Fixe, embarqué, mobile mobile, discriminant, tronçon, chantier, feu rouge, passage à niveau, passage clouté… De plus en plus perfectionnés, ces radars routiers donnent aux conducteurs le sentiment d’être traqués en toutes circonstances. Nous faisons le point sur les différents radars placés sur nos routes, et les évolutions à venir.

Quelques exemples de radars routiers en France

La star des radars routiers : le radar de vitesse !

Le radar de vitesse est le premier des radars routiers, celui qui a inauguré ce type de contrôle sur les routes. Au début étaient les jumelles, puis les radars embarqués dans les voitures, puis les cabines en bord de route, et enfin, le dernier, le radar mobile de dernière génération (ou “mobile mobile”). Mais ne remontons pas si loin, le sujet, ici, ce sont les radars automatiques !

Tout commence donc par une déclaration de Jacques Chirac, alors Président de la République, en 2002 :

“Je voudrais marquer ce quinquennat par trois grands chantiers mais qui ne sont pas de pierre. C’est d’abord la lutte contre l’insécurité routière. Je suis absolument horrifié par le fait que les routes françaises sont les plus dangereuses d’Europe.”

Légalement, cette prise de position s’est traduite par la loi n°2003-495 renforçant la lutte contre la violence routière adoptée le 12 juin 2003 (amendes forfaitaires, permis probatoire, récidive…), puis la création du système de contrôle automatisé par l’arrêté du 13 octobre 2004 et enfin le décret n° 2011-348 du 29 mars 2011 portant création de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions.

Le 27 octobre 2003, le premier radar fixe est inauguré dans la ville de Bois, dans l’Essonne, sur la RN20. Cette inauguration signe un déploiement de radars routiers sur tout le territoire, mais aussi le développement de nouveaux radars de vitesse. Pour compléter le dispositif de contrôle de la vitesse, des radars embarqués sont installés à bord de véhicules banalisés. Contrairement aux radars fixes, ces derniers ne sont pas signalés.

Un nouveau cap a été franchi avec l’homologation puis le déploiement de radars discriminants. Ces radars routiers sont capables de déterminer la vitesse, le type de véhicule et la voie de circulation de chaque véhicule qui passe devant lui. Il peut ainsi s’adapter aux limitations de vitesse de chaque catégorie, et visent plus particulièrement les poids lourds dont la limitation de vitesse est inférieure aux autres véhicules hors agglomération.

Ensuite est venu le radar de vitesse moyenne, plus communément appelé radar tronçon. Le temps de parcours de chaque véhicule est relevé entre un point A et un point B, et la vitesse moyenne doit respecter la limitation de vitesse affichée. Enfin, le dernier type de radar placé en bord de route à avoir fait son apparition sur nos routes est le radar chantier, appelé ainsi car il est principalement destiné à contrôler le respect de limitations de vitesse provisoires en zones de chantier. Ces radars routiers semi-fixes ont été testés en 2012, mais sont aujourd’hui utilisés aussi hors des zones de chantier.

Enfin, le dernier dispositif de contrôle de vitesse homologué est, bien entendu, le radar “mobile mobile”, qui attire toutes les attentions depuis l’annonce de sa privatisation !

Au 1er août 2015, on comptait radars routiers destinés au contrôle de vitesse :

  • 2181 radars fixes,
  • 569 radars embarqués,
  • 237 radars discriminants,
  • 100 radars de vitesse moyenne,
  • les chiffres des deux derniers types de radars n’ont pas été officiellement communiqués.

Radars routiers : le contrôle automatique aux intersections

Après avoir choisi de faire baisser la vitesse moyenne des véhicules par un contrôle de plus en plus accru des conducteurs, et un élargissement des dispositifs utilisés, l’Etat français a voulu sécuriser les intersections. Parmi elles, deux ont été ciblées comme prioritaires : les feux tricolores et les passages à niveau. En effet, ce sont les plus simples à contrôler automatiquement, puisqu’un signal lumineux impose l’arrêt des véhicules.

Le radar de feu rouge est installé à proximité d’un feu tricolore, et prend deux clichés à intervalle extrêmement réduit :

  • le premier lorsque le véhicule franchit la ligne de feu,
  • le second quelques millièmes de secondes plus tard pour vérifier si le véhicule a continué sa route ou s’est arrêté, et permettre le constat réel de l’infraction le cas échéant.

