Difficile de s’attaquer à des légendes telles que les berlinettes Ferrari ou les Porsche 911. Honda s’y risqua pourtant et parvint à réussir son pari avec une GT performante et très aboutie. Atome automobile revient sur celle qui fut conduite par Ayrton Senna : la Honda NSX

 

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Contrairement à aujourd’hui, Honda était l’un des meilleurs motoristes en Formule 1 dans les années 80. Ayant équipé les Lotus, Williams ou Mclaren pilotées par Senna, Prost ou Mansell, les moteurs Honda étaient souvent synonyme de succès pour une écurie.

C’est dans ce contexte que la marque japonaise se décida à créer une GT performante ayant pour but de concurrencer Ferrari et Porsche mais étant moderne, aboutie et polyvalente pour une utilisation au quotidien.

Ainsi en 1984, le carrossier Pininfarina va développer pour Honda un prototype dénommé HP-X (pour Honda Pininfarina Xperimental) au look extrêmement futuriste. Doté d’un V6 de 1 996 cm3 de F2 et d’un Cx de 0.25, il va lancer le projet de la GT qui démarrera en 1985.

Une ligne intemporelle pour la Honda NSX

4 ans plus tard, en 1989, la NSX (pour New Sport Xperimental) sera dévoilée à l’occasion du salon de Chicago pour une commercialisation débutant en 1990. Le dessin de la NSX n’a finalement pas été confié à Pininfarina mais à Ken Okuyama qui s’est inspiré du concept-car de chez MG : la EX-E. Et bien lui en a pris car on peut dire que son design a sacrément bien vieilli !

La ligne est tendue, plutôt futuriste pour cette période avec une longue poupe arrière. Très à la mode à l’époque, on retrouve avec bonheur les regrettés phares escamotables qui deviendront sous plexiglas en fin de carrière. A l’arrière, on retrouve un bandeau sur toute la largeur intégrant les feux ainsi que l’aileron avec une discrétion et une élégance rare. Enfin, les montants de pare-brise sont très fins pour favoriser la visibilité, critère important sur une voiture destinée à un usage de tous les jours.

Le résultat est incontestablement réussi puisque qu’elle est aussi belle que classe. Son esthétique est intemporelle et l’aérodynamisme ne sera pas sacrifié avec un Cx de 0.32. A noter que la Honda NSX sera disponible en version Targa à partir de 1995.

Une sacrée ligne pour la Honda NSX

L’intérieur, en revanche, accuse le temps avec un design un peu vieillot. Mais le confort n’est pas oublié et l’équipement est important sur cette GT avec les vitres et les rétroviseurs électriques, la chaîne stéréo, l’airbag conducteur ou encore de beaux sièges baquet en cuir à réglages électrique. Niveau instrumentation, le compte tours affiche fièrement la zone rouge à 8 000 tr/min.

Contrairement à ses concurrentes (telles la Ferrari 348), la position est parfaitement étudiée et le conducteur n’est pas obligé de décaler ses pieds sur la droite à du passage de roue. Enfin, le coffre de 145 litres est situé derrière le moteur et permet d’emmener quelques bagages pour les weekends.

Un petit V6 bourré de technologie

Le V6 de la Honda NSX

Sous le capot de cette NSX se niche un petit V6 léger et idéal pour le centre de gravité de la voiture. Il fait 2 997 cm3 à sa sortie, est doté de 24 soupapes et d’un angle de 90°, étrange pour un V6.

Il est entièrement réalisé en aluminium et dispose de bielles en titane. Avec ses doubles arbres à cames en tête et son injection multipoint, il adopte le système de distribution V-TEC et l’admission variable VVIS.

Kézako ? La distribution V-TEC pilote la levée des soupapes pour qu’elle soit adaptée suivant le régime moteur. Ainsi, à bas régime, les soupapes se lèvent de manière assez faible à l’admission pour favoriser le couple et la souplesse. A l’inverse, à haut régime, les soupapes se lèvent au maximum pour favoriser la puissance.

Il en est de même pour l’admission VVIS (Variable Volume Induction System). Les trompettes d’admission sont longues à bas régimes et se raccourcissent à haut régime pour favoriser le remplissage suivant la vitesse de rotation du moteur.

Le résultat est un rendement très correct pour l’époque avec 274 ch à 7 300 tr/min (maximum à 8 000 tr/min) et un couple de 284 Nm à 5 400 tr/min.

En 1997, ce bloc évoluera et sera réalésé à 3 179 cm3 avec des collecteurs d’échappement en inox pour développer 294 ch et 304 Nm de couple.

Les performances sont de bon niveau avec un 0 à 100 km/h effectué en 5.9 s (puis 5.7 s), un 1000 m départ-arrêté en 25.4 s (puis 24.9 s) ainsi qu’une vitesse de pointe de 270 km/h (274 km/h à partir de 1997).

La boîte de vitesse est mécanique à 5 rapports (puis 6 rapports en 1997) et est loué pour sa précision et sa douceur. Il existe une version à boîte automatique à convertisseur à 4 rapports qui limite la puissance à 255 ch.

La Honda NSX, une auto saine et performante

Dans les entrailles de la Honda NSX

Egalement en avance sur son temps pour la structure, la Honda NSX est conçue en aluminium, que ce soit au niveau de la coque (qui ne pèse que 210 kg) ou de la carrosserie. Ce qui est moins moderne, c’est sa monte pneumatique d’époque qui prête à sourire avec du 205 mm de large sur des jantes de 15 pouces à l’avant et 225 mm à l’arrière sur des jantes de 16 pouces. En 1995, les dimensions seront légèrement revues à la hausse avec des jantes de 16 pouces à l’avant (et des pneus de 215 mm) et 17 pouces à l’arrière (245 mm).

Le freinage est lui aussi un peu léger avec des petits disques ventilés et des étriers à seulement 2 pistons à l’avant et mono piston à l’arrière.

Le poids de 1 370 kg est plutôt contenu mais pas exceptionnellement léger en raison des équipements de confort et d’une insonorisation soignée. Mais l’atout de la NSX, c’est sa répartition des masses de 42/58 optimale pour l’équilibre de la voiture. Et le comportement sera loué par la presse puisque très sain et sécurisant, tout en affichant un niveau de grip élevé. Il n’est donc pas étonnant d’apprendre qu’Ayrton Senna en personne aura eu l’occasion de la conduire et de participer à son développement ! C’est une auto incroyablement aboutie puisque d’une stabilité royale tout en affichant un certain confort de suspension. En conduite sportive, seul un léger sous-virage viendra gêner les plus fervents pilotes. Mais la Honda NSX a pour vocation d’être polyvalente, et donc être utilisée par un maximum de conducteur !

Le prix pour acquérir une Honda NSX

La Honda NSX aura eu une belle carrière longue de 15 ans avec une production qui s’arrêta fin 2005. Au total, ce sont 18 896 exemplaires qui auront été vendus ce qui constitue un certain échec quant aux prétentions d’origine. La cause principale aura été son prix puisqu’elle était vendue pour 495 000 francs à sa sortie en 1990 soit autant qu’une Ferrari 348 et plus qu’une Porsche 964, sans pour autant avoir le même prestige.

Très peu répandue en France, elle se déniche contre environ 40 000 € ce qui est très raisonnable quand on voit l’inflation des prix des youngtimers sportives. Nul doute qu’avec sa rareté, sa cote augmentera dans les années à venir !

 

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