Il y a des supercars dont l’existence a marqué le monde de l’automobile. Voiture « poster » par excellence, la Lamborghini Countach fait partie de ces légendes rares et désirées. Spectaculaire, exubérante, arrogante, les superlatifs manquent pour qualifier cet OVNI de Sant’Agata Bolognese !

Lamborghini Countach

Lourde tâche que de succéder à l’extraordinaire Lamborghini Miura, considérée comme l’une des voitures les plus belles de tous les temps. Pourtant, dans sa lutte face à Ferrari, Ferruccio Lamborghini frappa fort, encore une fois. Dès 1971 est dévoilé au salon de Genève le premier prototype de la Countach (dénommée LP 500) aux côtés de la Miura SV, qu’elle remplacera peu après. Avec son V12 de 5 litres, son apparition surprise fit l’effet d’une bombe et enthousiasma le public.

Cet Article vous est proposé par le réseau social Atome : la plateforme Auto&Moto des initiés Inscrivez-vous gratuitement ici et amusez-vous !    www.atome.auto

Sa production prendra toutefois un peu de retard puisqu’elle ne fut produite qu’à partir de 1974 avec un V12 de 4 litres plus fiable que celui du prototype. Il y eu au total 5 versions : la LP 400, la LP 400 S, la LP 500 S (couramment appelée 5000 S), la LP 5000 QV et la 25ème anniversaire.

Une plastique de rêve, mais alourdie avec les années

Comme pour la Miura, le dessin est l’œuvre de Marcello Gandini, officiant pour la maison Bertone. Mais pour ce qui est du style, la Countach est carrément l’opposée de la Miura ! Quand sa grande sœur faisait parler sa beauté à travers ses rondeurs, la Countach semble sortie d’un film de science-fiction. Ultra futuriste, elle est faite d’un seul trait tendu entre l’avant plongeant, le partie-brise ainsi que la partie-arrière. Très large (2 mètres), très basse (1,07 mètres) et assez courte (4,14 mètres) son allure est râblée, ramassée et agressive.

La première version LP 400 « Periscopio » (pour son ouverture sur le toit, permettant la rétrovision sur le prototype, et conservée de manière factice sur la version de série) est certainement la plus pure et la plus fine aérodynamiquement puisque dénué d’artifices esthétiques en tous genres.

Les artifices viendront sur la LP 400 S avec des impressionnant élargisseurs d’ailes permettant d’accueillir une monte pneumatique bien plus large ainsi qu’un aileron arrière en flèche proposé en option.

A l’origine, l’idée venait du milliardaire canadien Walter Wolf (pour transformer des LP 400), ce qui incita à produire cette carrosserie sur la LP 400 S.

La dernière évolution esthétique surviendra sur la version 25ème anniversaire avec des prises d’air plus grosses et enveloppantes ainsi que des boucliers revus.

Son style est alors beaucoup plus lourd et s’éloigne de la beauté de la Countach original.

Une sacrée mécanique pour la Lamborghini Countach

Sous le capot se trouve une version évoluée du V12 Bizzarrini de la Miura (et faisant encore aujourd’hui le bonheur de l’Aventador !).

Entièrement en aluminium, il est doté de 2 arbres à cames en tête et est ouvert à 60°, angle optimal pour l’équilibre d’un V12.

Au fil de la carrière de la Countach, il a été décliné en plusieurs versions suivant le modèle :

