Depuis sa sortie en 1961, la Jaguar Type-E suscite les fantasmes par sa plastique de rêve. Ce n’est pas tous les jours que l’on a le privilège de pouvoir en essayer une ! Sébastien et Hugo pour Atome automobile ont eu le plaisir de prendre le volant d’une série 3 équipé d’un majestueux V12.


Jaguar Type-E V12, quelle ligne !

« Toute beauté remarquable a quelque bizarrerie dans les proportions »

La Type-E 1ère série en version cabriolet et coupé

La citation est de Francis Bacon et l’on peut dire qu’elle colle parfaitement à la Jaguar Type-E. Celle qui est considéré comme la plus belle création de l’histoire par Enzo Ferrari émerveille la rétine par ses lignes sublimes et démesurées. Dessinée par Malcom Meyer, son dessin est sensuel avec son capot avant très long doté d’un bosselage central, ses ailes charnues et ses chromes abondants. A l’inverse, l’arrière est très court et, assez étrangement, les voies sont très étroites par rapport à la carrosserie donnant une impression de long cigare roulant.
Mais c’est justement ce genre de bizarreries qui donne tout leur intérêt et leur charme au dessin d’un des plus beaux chefs d’œuvre de l’automobile.

Et ce chef d’œuvre fera l’effet d’une bombe à sa sortie lors du salon de Genève en 1961 où le public et la presse se montra très enthousiaste à propos de la remplaçante de l’antique XK 150. Outre sa beauté, elle fut innovante au niveau de son châssis et surtout vendue à un prix trois fois et demi inférieure à celui d’une Ferrari 250 GT Lusso.
Le rapport performances/beauté/prix en feront un véritable succès commercial puisque de grandes vedettes en feront l’acquisition dont le regretté Johnny Hallyday.

Elle fut dès sa sortie proposé en version cabriolet et en version coupé 2 places avec le moteur 6 cylindres en ligne XK de 3.8 L et 265ch SAE (environ 230ch DIN) puis avec un moteur réalésé à 4.2 L à partir de 1964 proposant la même puissance mais davantage de couple ainsi qu’une boîte de vitesses synchronisée.
En 1966, une version coupé 2+2 rallongé verra le jour permettant d’y loger des enfants ou davantage de bagages.
La Jaguar Type-E se vendant surtout aux Etats-Unis, la marque au félin dû s’adapter à ce marché plus exigeant en termes de normes. Ainsi, en 1967, Jaguar retira le carénage des feux avant et augmenta la taille de ceux à l’arrière sur une version appelée officieusement « série 1 ½ », ce qui lui ferra perdre un peu de sa pureté originelle.

Le premier gros changement interviendra en 1968 avec l’apparition de la série 2. Les pare-chocs chromés y sont plus gros et plus haut et la calandre avant verra sa taille augmenter afin d’améliorer le refroidissement du 6 cylindres en ligne. De plus, les feux arrière furent à nouveau plus gros et la climatisation y fera son apparition. La série 2 sera disponible en « châssis court » avec le cabriolet et en « châssis long » avec le coupé 2+2
Enfin, en 1971, la Jaguar Type-E aura sa dernière évolution avec la série 3 qui sera équipé d’un gros V12 de 5.3 L dont la puissance atteint 272ch DIN et qui rivalisera avec les muscle-cars américaines.  Elle ne sera cette fois proposée qu’en version longue, que ce soit en cabriolet ou en coupé 2+2. Esthétiquement, la calandre verra sa taille à nouveau augmenté les voies seront cette fois aussi large que la carrosserie.
Produite jusqu’en 1975, soit une belle carrière longue de 14 ans, la Jaguar Type-E se sera écoulé à plus de 72 000 exemplaires, en faisant un véritable succès pour la marque.

C’est une série 3 coupé 2+2 qui nous est très gentiment prêté par l’agence Autoeasy.fr de Lille. Ce modèle pousse le vice jusqu’au bout avec son superbe vert anglais et son intérieur marron so british !

UN HABITACLE RECOUVERT DE CUIR

Pour coordonner avec le vert anglais à l’extérieur, quoi de mieux d’un intérieur marron ? Notre exemplaire en est équipé et il faut bien dire que le rendu est esthétiquement superbe.
L’habitacle est gainé de cuir presque partout que ce soit au niveau des sièges, du volant, de la planche de bord ou encore de l’accoudoir. L’instrumentation est lisible et très jolie avec ses deux grands compteurs gradués jusque 160 miles/h et 7000trs/min. Seulement deux pédales et un grand levier de vitesse sur notre modèle qui est équipé de la boîte automatique. Même le frein à main n’est pas en reste puisqu’il est entièrement en aluminium.

