Après une F355 très réussie ayant connue un grand succès, la Ferrari 360 Modena n’a pas le droit à l’erreur pour la remplacer. Plus efficace et plus polyvalente, sa mission fut parfaitement réussie puisqu’elle est la Ferrari la plus vendue de l’histoire. Tantôt adorée, tantôt critiquée, redécouvrez avec Atome automobile une Ferrari qui devient accessible en occasion.

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Ferrari 360 Modena, en rupture avec les précédents modèles

Les chevaux sont faits pour tirer la charrette, pas pour la pousser !

Ces mots sont ceux d’Enzo Ferrari, lors de la sortie de la Lamborghini Miura, rivale d’une Ferrari 365 GTB/4 splendide, mais déjà dépassée par sa concurrente dès sa sortie d’usine !

Devant se résoudre à admettre que la répartition des masses de 40/60 est la plus performante pour un véhicule de compétition ou de série mais à usage sportif, Il Commendatore décida de créer des berlinettes à moteur central… d’abord avec le V6 Dino, puis avec le gros 12 cylindres à plat qu’adoptera la 365 GT4 BB.

Mais une gamme intermédiaire rencontra un énorme succès : celle des petites berlinettes à moteur V8. Ainsi, en 1975 naquit la superbe 308 dont la réussite est en partie liée à sa présence dans Magnum. Au moment de remplacer la F355, ces mêmes berlinettes V8 représentaient 65% des ventes de la marque. L’enjeu était donc de taille pour cette nouvelle voiture sportive qui se devait d’être encore plus accessible. Avec 17.663 exemplaires vendus entre 1999 et 2005, soit le record pour une Ferrari, on peut dire que la marque a gagné son pari !

Un peu d’histoire avec la Ferrari 365 GTB4, rivale de la Lamborghini Miura, puis la 308 GTB de Magnum, la 365 GT4 BB et son moteur 12 cylindres à plat, et la F355 Berlinetta

Ferrari 360 Modena : un design controversé

Ferrari 360 Modena en rupture avec les traditions

Apparue au Salon de Genève en 1999, la Ferrari 360 Modena (qui tire son nom de sa cylindrée et de la ville de naissance d’Enzo Ferrari) fait l’effet d’une véritable bombe. Son style tranche totalement avec le classicisme de feu la F355. Finis les feux escamotables, la calandre ou les arrêtes saillantes, place aux rondeurs, aux phares sous plexiglas et aux entrées d’air béantes ! Le tout en exposant son superbe V8 sous une vitre translucide, tel une véritable œuvre d’art. Critiquée par certains puristes de la berlinette pour son style, la Ferrari 360 Modena trouve de nombreux adeptes de son look futuriste de vaisseau spatial. D’autant qu’avec le recul, si l’on peut dire que sa face avant a quelque peu vieillit, l’arrière est toujours aussi beau et son design reste assez pur par rapport à la F430 qui lui a succédé avec une esthétique bien plus agressive.

Les courbes de cette berlinette ont longuement été peaufinées en soufflerie, afin d’atteindre un Cx de 0,33 pour le coupé et 0,36 pour le spider. Pour créer de l’appui et éviter l’ajout d’un aileron disgracieux, la 360 Modena est équipée d’un fond plat et d’un diffuseur. Autre rupture par rapport à la F355, la taille : si cette dernière se contentait de 4,25m, la Ferrari 360 Modena se veut plus accueillante avec une longueur de 4,47 m.

Ferrari 360 Modena et 360 Modena Spider

Le bond en avant à l’intérieur de la Ferrari 360 Modena

Cet accroissement de gabarit permet d’avoir un habitacle bien plus spacieux que par le passé, et les grands gabarits sont enfin à leur aise. La Ferrari 360 Modena fait un net bond en termes d’esthétique et de finition. Finies les grosses buses d’aération carrées dignes d’une Fiat, place à un tableau de bord bien plus moderne où se mélange cuir et aluminium.

