En cette période hivernale, la neige est annoncée sur une bonne partie de la France. Et comme chaque année, conduire sur la neige provoque le stress des conducteurs et une recrudescence d’accrochages et de sorties de route. Piqûre de rappel des règles qui s’appliquent à la conduite par temps neigeux, avec nos conseils avisés et les pièges à éviter. Nous revenons aussi sur quelques conseils d’équipement…

Conduire sur la neige : épreuve stressante pour beaucoup de conducteurs en hiver

Conduire sur la neige : que dit le Code de la Route

Conduire sur la neige : augmenter ses distances de sécurité

Le Code de la Route nous donne un cadre pour conduire sur la neige, nous vous rappelons donc les règles qui s’appliquent à cette situation. Bien entendu, il s’agit d’un cadre légal qui est incapable de s’adapter aux diverses situations que vous pouvez rencontrer sur la route par temps neigeux. Les principales règles sont donc simples et évidentes, et il convient de les rappeler :

  • Les vitesses maximales autorisées par temps de neige sont les mêmes que celles appliquées par temps de pluie : 110 au lieu de 130 km/h sur autoroute, 100 au lieu de 110 km/h et 80 au lieu de 90 km/h sur route. Par ailleurs, les chutes de neige limitent la visibilité, tout comme le brouillard. Donc lorsque cette visibilité baisse à moins de 50 mètres, la vitesse maximale autorisée est de 50 km/h quelle que soit la route empruntée. Le maître-mot reste d’adapter sa vitesse à la situation rencontrée sur la chaussée.
  • Le Code de la Route impose d’augmenter ses distances de sécurité, sans plus de précision. Au conducteur donc de se comporter avec discernement et de s’assurer d’avoir le temps de réagir en douceur en allongeant ces distances tant devant lui que sur ces côtés, dans la mesure du possible bien entendu.
  • Dans tous les cas, par temps de neige comme par temps de pluie, vous devez vous assurer d’être visible en allumant vos feux de croisement, et vos feux de brouillard avant et arrière si vous le jugez nécessaire.

Enfin, il est bon de rappeler que les engins de salage et les chasse-neige sont prioritaires, ne les doublez pas et laissez leur le champ libre dans leurs manœuvres. Veillez également à toujours être en mesure de les laisser passer, ainsi que les véhicules de secours.

Conduire sur la neige : priorité pour les engins de déneigement

Nos conseils pour conduire sur la neige

1. Anticipation et souplesse pour conduire sur la neige

Cela peut paraître bête de le rappeler, mais anticiper (et ralentir) est LE verbe à garder en tête pour conduire sur la neige. D’abord, parce que tout le monde est à la même enseigne :

  • Les autres conducteurs peuvent partir en glissade incontrôlée à n’importe quel moment, et vous devrez peut-être vous arrêter ou changer de direction pour éviter de vous faire percuter.
  • Les piétons mettent plus de temps à traverser et risquent eux aussi la glissade, alors laissez-leur plus de temps pour passer de l’autre côté de la rue en vous arrêtant, cela les rassurera en prime.

Et anticiper, c’est aussi allonger ses distances de sécurité devant soi, mais également sur les côtés lors de dépassements. Vous vous assurerez une conduite plus détendue au volant, toute en souplesse. En effet, les coups de frein sont déconseillés sur les routes devenues glissantes, donc une voiture qui ralentit devant vous n’aura pas les feux stops allumés. Une distance de sécurité plus grande vous permettra donc d’avoir le temps de détecter le changement d’allure du véhicule devant vous et de vous y adapter. Notre conseil supplémentaire est de conduire en sous-régime (c’est-à-dire un rapport au-dessus qu’habituellement) afin d’avoir plus de motricité sans patiner et perdre l’adhérence. Vous privilégiez ainsi le couple moteur à la puissance…

2. Le regard pour aller là où vous voulez aller

Les apprentis motards l’entendent à longueur de leçons de plateau : c’est le regard qui dirige le véhicule ! Et ce principe est valable avec n’importe quel véhicule, sur deux, trois ou quatre roues. Donc c’est logique, si vous regardez la voiture qui vient de glisser dans le fossé devant vous, vous risquez de l’y rejoindre… Le mieux est donc de porter son regard loin devant, dans la direction où vous souhaitez aller. Vous aurez une meilleure appréhension de la situation à l’abord des croisements et pourrez estimer la capacité des autres usagers à rester maîtres de leurs véhicules. Vous pourrez également visualiser la sortie du virage et prévoir votre réaction en cas de situation incongrue…

