Après une association productive en compétition avec Ford, les anglais de Cosworth travaillèrent cette fois pour tonifier la très courante Sierra. Avec son moteur boosté et son look décoiffant, la Ford Sierra RS Cosworth marqua les esprits.  Gros caractère et exclusivité sont au rendez-vous !

 

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Dans les années 80, Ford souhaitait s’engager dans le championnat d’Europe des voitures de tourisme afin d’y concurrencer BMW, Mercedes, Volvo et Rover. Seul problème, il fallait produire au moins 5 000 exemplaires du modèle en question pour pouvoir courir. Ford, avec son département SVE (Special Vehicle Engineering) s’associera avec Cosworth pour développer une déclinaison sportive de la Sierra. Si Ford et Cosworth sont souvent allés de pair en sport automobile (et notamment en F1 avec le V8 DFV), ce sera la première fois (mais pas la dernière !) qu’ils s’associeront pour un modèle routier.

Cette union donnera lieu à la Sierra RS Cosworth, d’abord présentée sous la forme d’un concept car au salon de Genève 1985 puis commercialisée dès l’année suivante. Produite à Genk en Belgique, elle eut une courte carrière entre 1986 et 1987, mais deviendra un symbole grâce à ses performances et son prix relativement accessible.

Un look ravageur pour la Ford Sierra RS Cosworth

Dérivée de la fade Sierra en version coupé à 3 portes, la transformation est assez explosive et transfigure le look de la Ford ! C’est un vrai kit de course qui est ajouté à la Sierra pour donner des allures de méchant garçon. Spoiler spécifique, élargisseurs d’ailes, jupes latérales ou encore jantes BBS à rayons, tout est fait pour marquer l’agressivité. Mais ce n’est certainement rien à côté de l’énorme aileron littéralement posé sur le coffre afin de créer une déportance indispensable pour un véhicule non-conçu à l’origine pour dépasser les 200 km/h.

L’intérieur est lui nettement plus discret et il est bien plus difficile de faire la distinction avec une Sierra classique. Seules les sièges Recaro en velours plus enveloppants, le compteur affichant 260 km/h et le sigle RS sur le couvercle de la boîte à gants et le volant viennent apporter la différence en faveur de la sportive. Pour le reste, on retrouve malheureusement une planche de bord très cubique façon 80’s et intégralement composé de plastiques rigides peu flatteurs.

Un turbo Garrett pour ce 4 cylindres préparé par Cosworth

Un 4 cylindres préparé par le sorcier anglais Cosworth

Cosworth n’avait qu’une exigence, l’utilisation d’un 4 cylindres de 2 litres à haut rendement. Ainsi, le moteur fait 1 993 cm3, est doté de 16 soupapes (ce qui est courant aujourd’hui mais rare à l’époque), d’un double à arbre à came en tête, d’une injection multipoint Weber-Marelli, d’une culasse en aluminium, de pistons en alu forgés et d’un vilebrequin et de bielle en acier renforcés. Seul le bloc restera « classiquement » composé de fonte.

Pour atteindre un rendement élevé, Cosworth utilisa un turbo Garrett T03B qui souffle à 0.7 bar entre 3 000 tr/min et 6 000 tr/min, puis 0.3 bar jusqu’à la zone rouge.

Le résultat final est une puissance de 204 ch à 6 000 tr/min (régime maximum de 6 500 tr/min) et un couple de 276 Nm à 4 500 tr/min. Ainsi, avec 102 ch/litre, ce fut la première fois qu’un modèle de grande série dépassa la barre mythique des 100 ch/litre, gage d’un rendement élevé.

Avec une boîte manuelle à 5 rapports Borg-Warner, les performances sont de premier plan et encore actuelles avec un 0 à 100 km/h effectué en 6.5 secondes, un 1000 m départ-arrêté en 27 secondes et une vitesse de pointe de 242 km/h.

Malgré son turbo, le moteur de la Ford Sierra RS Cosworth est assez souple et docile grâce à une arrivée assez précoce de la puissance. S’il est peu utile de dépasser les 6 000 tr/min, l’aspect « super-carré » du moteur (alésage de 90.8 mm pour une course de 76.9 mm) permet d’envisager la zone-rouge avec une certaine aisance. Le tout dans une sonorité suggestive, pas très noble mais sentant bon le rallye avec un échappement libéré et un sifflement de turbo.

Un comportement très équilibré

Dans les entrailles de la Ford Sierra RS Cosworth

Comme toutes les Sierra (hors versions 4 roues motrices), cette RS Cosworth est une pure propulsion. Mais elle se targue également d’adopter une architecture transaxle chère à Enzo Ferrari. Outre le moteur à l’avant et la puissance délivrée aux roues arrière, c’est la boîte de vitesses qui est rejeté sur le pont arrière. Ainsi, la répartition des masses est davantage équilibrée entre les deux essieux, le comportement est plus sain, le sous-virage est moins prononcé et la motricité est meilleure qu’avec une boîte accolée au moteur. D’autant que le poids total est mesuré avec seulement 1 240 kg, ce qui autorise une belle vivacité.

Le freinage est assuré par des disques ventilés de 283 mm à l’avant avec des étriers à 4 pistons et des disques de 272 mm à l’arrière avec des étriers monopiston (la Sierra de base avait des tambours à l’arrière). Un différentiel autobloquant est utilisé pour faire passer la puissance du moteur, ce qui n’est pas un luxe au vu de la monte pneumatique d’époque en 205/50/15.

La Ford Sierra RS Cosworth est louée pour son comportement sain et équilibré. Néanmoins, les trains roulants sont un peu sous-dimensionnés eu égard à la puissance, d’autant qu’elle se passe de système anti-patinage ! L’assistance électronique est d’ailleurs absente, hormis l’ABS.

Le prix pour acquérir une Ford Sierra RS Cosworth

La production totale aura été plutôt faible avec 5 545 exemplaires écoulé dont la majorité en conduite à droite ainsi que 500 exemplaires en version Sierra RS 500 servant à courir dans le championnat anglais BTCC de voiture de tourisme. Il est donc peu courant d’en croiser une sur les routes françaises !

Vendue à l’époque pour 195 000 francs, soit environ 50 000 € actuels, la cote de la Sierra RS Cosworth est logiquement assez soutenue. Le prix moyen actuellement est d’environ 30 000 € mais peut être très variable suivant l’état et la configuration, de nombreux modèles ayant été modifiés !

 

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