Dernière berlinette Ferrari disposant des fameux feux rétractables, la Ferrari F355 n’est pas la plus exclusive, la plus radicale, ni la plus rare des modèles du cheval cabré. Pourtant, avec son look indémodable et ses performances encore actuelles, elle fait partie des plus appréciées !

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La Ferrari F355, quelle gueule !

Si à l’origine, le cheval de bataille de la marque italienne était les coupés à moteur V12 à l’avant, Enzo Ferrari préférant cette disposition, la lignée des berlinettes à moteur V8 en position centrale prirent le pas sur les nobles V12. Cela commença en 1975 avec la 308, puis la 328 en 1985 et la 348 en 1989. Mais problème pour cette dernière, suite au décès du Commendatore, Ferrari la développa à la hâte et cette berlinette déçu par ses performances et son comportement trop nerveux au point de se faire qualifier par l’ancien PDG de la marque Luca di Montezemolo de « Macchina di merda ».

La pression était donc très importante sur les épaules de la F355 à sa sortie en 1994 pour remplacer la 348. Le moins que l’on puisse dire c’est que la mission fut particulièrement réussie ! Pour de nombreux adeptes de Ferrari, elle demeure comme la dernière « vraie » berlinette.

La Ferrari F355, la plus belle des berlinettes ?

Le look de la Ferrari F355, c’est certainement l’un de ses plus gros atouts ! Rétro avec ses feux escamotables, sa petite taille (4.25 m de long), et sa ligne râblée et ramassée, elle fait pourtant assez moderne et ne semble pas avoir pris une ride. Fini les allures de Testarossa à modèle réduit comme avec la 348, place à un design classique et relativement sobre, mais indéniablement réussi et signé par le maître italien Pininfarina.

Pour autant, si le style reste dans la lignée des 308 et 328, le travail aérodynamique n’en a pas été oublié. L’avant est en effet dessiné de sorte à faire écouler l’air sous le fond plat de la voiture et d’autoriser avec son petit becquet à l’arrière un appui aérodynamique d’environ 100 kg à près de 300 km/h. Contrairement à la 348, l’arrière retrouve ses 4 petits feux ronds et les grilles latérales laissent place à de classiques entrées d’air pour refroidir le moteur. Air chaud qui s’évacue par l’intermédiaire des nombreuses persiennes au niveau du capot moteur, pas encore en plexiglas comme sur la 360 Modena mais dont le look fait toujours son petit effet.

La F355 ne se contentera pas de n’être qu’une berlinette et sera déclinée également en version spider et targa (dénommée GTS).

L’intérieur de la Ferrari F355

L’intérieur est un peu moins enthousiasmant avec des grilles d’aération et certains commodos bas de gammes trahissant l’affiliation de la marque avec Fiat. On retrouve néanmoins beaucoup de cuir comme sur les superbes sièges enveloppants ou encore une instrumentation réussie avec une zone rouge à 8 500 tr/min et un tachymètre affichant fièrement 320 km/h. Mais le chef-d’œuvre c’est bien évidemment cette sublime boîte de vitesse avec la grille en H, aussi belle à contempler qu’à manipuler. A partir de 1997, Ferrari proposa la toute première boîte F1 qui supprimera la grille en inox au profit des désormais démocratisées palettes au volant.

5 soupapes par cylindres pour le V8 de la Ferrari F355

Comme de coutume avec les berlinettes Ferrari, c’est un V8 qui se niche sous le capot de la F355. Son origine est assez ancienne puisqu’il provient de la Dino 308 GT4 et est directement dérivé de l’ancienne Ferrari 348. Il a toutefois subi de nombreuses évolutions dans sa carrière pour afficher un niveau de performance en rapport avec son époque.

Avec son ouverture à 90° et ses 3 496 cm3 de cylindrée, il affiche une taille raisonnable et fait partie de ceux que l’on appelle les « petits V8 », race disparue depuis l’arrivée de la F430.

La grande nouveauté sur ce bloc est l’adoption de 5 soupapes par cylindres avec 3 soupapes à l’admission et 2 soupapes à l’échappement produisant un son métallique caractéristique. L’injection indirecte est confiée à Bosch et deux versions de la gestion électronique ont vu le jour. La première est appelée « Motronic 2.7 » et gère le V8 comme deux bancs de 4 cylindres indépendant (jusqu’en 1996). La seconde est la « Motronic 5.2 » et simplifie la gestion en calculant l’injection pour l’ensemble du moteur, elle a été mise en place pour répondre aux normes antipollution du marché américain, plus sévère à ce niveau. L’inconvénient étant une perte de puissance ressentie par de nombreux utilisateurs.