3. Différer son départ pour éviter de conduire sur la neige

Parfois, il suffit d’attendre une ou deux heures afin d’éviter de se retrouver dans la situation délicate de conduire sur la neige. Une attente qui vous évitera stress et fatigue, et qui peut même vous faire gagner du temps lorsqu’on voit les situations de blocage qui arrivent parfois sur nos routes enneigées ! En effet, les engins de salage auront pu déneiger les principaux axes routiers, la neige aura peut-être cessé de tomber. En bref, la situation se sera sûrement améliorée et vous permettra d’atteindre votre destination l’esprit plus tranquille. Mais dans tous les cas, nous vous conseillons de consulter l’état des routes que vous devez emprunter, départ différé ou non.

4. Privilégier les grands axes aux petites routes

Il s’agit ici d’un conseil de bon sens, puisque les principaux axes de circulation seront déneigés en priorité pour permettre à une majorité de conducteurs de les emprunter avec un maximum de sécurité. Ils auront été salés en prévention, et les informations de circulation sont plus nombreuses sur ces routes que sur les petites départementales. D’ailleurs, préparer un minimum votre trajet avant de partir vous permettra d’être plus serein au volant, même s’il s’agit de votre trajet quotidien pour aller au travail.

5. Les principaux pièges de la conduite sur neige

  • Les montées : à l’abord d’une côte, prendre de l’élan (dans la mesure du raisonnable) afin d’éviter de patiner au milieu et d’y rester coincé.
  • Les descentes : privilégiez le frein moteur afin de garder le contrôle de votre vitesse, car tout coup de frein peut bloquer les roues, et c’est la glissade assurée.
  • Les démarrages et arrêts : pour démarrer, accélérez très progressivement (surtout en montée), la meilleure solution restant de lâcher en douceur l’embrayage en première en gardant les roues dans l’axe. Selon votre voiture, la manoeuvre sera peut-être plus aisée en seconde. Et pour vous arrêter, laissez le frein moteur ralentir la voiture au maximum puis appuyez sur le frein pour obtenir l’arrêt total, toujours avec douceur et souplesse. 
  • Le verglas : des plaques de verglas peuvent se cacher sous la poudreuse fraîchement tombée, d’où l’intérêt de garder de grandes distances de sécurité qui vous permettront d’anticiper si vous voyez une voiture devant vous glisser subitement, et de ralentir.

Conduire sur la neige : l’hiver 2009 reste un mauvais souvenir pour de nombreux conducteurs, comme ici à Paris (gauche) ou Marseille (droite)

Les routes bloquées constituent l’un des pièges les plus redoutés par temps de neige. Et oui, accrochages, sorties de route et camions en portefeuille sont le lot ordinaire de ces journées d’hiver, surtout à proximité des agglomérations. Notre conseil de bon sens est de toujours partir avec un “kit” route bloquée :

  • une couverture et/ou des vêtements chauds (manteau, gants, bonnet, écharpe, bottes)
  • boisson (sans alcool) et nourriture pour patienter le temps d’être débloqué, car la situation peut durer
  • téléphone portable chargé pour appeler vos proches et les rassurer
  • vos médicaments si vous en prenez

Préparer sa voiture pour conduire sur la neige

Conduire sur la neige : déneiger sa voiture avant de partir

La toute première des choses à faire, bien entendu, c’est de déneiger (et dégivrer si nécessaire) correctement sa voiture, avec une attention particulière pour les parebrises et vitres. Et n’oubliez pas de déneiger les feux avant et arrière, pour être vu. Vous vous assurez ainsi une bonne visibilité, et éviterez de lâcher des morceaux de neige ou de glace sur ceux qui vous suivent !