Jaguar Type-E V12 Série 3, un superbe intérieur dont les assemblages sont un peu justes

En revanche, on ne peut pas dire que le ramage soit à la hauteur du plumage puisque les assemblages sont assez moyens et ne donne pas une grande impression de solidité.
Malgré la longueur importante de la voiture, le cockpit est assez étroit. La place est toutefois suffisante à l’avant mais les places arrière ne conviennent qu’aux enfants ou pour y mettre des bagages.

La position de conduite est très basse et se révèle franchement correcte pour une voiture de cette époque. Le volant est un peu trop bas et à tendance à toucher les jambes mais on se sent globalement à l’aise, notamment grâce à l’assise réglable en inclinaison des séries 3.
Le coffre est lui aussi superbement gainé de cuir et offre un espace de chargement intéressant pour les virées du weekend.

UN MAJESTUEUX V12 SOUS LE LONG CAPOT DE LA TYPE-E SERIE 3

Jaguar Type-E Série 3, un gros V12 sous le capot !

Sous l’interminable capot s’ouvrant vers l’avant, fini l’antique 6 cylindres en lignes XK en fonte des 2 premières séries. Pour répondre aux nouvelles normes antipollution et proposer plus de puissance, Jaguar n’y alla pas par 4 chemins et décida d’y implanter un énorme V12 en aluminium de 5343cm³ ! Avec son angle à 60°, optimal pour un V12 et ses 4 carburateurs double-corps Zenith-Stromberg, il développe la puissance de 272ch DIN à 5850tr/min. Si la puissance spécifique est relativement faible avec 51ch/litre, c’est avant tout au bénéfice de la fiabilité et de la souplesse puisque ce V12 affiche un couple de 412Nm à 3600tr/min.

Il est proposé avec une boîte de vitesses manuelle à 4 rapports ou, comme sur notre modèle, avec une boîte automatique à convertisseur à 3 rapports. Ce nouveau moteur lui autorise des performances de haute volée pour l’époque puisqu’il permet à la Jaguar Type-E d’atteindre 241km/h en vitesse de pointe et d’exécuter le 0 à 100km/h en seulement 6,5 secondes soit près d’une seconde de mieux que les premières versions équipés du 6 cylindres en ligne.

JAGUAR PRENAIT LE PAS SUR LA CONCURRENCE POUR LA CONCEPTION DE SA TYPE-E

Pour le châssis, Jaguar eu recours à des solutions plutôt innovantes à sa sortie en 1961. La structure est semi-monocoque avec un berceau indépendant à l’arrière rattaché à la coque et intégrants les éléments de suspensions, les freins et le différentiel. La partie avant est composée d’un treillis tubulaire lui aussi rattaché à la coque et supportant le moteur ainsi que les éléments de suspensions.
Pour les liaisons au sol, Jaguar met fin au pont arrière rigide en faveur d’un système de suspensions indépendants très moderne dès sa sortie en 1961.

Le freinage est assuré par 4 disques ventilés de 284mm à l’avant et plein de 264mm à l’arrière. Ces derniers sont disposés à la sortie du différentiel pour diminuer les masses non suspendues. Cette série 3 utilise une direction assistée bienvenue pour supporter le poids du V12 et faciliter les manœuvres.
La Jaguar Type-E s’est agrandie au fil des ans, si une série 1 se contentait de 4,45m de longueur et de 2,44m d’empattement, la série 3 mesure 4,67m de long pour un empattement à 2,67m afin de pouvoir y loger les deux places arrière.
L’augmentation des dimensions, l’embourgeoisement du véhicule et l’adoption du V12 ont eu des conséquences sur le poids puisqu’elle pèse environ 1450kgs quand les premières versions se contentaient de 1250kgs.

SUR LA ROUTE

Essayer une Jaguar Type-E est une expérience unique, presque intimidante. Dès le démarrage, le V12 s’exclame bruyamment malgré un ralenti à seulement 500tr/min !
Les premières manœuvres se font lentement en raison des dimensions inhabituelles du capot avant. Toutefois, on est agréablement surpris par la douceur de la direction qui ménage les bras et procure beaucoup de confort.

Au fur et à mesure que la vitesse augmente, cette dernière parait précise mais un peu trop démultipliée. Première accélération, pas de doute, la puissance est toujours là ! Le V12 de 5.3l autorise des reprises vigoureuses qui surprennent plus d’un conducteur de voitures modernes !
La puissance passe parfaitement aux roues arrière et le comportement global de la voiture est très sain. Le freinage offre une puissance honnête mais la pédale est dure et il ne faut pas hésiter à y aller franco pour obtenir une bonne décélération.