Un intérieur plus luxueux à bord de la Ferrari 360 Modena

Si la plupart des modèles, en boite F1, ont les palettes au volant qui permettent de s’affranchir d’un levier de vitesses, les modèles à boite manuelle sont dotés de la superbe grille en H et du levier en aluminium dignes d’une pièce d’orfèvrerie.

De série, les beaux sièges en cuir peuvent manquer de maintien, mais il était possible d’opter pour des baquets avec harnais, en option, qui résolvent ce problème.

Toutefois, le tableau n’est pas idyllique car certains commodos gardent un aspect bas de gamme et peu flatteur, et les plastiques ont tendances à se déformer et à devenir collant avec le temps.

Le V8 de la Ferrari 360 Modena, une merveille exposée sous capot translucide

Ferrari 360 Modena en rupture avec les traditions

Attention, cathédrale mécanique !

Ce V8, évolution de celui de la F355, est un des plus nobles qui soit, et sera le dernier représentant des « petits V8 Ferrari » ! Avec sa cylindrée de 3586 cm³, ses deux bancs de cylindres disposés à 90° et dénués d’assistance respiratoire, il développe la bagatelle de 400 chevaux à 8500 tr/min, soit une puissance spécifique de 111,5 ch/litre. Ses régimes atteints sont « himalayesques » puisqu’il s’envole à un maximum de 8800 tr/min. Le couple de 372Nm à 4750 tr/min fait presque sourire dans ces temps modernes où le turbo est roi, mais c’est une valeur remarquable pour un moteur atmosphérique de 3,6 l. Ferrari n’a pas lésiné sur les moyens puisqu’il est entièrement réalisé en aluminium, est doté de 4 arbres à cames en tête à calage variable, de bielles en titane et de 5 soupapes par cylindres (3 à l’admission et 2 à l’échappement). Si cette architecture Cinquevalvole, d’abord mise en place sur la 640 de F1 en 1989 puis sur la F355 et la F50 fut abandonné par la suite (4 soupapes semblant être le meilleur compromis), elle permet au moteur de délivrer une superbe sonorité aigüe et métallique très caractéristique, amplifiée par l’ouverture des valves à 4000 tr/min.

Proposée de série avec la boîte manuelle à 6 rapports, environ 75% des Ferrari 360 Modena vendues l’ont été avec la boîte F1 optionnelle. Cette boîte, inaugurée sur la F355, est la toute première boîte de vitesses séquentielle avec passage de rapports par palette, aujourd’hui largement démocratisée. Par rapport à sa devancière, elle fut optimisée avec des passages de rapports en 150 millisecondes.

La boîte F1 de la Ferrari 360 Modena à gauche, et la boîte manuelle à droite

Sur le plan des performances, c’est évidemment du haut, même de nos jours puisque le 0 à 100 km/h est abattu en 4,5 secondes, le 1000 mètres départ arrêté est expédié en 22,9 secondes et la vitesse maximale est de 295 km/h.

Le châssis innovant de la Ferrari 360 Modena

Ferrari 360 Modena, un châssis innovant en aluminium

Si le moteur n’est qu’une évolution de celui de la F355, le châssis est quant à lui tout nouveau puisqu’entièrement réalisé en aluminium, tout comme la carrosserie. Ce matériau permet de limiter le poids à 1290 kg à sec soit 1390 kg avec les fluides. Outre un gain de poids d’environ 60 kg par rapport à sa devancière, pourtant plus petite, le châssis de la Ferrari 360 Modena est également bien plus rigide. Le freinage est assuré par 4 disques ventilés et percés de 330 mm avec des étriers à 4 pistons tandis que la monte pneumatique est généreuse avec 215 mm de large à l’avant et 275 mm de large à l’arrière sur des jantes de 18 pouces.

Malgré sa facilité de prise en main, la 360 Modena est réputée pour son train avant très tranchant et directif alors que l’arrière est plus joueur. Il faut donc garder la tête froide et un peu d’humilité pour pouvoir l’exploiter à 100%. La motricité est toutefois excellente et les suspensions étonnement prévenantes. Il n’y a que sur circuit que la 360 Modena montrera ses limites en raison de son freinage pas assez dimensionné et de ses suspensions trop souples.