Votre voiture nécessite aussi un peu d’entretien pour conduire sur la neige sereinement. Batterie, balais d’essuie-glaces et liquide de lave-glace spécial hiver, chauffage, autant d’éléments importants quand la neige tient au sol qui doivent être vérifiés régulièrement l’hiver ! Et si nous ne parlons pas des pneus, c’est que nous y consacrons un paragraphe complet ci-dessous.

Pneus hiver ou chaînes pour conduire sur la neige ?

La question mérite d’être posée car il est vrai que les pneus hiver disposent de qualités largement supérieures aux pneus été pour conduire sur la neige. Mais nous avons envie de vous dire que tout dépend de votre situation, et même de votre localisation. En effet, les habitants de régions tempérées qui ne voient pas souvent la neige tomber se posent rarement la question, et les pneus hiver peuvent même y être difficile à trouver.

Ce qu’il faut savoir pour se décider, c’est qu’un pneu été perd de ses qualités d’adhérence en-dessous de 7°C… il en perd, mais elles ne sont pas nulles pour autant ! Donc la prudence est de mise puisque distance d’arrêt ou accroche en virage peuvent être altérées par exemple. Face à eux, les pneus hiver sont bien plus adaptés aux basses températures et se montrent aussi plus performants face à la météo hivernale (pluie, neige, verglas…). Et il faut également compter aujourd’hui sur des pneus toute saison, qui offrent un bon compromis tant par températures élevées qu’en conditions hivernales. Ces derniers évitent d’avoir à faire changer ses pneus deux fois par an, et permettent donc cette économie tout en augmentant sa sécurité en hiver.

Bon à savoir sur les pneus hiver, plusieurs marquages sont possibles :

Le marquage M+S (Mud + Snow, ou boue + neige) : présent sur des pneus hiver d’un point de vue réglementaire, mais non associé à un test de performance obligatoire.

Le marquage 3PMSF (3 Peak Mountain Snow Flake) : présent lui aussi sur des pneus hiver d’un point de vue réglementaire, et associé à un test de performance obligatoire en conditions hivernales.

En France les pneus hiver ne sont pas obligatoires, même si la question revient sur le devant de la scène dès que nous rencontrons des hivers très neigeux dans l’Hexagone, perturbant fortement le trafic. Cependant, gardez à l’esprit qu’il n’en va pas de même à l’étranger, comme le précise le site du Service Public. Donc si vous partez l’hiver hors de nos frontières, renseignez-vous sur la législation en vigueur.

Les chaînes restent une valeur sûre qui vous permettra de vous sortir de routes très enneigées, et elles prennent peu de place dans le coffre de la voiture. Nous vous conseillons de vous entraîner à les installer avant de conduire sur la neige, cela vous simplifiera l’installation le moment venu. Et n’oubliez pas de prendre une paire de gants pour garder vos mains au chaud et au sec !

En guise de conclusion, un résumé des cinq bons réflexes à adopter pour conduire sur la neige et arriver à bon port :

  1. Douceur : pas d’accélération brusque, ralentir au frein moteur plutôt que freiner, rouler en sous-régime sans donner de coup de volant.
  2. Anticipation : augmenter ses distances de sécurité (de façon importante) et porter son regard là où on va.
  3. Voir et être vu : allumer ses feux de croisement (et de brouillard si nécessaire), déneiger sa voiture, avoir des essuie-glaces en bon état, utiliser un lave glace spécial hiver et s’assurer du bon fonctionnement du dégivrage de l’auto.
  4. Chaîner dès que nécessaire : ne pas attendre d’être bloqué au milieu de la route, chaîner (les roues motrices) dès que la voiture trouve difficilement son adhérence, et équiper sa voiture de pneus hiver si besoin.
  5. Connaître les pièges des routes enneigées : prendre (un peu) d’élan avant une côte, utiliser le frein moteur en descente, gérer ses démarrages en douceur et tenter de détecter d’éventuelles plaques de verglas, sans oublier de se préparer un petit kit “d’attente” en cas de route bloquée.

Enfin, n’oubliez pas de laver votre voiture après avoir roulé sur des routes traitées en hiver, en insistant sur les parties basses (bas de caisse, passages de roues, parechocs, châssis si possible) afin d’en supprimer le sel. Vous limiterez les risques de corrosion et prolongerez la vie de votre auto.