffuseur énorme, tout a été fait pour que la Valkyrie soit collé au sol et agisse comme une aile inversé.

Deux flaps discrets à l’avant permettent de générer de l’appui et l’aileron arrière est assez petit afin de limiter la traînée.

Sur le plan purement esthétique, les avis sont partagées entre deux camps : ceux charmés par la pureté dans sa ligne et, à l’inverse, ceux dont le manque d’agressivité rend la voiture un peu fade.

UN intérieur DE PROTOTYPE

Comme dans une voiture de course

Là-encore, peu de concessions ont été faites pour l’habitacle de la Valkyrie. Le cockpit est très étroit par rapport à la largeur de l’auto afin de favoriser le centrage des masses et permettre un meilleur écoulement de l’air le long des pontons.

Dans cette même optique, Newey a préféré des portes papillons dont le seuil élevé ne gêne pas l’air, mais devrait être plus problématique pour s’insérer à bord.

L’intérieur semble sorti tout droit d’un prototype des 24h du Mans avec le carbone apparent de la coque présent partout, un volant de course et une instrumentation digitale. La position de conduite sera également digne d’une voiture de compétition avec un pédalier relevé par rapport au siège (fixe) du conducteur.

UN V12 COSWORTH POUR CETTE VALKYRIE

Assez étonnamment, Aston Martin ne cède pas à la mode du turbo pour la propulsion de sa Valkyrie. Sous le capot se logera un bon vieux V12 atmosphérique de 6.5 L de cylindrée. Produit par Cosworth, il promet des régimes très élevés et devrait hérisser les poils de n’importe quel amateur de musique lorsque les douze pistons entreront en action.

Si la suralimentation ne sera pas utilisée pour gonfler la puissance du moteur, la Valkyrie s’aidera toutefois d’un moteur électrique de type « KERS ». Se chargeant de récupérer l’énergie au freinage, il redistribuera la puissance lors des phases d’accélération à l’instar d’une Formule 1 ou d’une Ferrari LaFerrari.

La combinaison du moteur thermique et électrique devrait permettre une puissance de l’ordre de 1000ch sur les roues arrière, le tout épaulé par une boîte de vitesses semi-automatique à 7 rapports. Il est pour l’instant impossible de connaître les chiffres d’accélérations, mais il se pourrait que le 0 à 100km/h soit abattu en moins de 2,5 secondes.

SEULEMENT 1000 KILOS ?

La Valkyrie annoncée comme un poids plume

Sans surprise, le châssis et la carrosserie seront intégralement composé de fibre de carbone, comme la grande majorité de la voiture. Les freins seront également en carbone mais ne feront pas appel à la céramique, ce qui laisse des questionnements quant à la facilité de les faire chauffer, les freins carbones des voitures de course ayant besoin de températures très élevées pour fonctionner.

Newey aura le plaisir de s’affranchir des restrictions de la Formule 1 puisque l’Aston Martin devrait utiliser un anti-patinage ainsi que des suspensions actives.

Pour atteindre le rapport poids/puissance de 1kg/ch, il faut donc que la Valkyrie contienne son poids à environ 1000kgs. Si l’utilisation quasi-exclusive d’une fibre de carbone haut de gamme ainsi que l’absence totale d’éléments de confort devrait permettre d’en faire une voiture très légère, ce serait toutefois un exploit de descendre à ce poids. En effet, le gros V12 de 6.5 L ainsi que le KERS devraient être assez lourd. Une LaFerrari dotée de la même configuration pèse environ 1400kgs, il parait difficilement imaginable de lui faire perdre 400kgs !

UN BUDGET stratosphérique

Le prix de l’Aston Martin Valkyrie est à la hauteur des ambitions de Marek Reichman et Adrian Newey : démesuré ! 150 exemplaires destinés à la route seront produits et vendu contre un chèque de 3 millions de dollars. A noter que 25 exemplaires supplémentaires seront construits pour une utilisation circuit.

Chez Atome automobile, on a hâte que l’Aston Martin Valkyrie fasse ses premiers tours de roues pour voir si elle devient la nouvelle référence des hypercars !