Ferrari 360 Modena : Challenge Stradale, version ultime !

Ferrari 360 Modena Challenge Stradale

Pour satisfaire les accros aux « track days » dont le modèle de base ne suffirait pas, Ferrari a sorti en 2003 une version exclusive de sa 360 Modena baptisée Challenge Stradale, et produite à seulement 1288 exemplaires. Au programme, un allègement forcé de 110 kg, soit 1180 kg à sec et 1280 kg prête à rouler.

Pour ce faire, Ferrari a équipé sa belle de freins en carbone-céramique, rétroviseurs en carbones, vitres allégées, et a dépouillé au maximum l’habitacle. Et pour plus de performances sur la piste, les jantes sont passées en 19 pouces avec des pneus semi-slicks, les suspensions sont rabaissées et durcies et les bas de caisse et prises d’aires sont plus proéminents. Ferrari ne s’est pas contenté d’améliorer le châssis puisque la gestion de la boîte de vitesses permet des passages de rapports plus rapides et le moteur gagne quant à lui 25 chevaux grâce à un travail sur l’admission et l’échappement. Si le son de la 360 Modena est splendide, celui de la Challenge Stradale est devenu terrifiant ! Tout ce travail a permis à la Challenge Stradale d’améliorer le temps de la 360 Modena d’environ 3,5 secondes sur la piste d’essai de Ferrari à Fiorano, et surtout plus rapide que la fabuleuse F40 !

Ferrari 360 Modena, intérieur de la Challenge Stradale

Aujourd’hui, une Ferrari 360 Modena demande quel budget ?

Avec un prix neuf démarrant aux environ de 130.000 €, la cote de la 360 Modena a bien baissé en raison de son nombre important d’exemplaires produits. Si on en trouvait régulièrement à 50.000 € il y a encore trois ou quatre ans, la cote a quelque peu remonté et il faut désormais compter environ 60.000 € pour dénicher un modèle en bon état et équipé de la boîte F1. Moins chère à l’achat, les versions à boîte manuelle sont plus rares et désormais très recherchés. Il faut compter au minimum 70.000 € pour un bel exemplaire en boîte mécanique. Le spider justifie un surcoût d’environ 5.000 € par rapport au coupé. Dans une autre catégorie, la Challenge Stradale garde une cote élevée en raison de son exclusivité et de sa rareté. Il devient difficile d’en dénicher une à moins de 170.000 €.

Sur le plan de l’entretien, la Ferrari 360 Modena est considérée comme la première Ferrari vraiment fiable, même si de petits soucis électriques peuvent apparaître. Mais si le coût d’achat est raisonnable pour une Ferrari, son entretien reste coûteux et doit entrer dans la réflexion avant l’achat ! Entre une courroie de distribution à changer tous les 4 ans ou tous les 50.000 km (pour environ 3.000 €, soit deux fois moins cher que sur la F355), ou la consommation qui avoisine les 20 litres aux 100 km en conduite soutenue, la supercar reste une voiture sportive de luxe… Toutefois, le budget d’entretien reste raisonnable pour une Ferrari grâce notamment aux 22 cm supplémentaires en longueur, qui permet d’éviter de déposer le moteur pour certaines opérations de maintenance comme le changement de la courroie de distribution. Et bien entendu, nous ne parlons pas ici des pièces d’usure comme les pneus, les freins, etc.

Il est difficile de savoir aujourd’hui si la Ferrari 360 Modena est un bon investissement car il reste de l’incertitude sur l’évolution de sa cote, en raison de sa grande diffusion. Ce qui est certain, c’est que le plaisir qu’elle distille n’a pas de prix. Alors si vous souhaitez acquérir une Ferrari 360 Modena et que votre portefeuille vous le permet, n’hésitez pas !

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