Mais avec ses petites roues (pneus de 205mm de large), son poids conséquent et sa boîte automatique, cette Type-E n’est pas faite pour l’attaque. La balade en revanche, c’est son domaine de prédilection !
Avec une boîte extrêmement douce, le roulage se fait sur le couple de son énorme V12. On y profite de la mélodie envoutante de cette cathédrale mécanique qui s’éclaircit la voix lors des montées en régime. On se sent bien dans cette Type-E avec des sièges qui sont étonnamment confortables même sur la durée. Si le bruit au démarrage parait très fort, il n’est pas assourdissant à l’intérieur qui offre une insonorisation soignée pour l’époque.
Dans ce superbe habitacle en cuir permettant de charger plusieurs bagages, la Jaguar Type-E invite son conducteur à partir avec elle pour de longs périples…

Malgré l’augmentation des dimensions, la Jaguar Type-E Série 3 est toujours classieuse

LE PRIX POUR ACQUERIR UNE JAGUAR TYPE-E

Comme toutes les voitures de collection, la Type-E n’a pas été épargné par la hausse des prix ces dernières années, ce qui est compréhensible vu la beauté du véhicule. Cette série 3 de 1972 et affichant 68000km est vendue 49 990€ par l’agence Autoeasy.fr de Lille.
La série 3 en coupé est la plus accessible pour accéder au mythe, les versions cabriolet se vendant aux alentours des 70 000€ alors que les premières séries ont aujourd’hui dépassé les 100 000€ pour le coupé 2 places voire les 150 000€ pour un cabriolet.
Si les cotes ont tendance à se stabiliser, la Jaguar Type-E ayant été un succès commercial avec 72 584 exemplaires produits, l’aura élevé de la voiture devrait permettre de ne pas voir une baisse des prix comme l’on peut voir actuellement avec certaines Porsche.

Avec ses 12 cylindres, le coût d’entretien est forcément élevé mais il est réputé plutôt fiable malgré un refroidissement un peu léger. Son gros point faible réside dans sa consommation puisqu’il est quasiment impossible de passer sous la barre des 20 litres aux 100km.

Jaguar Type-E V12 : l’avis d’Atome automobile sur cette superbe Jaguar

Hugo

Ligne

Présentation intérieure

Puissance et sonorité du V12

Confort

Assemblages intérieur

La Jaguar Type-E, c’est clairement un mythe, une des plus belles voitures du monde ! En conduire une est forcément un privilège quelque peu intimidant. Cette version V12 a encore tous ses chevaux, ce qui n’est pas toujours le cas pour une voiture de 45 ans. Mais elle n’est pas vraiment très sportive avec son empattement long et son poids important. En revanche, elle est parfaite pour les virées et s’avère être très confortable, que ce soit en termes d’assise ou grâce à la douceur de sa boîte et de sa direction. La présentation extérieure avec son vert anglais et intérieure avec son cuir marron lui donne un charme fou. Et comme pour toute ancienne, la route ne s’avale pas, elle s’apprécie !

Sébastien

Beauté légendaire

Direction assistée

Abondance de cuir et de bois

Sensation de fragilité

L’odeur et l’ambiance générale m’ont frappé en entrant dans la voiture. L’intérieur est magnifique et la bonne odeur que dégage l’habitacle me remonte des souvenirs d’enfance quand Papa fumait au volant de sa vieille Peugeot 404. C’est un doux parfum indescriptible d’huile chaude, de cuir et de tabac. Bien que stressé à l’idée de me balader avec une telle beauté si fragile, je me sens à l’aise derrière ce long capot et après quelques tours de roues hésitants, le moteur chauffant, la voiture se fait plus douce et accepte plus facilement les petites accélérations. C’est pour moi un grand moment et la première fois que je conduis une « oldtimers » en V12. Quand je pense que cette voiture était capable de franchir les 220 km/h, pour ma part, je n’ai pas du dépasser les 80 lors de l’essai, mais ce fut une expérience unique !

Le mot des propriétaires sur cette Jaguar Type-E V12

Agence AutoEasy Lille

287 route d’Arras – 59155 Fâches-Thumesnil

Tél. : 03.59.89.31.63 / Portable : 06.19.56.37.33

Justin Jombart et Robin Barberis, gérant de l’agence Autoeasy.fr de Lille, nous donnent leurs impressions sur cette Jaguar F-Type V12 Coupé.

Justin et Robin

Design classe et élégant

Confort

Caractère du V12

Intérieur

Cette Type-E est une série 3 de 1972 affichant 68 150km. Elle est matching numbers et est en parfait état, que ce soit mécanique ou en termes de carrosserie qui est dénuée de corrosion. La Jaguar Type-E, c’est avant tout la classe et l’élégance anglaise dans une des plus belles voitures jamais construite. Cette combinaison de couleur avec son vert anglais et son cuir marron en font une superbe auto. Elle est très confortable et permet de profiter des balades au son du majestueux V12 qui offre une souplesse et une onctuosité impériale.

Chez Atome automobile, on aime essayer des voitures aussi mythiques que cette Jaguar Type-E et on ne peut que remercier Justin et Robin de nous avoir offert cette opportunité. Si vous souhaitez acquérir une Type-E V12, n’hésitez pas à contacter l’agence Autoeasy.fr de Lille pour essayer ce pan de l’histoire automobile !