L’une des principales critiques émises lors de l’annonce de ce nouveau type de radar était le cas des véhicules d’urgence, et le comportement à adopter conformément au Code de la Route. Sur la FAQ de la Sécurité Routière, la question est d’ailleurs posée quant au franchissement du feu rouge pour laisser passer l’un de ces véhicules :

“Lorsqu’un véhicule franchit un feu au rouge pour une raison justifiée (passage d’un véhicule prioritaire, pompier, police, SAMU), l’appareil relève une infraction et un flash se déclenche. Néanmoins, le CACIR (Centre automatisé de constatation des infractions routières) n’émettra pas d’avis de contravention.

Par exemple, si le véhicule est « poussé à griller le feu » dès le début de la phase de rouge, alors le véhicule d’urgence sera lui aussi flashé et apparaîtra sur les photos. Dans ce cas, le CACIR n’émettra pas d’avis de contravention.

Et, si le véhicule est « poussé à griller le feu » mais que le véhicule d’urgence passe au vert, un contrôle humain minutieux est toujours effectué, s’appuyant à la fois sur des photos et sur les données de la situation (durée du feu au rouge, vitesse estimée du véhicule, nombre de véhicules franchissant le feu au même moment, trajectoire du véhicule poussé), avant d’émettre tout avis de contravention.”

Les radars de passage à niveau fonctionnent de la même façon. Une différence significative concerne le signal rouge lumineux et clignotant qui impose l’arrêt total des véhicules. En effet, en la présence d’un seul feu clignotant, certains clichés ne font pas apparaître son activation. Les feux de passage à niveau sont donc doubles et clignotent en alternance, afin que chaque cliché puisse montrer le signal activé. Autre différence majeure, la marge technique qui est appliquée à l’activation du feu clignotant. En effet, contrairement aux feux tricolores, ceux des passages à niveau n’ont pas de feu orange prévenant l’automobiliste. Afin de lui permettre de s’arrêter en toute sécurité, il lui est accordé un délai de sécurité analogue à la durée d’un feu orange, à savoir 3 secondes en agglomération et 5 secondes hors agglomération. Et comme le radar de feu rouge, le radar de passage à niveau n’est pas signalé.

Radars routiers : les futures homologations

Aujourd’hui, les différents radars routiers dédiés au contrôle de la vitesse ne peuvent pas être utilisés en courbe par les forces de l’ordre, du fait de l’absence d’homologation. Suite à une demande du précédent gouvernement au Laboratoire National d’Essais, le processus d’homologation est en route, notamment pour de nouveaux radars. Parmi eux, le Mesta Fusion s’annonce redoutable sur les routes. Véritable couteau suisse des radars routiers, il sera capable de contrôler vitesse, non respect de feu tricolore ou des distances de sécurité, de détecter les dépassements dangereux ou encore le franchissement de lignes continues.

Une liste non exhaustive pour ce nouveau super radar qui pourra contrôler en même temps 8 voies de circulation et 32 véhicules simultanément ! Pour l’heure, l’homologation obtenue début mai 2017 lui donne uniquement l’autorisation pour le contrôle de la vitesse. Mais le contrat est d’ores et déjà signé entre Safran (et sa filiale OT-Morpho) et l’Etat français, pour une durée de 11 ans et un budget d’environ 120 millions d’euros… Et 400 Mesta Fusion au total ! Après une première année de développement technique, jusqu’à fin 2017, ce seront dix années de déploiement sur tout le territoire…

Parmi les nouveautés qui nous attendent à plus ou moins long terme, devrons-nous compter avec des radars routiers camouflés ? Une possiblité qui anime, depuis quelques jours, les réseaux sociaux… La cible de ces rumeurs est le tout nouveau radar NK7. Développé en Australie par Redflex, un processus d’homologation de ce nouveau système est en cours en France au Laboratoire National d’Essais (LNE), information confirmée par le distributeur belge Securoad. Cependant, et de l’aveu même de la sécurité routière dans un démenti publié ce mercredi 6 septembre,

Plusieurs organes de presse ont annoncé une possible implantation en France du radar NK7 dissimulable dans une poubelle. La délégation à la sécurité routière (DSR) tient à démentir tout projet d’achat d’un tel équipement.

