Alors que Porsche a annoncé récemment son retrait du championnat du monde d’endurance, la marque de Stuttgart n’en a pas pour autant abandonné sa supériorité, en témoigne ce nouveau doublé aux 6h d’Austin. Retour sur ce week-end sur le beau circuit texan et sur les nouveautés pour 2018.

6h d’Austin, 2017, départ (crédits : Porsche)

Porsche intraitable aux 6h d’Austin en LMP1 hybride

Si Porsche a survolé les dernières 6h de Mexico avec une avance insolente sur Toyota, ce fut cette fois plus serré entre les 2 constructeurs. Malgré tout, dans la fournaise texane (plus de 32° tout le week-end), les Porsche ont monopolisé la première ligne des qualifications avec la n°1 en pole devant la n°2. Les Toyota étaient reléguées quant à elle à 1,6 secondes pour la n°8 et 2,3 secondes pour la n°7.

Le départ des 6h d’Austin était à l’avantage des Porsche, pourtant Toyota réalisait un beau coup tactique au premier ravitaillement en gagnant du temps en ne changeant pas de pneus. La n°8 se retrouvait en tête de course peu avant la première heure tandis que José Maria Lopez au volant de la Toyota n°7 nous gratifiait d’une belle bagarre avec les deux Porsche plus véloces avec leurs gommes neuves. Le deuxième ravitaillement vers 1h40 de course inversait la donne avec des Toyota obligées dans changer des pneus incapable de tenir 3 relais dans ces conditions de chaleur tandis que Porsche doublait à son tour son relais. La n°1 continuait de dominer devant la n°2 jusqu’à la mi-course quand la voiture de sécurité fut de sortie, le temps de réparer une barrière Tecpro suite à la sortie de la Porsche GT de l’écurie Gulf Racing.

Si les Toyota ont fait illusion jusqu’à la mi-course, les trois dernières heures devenaient nettement à l’avantage de Porsche. A 1h30 du but, belle frayeur pour la n°1 de tête qui est percutée par la Toyota n°7 alors que cette dernière avait un tour de retard. Les deux protos étaient en train de doubler une GT et ne se sont pas bien compris. Obligée de rentrer aux stands, la n°1 repartait juste derrière la n°2 mais cette dernière n’a pas opposé beaucoup de résistance et a permis à la n°1 de repasser en tête.

Alors qu’on pensait que la n°2 allait se diriger vers une victoire tranquille aux mains du rapide Nick Tandy, Porsche décida d’appliquer des consignes d’équipes pour favoriser la n°1, mieux placée au championnat. A dix minutes du terme, Tandy ralentissait clairement pour laisser passer la n°2 avec Earl Bamber à son volant.

Nouvelle victoire pour la n°1 de Bamber, Hartley et Bernhard devant la n°2 de Tandy, Lotterer et Jani qui méritait clairement de gagner. Fin de course un peu triste des Toyota avec la n°8 de Sarrazin, Nakajima et Buemi qui s’emparait de la dernière marche du podium. 4ème place pour la n°7 de Kobayashi, Conway et Lopez.

Du côté du LMP2, l’équipe Signatech-Alpine renoue avec la victoire grâce à Lapierre, Negrao et Menezes devant les deux Vaillante-Rebellion, la n°13 devant la n°31. Le GTE Pro a vu la victoire de la Ferrari 488 du team AF Corse avec Calado et Pier Guidi au volant. A noter que les Ford GT ont été fantomatique, ce qui laisse douter de l’équité de la BoP (Balance de Performance) censé assurer l’équilibre de performances entre les voitures.

Enfin, nouvelle victoire en GTE Am pour l’équipage Lamy, Dalla Lana et Lauda au volant de l’Aston Martin n°98.

La course des 6h d’Austin en images

6h d’Austin : l’une des dernières victoires de Porsche en LMP1 Hybride !

Porsche a lâché une bombe pour les passionnés d’endurance au beau milieu des vacances d’été : le constructeur se retire du championnat du monde d’endurance dès 2018 pour se consacrer à un avenir prochain en Formula E ! En cause, le dieselgate ayant affecté l’ensemble des marques du groupe Volkswagen les contraignant à réduire la voilure sur le budget compétition. Audi en avait déjà fait les frais en se retirant en fin d’année dernière, cette fois c’est sa cousine Porsche qui subit le même sort.

Avec des budgets annuels ayant littéralement explosés, on parle d’environ 200 millions d’euros, le coût du programme d’endurance est devenu trop élevé pour la marque. Les systèmes hybrides demandant un développement très important, les heures de souffleries pour gagner en efficacité aérodynamique ainsi qu’un énorme travail pour gagner du poids sur le châssis ont engendré des dépenses jamais vues en endurance. On peut être attristé par cette situation qui fera de Toyota le seul représentant du LMP1 hybride. En effet, c’est l’arrivée de Porsche et de ses grands investissements qui a créé la forte inflation des budgets de développement et freiné les autres constructeurs. Aujourd’hui, la marque laisse un champ de ruines en lieu et place d’une catégorie hybride qui faisait jusqu’à il y a peu l’attrait technologique des courses d’endurance auto.

Pour voir le verre à moitié plein, on peut se réjouir de la réaction rapide de l’ACO qui a pris la décision d’augmenter les performances des LMP1 non-hybrides. Ainsi, ces dernières pourront concurrencer plus facilement les hybrides avec un budget moindre. Certains constructeurs, comme BR Engineering et Ginetta, ont déjà montré leur intérêt pour la catégorie malgré la difficulté à trouver un moteur performant et fiable. Les nombreux spectateurs déçus du manque de bruit des LPM1 hybrides pourront être satisfait de retrouver des moteurs « bio » émettant un son davantage en phase avec ce que représente la compétition automobile. L’idée de revoir un V10 Judd de 5 litres développant 700 ou 800ch devrait faire rêver nombre de fans.

Changement de programme également au niveau du calendrier qui va désormais se dérouler à cheval sur deux années, comme en endurance moto, avec un final aux 24h du Mans. Pour la première saison, celle-ci va se dérouler sur un an et demi avec deux participations sur la classique mancelle. Après ses victoires au Mans, à Mexico et au Nürburgring, c’est un quatrième succès de rang signé par la firme de Stuttgart. En attendant, la prochaine manche du championnat du monde aura lieu le 15 octobre à Fuji, au Japon. Espérons que Toyota se relèvera à domicile pour nous offrir une superbe bataille avec les Porsche !