Les voitures les plus fascinantes sont souvent les plus exubérantes, les moins polyvalentes et manquent d’aboutissement. Véritable show car, la Dodge Viper RT/10 le confirme avec sa gueule d’enfer et son moteur énorme. Invisible sur nos routes, elle est pourtant largement connue par les passionnées, notamment grâce aux nombreuses miniatures ou aux jeux vidéo comme Gran Turismo.

 

Dodge Viper RT/10

A la fin des années 80, l’image de Dodge n’était pas au beau fixe aux Etats-Unis. C’est pourquoi Bob Lutz souhaita créer une voiture excitante et extravagante pour se poser en réincarnation moderne de la Cobra et redorer le blason de la marque.

Ainsi, le concept car Viper RT/10 apparu au salon de Détroit en janvier 1989. Sa présence suscitera un enthousiasme énorme de la part du public, ce qui pressera la marque de la construire. Et si la gestation finale fut assez difficile, notamment en raison de certains problèmes financiers, elle s’offrira un sacré coup de pub en devenant le pace car des 500 miles d’Indianapolis 1991 aux mains de… Carroll Shelby, le père de la Cobra !

Elle dut toutefois attendre 1992 avant d’être commercialisé et sa production était assurée par SRT, la branche sportive de Chrysler/Dodge.

La Dodge Viper n’a jamais été réputée pour ses qualités dynamiques, elle a néanmoins connu de nombreux succès sur les courses automobiles comme aux 24 heures du Mans et aux 24 heures de Daytona.

Le design de la Dodge Viper RT/10 : un atout majeur

L’allure de la Dodge Viper RT/10 a très certainement contribué en grande partie aux fantasmes de nombreux passionnés. Première bonne nouvelle, la version finale fut assez proche du concept car hormis un pare-brise plus haut et plus résistant.

La Viper, c’est une vraie gueule de serpent qui donne raison à son patronyme. Elle impressionne par son long capot avant, son habitacle reculé et son arrière court. Extrêmement plate (seulement 1,12 m de hauteur), elle est d’une largeur incroyable puisqu’elle frôle les 2 mètres (1,92 m pour être précis) ! Clin d’œil à la Cobra, les échappements sont eux-aussi latéraux… Attention de ne pas se brûler en montant dans le monstre !

Livrée de série avec une capote en toile de dépannage, il était possible d’obtenir un hard top à double bossage du plus bel effet à partir de 1995. Elle subit un très léger restylage en 1996 avec l’apparition des coloris dotés des fameuses bandes blanches. A cette occasion, les sorties d’échappements sont désormais situées à l’arrière en position centrale pour des raisons de sécurité.

L’intérieur est bien moins enthousiasmant, il se révèle très simple et avec une finition assez pauvre. Le cuir plutôt bas de gamme côtoie des plastiques rigides peu esthétiques. La position avec son pédalier décalé n’est pas non plus réputée comme étant idéale mais qu’importe, l’essentiel est ailleurs !

Un sacré moteur

Et l’essentiel, hormis son incroyable allure, c’est aussi son moteur complètement dingue tant il est énorme ! Celui-ci ne provient pas d’un camion comme le veut la légende mais d’un utilitaire. En l’occurrence, du pick-up Dodge RAM dont il est issu en version V8. C’est Lamborghini qui va le transformer en V10 et le réaliser en aluminium pour limiter le poids.

Si le V10 était à la mode en F1 dans les années 90, ici, point de 3,5 litres ou de 3 litres, mais rien de moins que 8 litres ! 7 990 cm3 précisément et une architecture d’un autre âge avec seulement 20 soupapes et un unique arbre à came central, solutions peu évoluées mais bien plus économique à produire.

Tout de même équipé de l’injection, il développe la puissance de 394 ch à 5 150 tr/min, soit un rendement de seulement 49 ch/L ! Mais l’atout principal de ce moteur, c’est son couple camionnesque de 621 Nm à 3 600 tr/min.

Les performances sont d’ailleurs toujours d’actualité avec un 0 à 100 km/h annoncé en 4,7 secondes et une vitesse maximale de 264 km/h, qui aurait pu être plus élevée si l’aérodynamisme avait été la priorité pour la Dodge Viper RT/10.

La boîte manuelle à 6 rapports est très longue à tel point que la première permet d’atteindre 90 km/h alors que le régime de rotation est proche du ralenti à 130 km/h en 6ème (à peine plus de 1 000 tr/min !).

Très fiable grâce à sa faible puissance spécifique, ce moteur subira quelques évolutions. Tout d’abord avec une puissance ramenée à 364 ch en 1995 en raison des normes antipollution plus drastiques. La puissance augmentera à 415 ch en 1996 puis 450 ch en 1997 avec l’utilisation du moteur de la déclinaison coupé GTS.

Le comportement routier, pas le point fort de la Dodge Viper RT/10

Pour sa Viper, Dodge l’a équipé d’une classique structure tubulaire en acier pas réputée pour sa légèreté. En effet, la Dodge Viper culmine à 1 560 kg, ce qui peut paraître élevé vu la faible longueur (4,45 m) ainsi que la légèreté de la finition.

Afin de maîtriser la puissance du V10, la Viper est équipée d’un différentiel autobloquant et la monte pneumatique est gigantesque avec 275 mm de large à l’avant et 335 mm à l’arrière. Le freinage est confié à des disques ventilés de 330 mm de diamètre et des étriers à 4 pistons à l’avant.

Fort heureusement pour le conducteur, la direction est assistée et se révèle étonnamment directe avec 2,4 tours de butée à butée. En raison du poids qui met à mal les trains roulants, la Dodge Viper RT/10 est davantage faite pour cruiser que pour la conduite sportive et le couple du V10 offre l’avantage d’éviter de trop jouer du levier pour relancer.

Le prix pour acquérir une Dodge Viper RT/10

Modèle relativement économique aux Etats-Unis au vu de sa puissance, elle ne fut jamais importée officiellement en Europe. Mais les modèles qui traverseront l’Atlantique, en plus d’être copieusement taxés, seront appelés Chrysler et non Dodge.

De 1992 à 2002, la production de la Dodge Viper RT/10 fut loin d’être anecdotique pour un modèle aussi exclusif. En effet, plus de 14 000 exemplaires seront produits. Mais malheureusement, seulement une cinquantaine auront été destiné pour la France.

 

C’est pourquoi il est très difficile d’en trouver aujourd’hui en occasion, mais pas impossible. Et accéder à ce fantasme est plutôt accessible puisqu’il faut compter environ 40 000 €. Mais si le moteur est très fiable, il faut faire attention à l’état du véhicule car les coûts d’entretiens peuvent être très élevés.

Toutefois, si vous souhaitez franchir le pas, n’hésitez pas une seconde, la Dodge Viper RT/10 a de l’avenir !

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