Côté puissance justement, Ferrari annonce 380 ch à 8 250 tr/min et un couple maximum de 363 Nm à 6 000 tr/min. Chiffre en réalité assez optimiste, surtout pour les version « 5.2 ». Les performances demeurent toutefois d’un excellent niveau avec un 0 à 100 km/h effectué en 4.7 secondes, un 1 000 m départ-arrêté en 23.7 secondes et une vitesse maximale de 295 km/h. Mais c’est surtout le caractère du moteur qui enthousiasme avec un besoin permanent de chercher le haut du compte tour pour en tirer toute la quintessence, le tout avec une faible inertie à faible pâlir un moteur turbo !

Côté transmission, la Ferrari s’en est d’abord référé à une classique boîte de vitesses mécanique à 6 rapports. En 1997, la transmission robotisée est apparue avec un passage des vitesses par l’intermédiaire de palettes au volant. Si ce type de boîte est aujourd’hui omniprésente, c’était à l’époque une véritable révolution car le conducteur pouvait passer ses vitesses comme Michael Schumacher !

Un comportement plus sain

Le châssis de la Ferrari F355 est des plus classiques avec une structure intégralement en acier, que ce soit au niveau de la coque ou de la carrosserie. Ce n’est pas au bénéfice du poids car elle pèse 1 350 kg en version berlinette, ce qui n’est pas léger en comparaison avec la petite taille de la belle.

Les trains roulants sont de haut niveau avec l’usage d’amortisseurs pilotés, de freins ventilés (300 mm à l’avant et 310 mm à l’arrière), d’étriers à 4 pistons et de jantes en magnésium de 18 pouces. Les pneus sont de dimensions assez conséquentes pour l’époque avec 225 mm de large à l’avant et 265 mm à l’arrière.

Si la 348 est réputée trop vive du train arrière et manquant de rigueur, cette F355 a corrigé le tir pour la rendre plus accessible et offrir un comportement plus sain. Toujours agile grâce à son faible empattement, c’est cette fois le train avant qui décroche en premier. Le grip global est toutefois excellent à tel point que les producteurs de James Bond durent l’équiper de pneus cloutés dans Goldeneye pour permettre à l’Aston Martin DB5 de rivaliser avec !

Le prix pour acquérir une Ferrari F355

Avec au total 11 273 exemplaires écoulés entre 1994 et 1999, cette Ferrari F355 fut indéniablement un succès commercial ! Vendue à sa sortie pour environ 750 000 francs, soit 155 000 € actuels, sa cote a varié au cours des années. Elle a d’abord logiquement baissé pour atteindre son plus bas entre 2010 et 2015 et il était possible d’en trouver à partir de 40 000 €. Puis vers 2015, il y eu une inflation aussi subite qu’inattendue avec des prix frôlant parfois les 80 à 100 000 € pour des berlinettes en boîte mécanique ! Aujourd’hui, la tendance s’est un peu calmée et la cote s’est stabilisée entre 60 et 80 000 € suivant l’état et la version. Si une boîte F1 augmentait la facture à l’origine, c’est désormais l’inverse car les versions en boîte manuelle sont très recherchées.

Un des points noirs de cette superbe F355 est sans conteste son entretien. Si elle est globalement assez fiable, elle fait payer cher ses prestations ! Première fautive, la courroie de distribution à faire tous les 3 ou 4 ans. Du fait de sa petite taille, il faut impérativement déposer le moteur pour changer la courroie, ce qui nécessite de très nombreuses heures de main d’œuvre (comptez parfois plus de 5 000 € !). La grosse faiblesse réside dans les collecteurs d’échappements qui commencent à se fissurer vers 40 000 km. L’idéal pour résoudre définitivement le problème est de monter une ligne complète en inox. Enfin, les pneumatiques font vite office de fusible et devront être changés régulièrement, notamment en cas de conduite sportive.

 

20 ans après, on peut indéniablement dire que cette Ferrari F355 aura réussie sa mission. En plus d’être belle, polyvalente et performante, c’est sûrement la berlinette préférée des amateurs de la marque au cheval cabré !

 

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