Le premier radar piéton a été mis en service ce mercredi 10 août 2017 à La Grande Motte, station balnéaire à proximité de Montpellier dans l’Hérault. Nous faisons le point sur cette nouvelle technologie et son fonctionnement, mais aussi sur la sensibilisation des conducteurs et des piétons. Enfin, nous faisons le point sur les sanctions applicables aux contrevenants…

Radar piéton, pour mieux partager la route entre conducteurs et piétons

Le radar piéton… Comment ça marche ?

En fait, le terme de radar piéton est un abus de langage… En effet, il s’agit en réalité d’un système de vidéosurveillance couplé à un algorithme de détection. Lorsque ce système détecte ce qui lui semble être une infraction à la priorité du piéton, usager très vulnérable de la route, il enregistre la vidéo qui est ensuite transmise aux forces de l’ordre. Donc pas de photo comme pour les radars de vitesse, mais simplement une capture vidéo qui permet aux agents de vérifier s’il y a eu ou non infraction. Cette vidéo de la société AFS2R vous en explique le fonctionnement :

Concrètement, le système qui surveille le passage clouté est doté de cinq caméras :

  • Deux filment le passage d’un piéton
  • Deux autres filment le passage d’un véhicule et lisent sa plaque d’immatriculation
  • Une dernière filme la scène globale pour la transmettre au centre de visionnage

Un agent assermenté est chargé d’apprécier le comportement du véhicule et de son conducteur. Si l’infraction est caractérisée, le propriétaire de la carte grise du véhicule en cause reçoit un avis de contravention à l’adresse indiquée sur le certificat d’immatriculation. AFS2R a également développé une version pédagogique de son radar piéton afin de sensibiliser les conducteurs au respect des passages piétons. Une première expérimentation au Canada, à Longueuil dans la banlieue de Montréal, a vu le nombre d’infractions divisées par trois après un mois d’expérimentation de cette version pédagogique.

Radar piéton, d’abord en expérimentation

Le premier radar piéton de l’Hexagone a été installé à La Grande Motte, station balnéaire de l’Hérault. Mais installation ne rime pas avec sanction immédiate ! Alors pas de panique, ce système de détection va d’abord subir une phase d’expérimentation de trois mois, commencée ce mercredi 9 août 2017. Donc dans un premier temps, cette phase permettra à ce détecteur de signaler au conducteur jugé indélicat qu’il aurait dû laisser passer le piéton. Par la suite, la sanction sera plus sévère avec un avis de contravention…

N’oublions pas que le piéton est l’un des usagers les plus fragile de la route : en 2016, 559 d’entre eux ont été tués, soit une hausse de 19% par rapport à 2015. 509 l’ont été suite à une collision avec un engin motorisé, d’où l’intérêt d’un tel dispositif où un système de vidéosurveillance “intelligent” permet d’appuyer les forces de l’ordre dans cette mission. Et chaque conducteur devient piéton à un moment ou l’autre de la journée… Donc le partage de la route est une nécessité, qui permet à chacun de se sentir un peu plus en sécurité.

Le piéton, premier bénéficiaire du radar piéton

S’il est un usager vulnérable, force est de constater que, à l’instar des conducteurs, il se doit lui aussi de maintenir une certaine vigilance sur ce qui se passe autour de lui au moment de traverser la route. Quelques règles simples se doivent donc d’être rappelées… Le piéton doit

  • traverser sur les passages cloutés
  • respecter la signalisation routière (feu piéton) si elle est présente
  • regarder si aucun véhicule n’arrive, même au feu vert (un véhicule de secours peut s’engager, ou un conducteur peut être dans l’impossibilité de s’arrêter)
  • Et bien sûr, ne pas s’arrêter au milieu de la voie de circulation, mais se mettre rapidement à l’abri de l’autre côté de la chaussée

Dans certaines conditions météo, ou la nuit, le piéton est encore plus vulnérable : peu visible, il se doit de redoubler de vigilance et de s’assurer d’être vu au moment de traverser. Certains comportements lui font également prendre plus de risques, comme la prise d’alcool ou de stupéfiant par exemple. Enfin, certains piétons sont plus vulnérables, comme les personnes âgées, à mobilité réduites ou souffrant de certains handicaps passagers ou permanents.

Afin de rappeler que le piéton doit lui aussi adapter son comportement au moment de traverser la chaussée, une campagne récente de la sécurité routière a mis en place à Paris un dispositif pour le moins… percutant !

Ce panneau “radar” peut, lui aussi, être considéré comme un radar piéton pédagogique…

Le point sur le Code de la Route et les sanctions

L’article R415-11 du Code de la Route est très clair :

Tout conducteur est tenu de céder le passage, au besoin en s’arrêtant, au piéton s’engageant régulièrement dans la traversée d’une chaussée ou manifestant clairement l’intention de le faire ou circulant dans une aire piétonne ou une zone de rencontre.

Le fait, pour tout conducteur, de ne pas respecter les règles de priorité fixées au présent article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.

Tout conducteur coupable de cette infraction encourt également la peine complémentaire de suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l’activité professionnelle.

Cette contravention donne lieu de plein droit à la réduction de quatre points du permis de conduire.

Du côté du piéton, ce dernier doit traverser la chaussée sur un passage protégé matérialisé sur la chaussée, conformément à les articles R.412-34 et suivants du Code de la Route :

Les piétons doivent traverser la chaussée en tenant compte de la visibilité ainsi que de la distance et de la vitesse des véhicules.

Ils sont tenus d’utiliser, lorsqu’il en existe à moins de 50 mètres, les passages prévus à leur intention.

Aux intersections à proximité desquelles n’existe pas de passage prévu à leur intention, les piétons doivent emprunter la partie de la chaussée en prolongement du trottoir.

Les dispositions du présent article ne s’appliquent pas aux aires piétonnes et aux zones de rencontre.

Sont considérés comme piétons les personnes qui marchent dans la rue ou sur la chaussée bien sûr, tout comme les personnes en fauteuil roulant ou autre dispositif assimilé les aidant dans leurs déplacements (et circulant au pas), ainsi que les personnes poussant un véhicule à deux roues motorisé ou non (vélo, moto, cyclomoteur…), ou encore les personnes ayant chaussé des rollers ou circulant sur un skateboard ou une trottinette. Les enfants de moins de huit ans à vélo sont assimilés à des piétons. L’article R412-43 fixe toute infraction aux dispositions prises pour les piétons à une amende  de première classe de 4 €.

Le radar piéton entre donc en phase d’expérimentation en France, avec une première installation à La Grande Motte en ce début du mois d’août. L’objectif est de sécuriser les passages protégés dédiés à ces usagers fragiles. Nul doute qu’en cette période de grandes vacances, la station balnéaire fait figure de champ d’expérience idéal avec ses nombreux touristes… Une fois ces trois mois passés, les sanctions tomberont avec 4 points en moins pour le conducteur fautif. A ce moment-là, attention à votre permis qui risque de voir son solde de points se réduire comme peau de chagrin, voire d’être invalidé pour solde de points nul ! Et notez que cette nouveauté n’est pas la seule qui attend les conducteurs en infraction… Alors conducteurs comme piétons, partageons la route !

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