  • LP 400 : D’origine, sa cylindrée est de 3 929 cm3, il est en configuration 24 soupapes (2 grosses soupapes par cylindre) et est équipé de 6 carburateurs double-corps. Il développe la puissance très respectable de 375 ch à 8 000 tr/min (maximum à 8 350) et un couple de 361 Nm à 5 500 tr/min. Ainsi équipée, la Countach accélère de 0 à 100 km/h en 5,6 secondes et atteint 290 km/h.
  • LP 400 S : Elle dispose du même moteur que la LP 400 mais la prise de poids et la hausse de dimension pneumatiques fait reculer les performances avec un 0 à 100 km/h en 5,9 secondes et une vitesse maximale de 270 km/h, voire moins avec l’aileron ! Sur les versions américaines, elle troquera les carburateurs pour une injection Bosch moins polluante qui fera baisser la puissance à 353 ch.
  • LP 500 S : Le V12 est réalésé à 4 754 cm3, toujours avec 24 soupapes et 6 carburateurs double-corps. La puissance ne bouge pas avec 375 ch à 7 000 tr/min (maximum à 7 500) mais c’est le couple qui est en hausse avec 410 Nm à 4 500 tr/min. Le 0 à 100 km/h est abattu en 5,2 secondes et elle atteint 293 km/h.
  • LP 5000 QV : Evolution ultime du V12 de la Lamborghini Countach avec 5 167 cm3 et un passage à 4 soupapes par cylindres (quattro valvole) pour un total de 48 soupapes. Toujours doté de 6 carburateurs double-corps, le V12 développe 455 ch à 7 000 tr/min (maximum à 7 300) et un couple de 500 Nm à 5 200 tr/min. C’est la plus performante avec seulement 4,9 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et une vitesse de pointe de 295 km/h.
  • 25ème anniversaire : Le moteur est identique à celui de la LP 5000 QV mais sera équipé de l’injection pour les versions américaines ce qui ramène la puissance à 420 ch.

Loué pour ses performances, son caractère et sa sonorité unique, ce V12 a également l’avantage d’être munie d’une chaîne de distribution, ce qui permet d’éviter de déposer le moteur comme sur une Ferrari ! La Lamborghini Countach est équipée d’une classique boîte de vitesses manuelle à 5 rapports avec une grille en H.

Dans les entrailles de la Lamborghini Countach

Si une structure monocoque fut évoquée pour la conception de la Lamborghini Countach, c’est finalement un classique châssis tubulaire en acier qui fut retenu.

Si la Miura avait innové avec son architecture rejetant le moteur à l’arrière, la Countach ne reprend pas exactement le même concept. Cette fois, le moteur est en position longitudinale alors que la boîte de vitesses est accolée à l’avant du moteur.

Les trains roulants vont être largement remaniés suivant les versions. Ainsi, la LP 400 se contente de jantes de 14 pouces, de pneumatiques de 205 mm de large à l’avant et 215 mm à l’arrière ainsi que de disques ventilés de 267 mm. Les versions suivantes auront le droit à des jantes de 15 pouces, mais surtout à des pneus de 215 mm à l’avant et… 345 mm à l’arrière ! 13 cm d’augmentation, rien que ça ! Les freins évolueront à 300 mm de diamètre à l’avant et 284 mm à l’arrière tandis que les versions 5 litres verront l’apparition d’un différentiel autobloquant.

Ce n’est pas sans incidence sur le poids qui fait le grand écart avec 1 065 kg (à sec) sur la LP 400 et jusqu’à 1 490 kg (à vide) sur la LP 5000 QV. Le comportement est donc très dépendant du modèle de Countach : agile et vif mais instable à haute vitesse sur la LP 400, il est devenu plus sécurisant avec les pneus larges et l’aileron (dont l’efficacité technique n’est toutefois pas évidente).

Une cote au sommet

La Lamborghini Countach a eu une longue carrière de 1974 à 1990 mais son succès commercial sera relativement faible en raison du choc pétrolier de 1973 et aux restrictions de vitesses de plus en plus drastiques. Ce sont au total 2 042 exemplaires qui furent sortis des chaînes de production de la marque au taureau.

Sa cote est donc à la hauteur du mythe ! La LP 400 est la plus apprécié grâce à la pureté de sa ligne, il faut compter actuellement environ 1 200 000 € pour en acquérir une. La version LP 400 S s’échange contre environ 600 000 €. Moins réputées, les versions 5 litres ne sont toutefois pas donné avec environ 250 000 € pour une LP 500 S et 275 000 € pour une LP 5000 QV. Enfin, la 25ème anniversaire est estimée à environ 375 000 €.

On peut dire que la mission a été réussie pour cette Lamborghini Countach qui fut la digne descendante de la Miura. Autant dire que la Diablo eut une sacrée pression au moment de sa sortie !

Retrouvez plus d’infos à ce sujet sur la plateforme Atome

Le nouveau réseau social des passionnés Auto&Moto