La société qui commercialise ce radar a déclaré avoir lancé une procédure de certification auprès du laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE). Toute entreprise peut présenter un nouveau dispositif auprès du LNE mais cette procédure n’engage en rien les services de l’État quant à son utilisation future.

Aucun service de l’État français n’a jamais envisagé la mise en place de ce dispositif de contrôle et ne l’envisage à court, moyen ou long terme.”

Donc pour le moment, pas de panique au volant lorsque vous croisez une poubelle sur le bord de la route !

Radars routiers : du radar à la vidéo verbalisation

Dernière nouveauté en date chez les radars routiers, le radar dit “piéton” dont le premier modèle a été installé et mis en test à La Grande-Motte, dans l’Hérault, le mois dernier. Une période d’observation de trois mois doit être observée avant toute verbalisation effective des conducteurs jugés indélicats envers les piétons.

Comme nous l’avions expliqué, il s’agit en fait d’un système évolué de vidéo verbalisation basé sur les caméras LAPI, pour Lecture Automatisée des Plaques d’Immatriculation. Cette solution associe caméras (haute définition et infrarouge) et logiciel de surveillance afin de lutter, en priorité, contre le stationnement illégal. Mais ce système permet également, grâce à la reconnaissance automatisée des plaques minéralogiques couplée à une base de données des immatriculations, de détecter les véhicules volés ou recherchés dans le cadre d’enquêtes. En outre, le système peut aussi détecter les défauts d’assurance ou l’absence de contrôle technique en cours de validité. Actif de jour comme de nuit, intégrer dans la barre de girophare sur le toit d’une voiture de police ou de gendarmerie, le système est discret et redoutable d’efficacité. Dans ce reportage de France 3 Poitou-Charentes du 5 avril 2013, on découvre l’intérêt d’un tel système pour la traque des véhicules volés.

Enfin, n’oublions pas que les caméras vidéo disons “classique” permettent elles aussi de verbaliser certains comportements jugés dangereux. Cette procédure, qui existe depuis 2008, permet à un agent assermenté d’utiliser le système de vidéo-protection pour constater certaines infractions au Code de la Route. Ce constat est ensuite transmis au Centre National de Traitement de Rennes (CNT) qui se charge de l’envoi du procès verbal au titulaire de la carte grise du véhicule. Jusqu’au 31 décembre 2016, seules quatre catégories d’infractions routières pouvaient être sanctionnées sans interception, et entraient donc dans le cadre de la vidéo verbalisation :

  • le non-respect de la signalisation aux intersections (feu rouge, stop…),
  • le non-respect des vitesses maximales autorisées,
  • le non-respect des distances de sécurité,
  • l’usage de voies réservées (couloir de bus, piste cyclable…).

Depuis le 31 décembre 2016, sept nouvelles catégories ont été ajoutées à l’éventail des possibilités de la vidéo verbalisation :

  • le non port de la ceinture de sécurité,
  • l’usage du portable au volant et tenu en main,
  • l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence (circulation, chevauchement ou arrêt non justifié),
  • le chevauchement et le franchissement de ligne continue,
  • le non respect des sas vélos,
  • le non port du casque en 2-roues motorisé.

Et à partir du 31 décembre 2018, le défaut d’assurance pourra également être sanctionné par vidéo verbalisation. L’objectif affiché de la sécurité routière est d’ajouter ces différentes catégories d’infractions routières aux capacités des radars routiers…

“À moyen terme, comme décidé par le Comité interministériel de la sécurité routière du 2 octobre 2015, ces nouvelles infractions seront ajoutées progressivement aux capacités des futurs radars ou des radars en cours de déploiement.”

Face à des systèmes de contrôle de plus en plus nombreux, le nombre d’infractions relevées est en hausse constante. Ainsi, en 2016, on a noté 26% de hausse pour les avis de contravention envoyés en France. Les points ont de plus en plus de risques de s’envoler, et le permis de conduire d’être invalidé. Si c’est votre cas, n’hésitez pas à relire notre article sur les moyens de récupérer son permis de conduire

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