Le retour d’Alfa Romeo en Formule 1 est officiel depuis peu… Dès la saison prochaine de F1, la marque fera donc son grand retour grâce à un partenariat avec l’écurie Sauber. Nous vous proposons de retracer son histoire dans la catégorie reine des sports mécaniques sur quatre roues et nous nous interrogeons sur l’utilité d’un tel partenariat.

Juan Manuel Fangio, pilote de légende au volant d’une Alfa Romeo en Formule 1 (Archives FCA Group)

La rumeur qui enflait depuis plusieurs mois est désormais confirmé : Alfa Romeo est de retour en Formule 1. Si la marque n’est pas aussi emblématique pour le pinacle du sport automobile que ne le sont Ferrari, McLaren ou Renault, elle n’en reste pas moins la toute première à avoir gagné un grand prix !

Alfa Romeo en Formule 1 : au sommet dès le début

Alfa Romeo en Formule 1 : mythique Tipo 158

Pour le premier championnat du monde de Formule 1 en 1950, Alfa Romeo court avec sa Tipo 158, créée en 1938 et ayant déjà participé à de nombreuses courses automobiles. Son moteur 8 cylindres en ligne de seulement 1496 cm³ développe 350 chevaux grâce à l’utilisation d’un compresseur volumétrique, le tout pour un poids total de 700 kg. Comptant parmi ses pilotes de très grands noms tels que Giuseppe Farina ou Juan Manuel Fangio, Alfa Romeo écrase la première saison en gagnant 6 des 7 courses du championnat. Seuls les 500 miles d’Indianapolis, boudés par les écuries de F1 dont Alfa Romeo, ne fut pas dans l’escarcelle du constructeur de Milan. Fangio et Farina se partageant tous les deux 3 victoires, ce dernier s’empara du titre grâce à un nombre d’abandon inférieur, Fangio ayant abandonné toutes les courses qu’il n’a pas gagné !

« C’est comme si j’avais tué ma mère ! »

L’année suivante, Alfa Romeo fait évoluer sa monture avec la Tipo 159 dont le 8 cylindres compressé développe désormais 425 chevaux. Fangio va décrocher trois victoires ainsi que le titre mondial de 1951 mais Alfa Romeo voit l’émergence de l’écurie de son ancien employé : Ferrari. Avec trois victoires également et une seconde place au classement général, Alberto Ascari a fortement menacé l’hégémonie de la marque au trèfle. Cela fera dire au grand Enzo Ferrari : « C’est comme si j’avais tué ma mère ! »

Alfa Romeo en Formule 1 : Tipo 159

Un intermède pour Alfa Romeo en Formule 1 en tant que motoriste

Malgré deux premières saisons couronnées de succès, Alfa Romeo décide de se consacrer exclusivement aux modèles de route et va se retirer de la Formule 1. Mais dans les années 1960, Alfa Romeo fera son retour en tant que motoriste. Tout d’abord pour de petites écuries utilisant le 4 cylindres de la Giulietta de série, puis en utilisant un V8 dérivé de l’endurance dans la McLaren en 1970, à chaque fois sans grand succès.

Alfa Romeo en Formule 1 : Brabham BT45 Alfa Romeo

Il faut attendre 1976 pour qu’Alfa Romeo débute une collaboration avec Brabham pour la fourniture gratuite de son Flat-12 issu de la barquette Tipo 33, redoutable en endurance. Plus puissant que le V8 Cosworth équipant la majorité du plateau, il est toutefois plus lourd et plus gourmand en carburant. Grâce au travail de l’ingénieur Gordon Murray sur le châssis de la Brabham, cette dernière va récolter plusieurs podiums lors de la saison 1977.

Mais c’est en 1978 que va apparaître la F1 la plus extrême de l’histoire avec la Brabham-Alfa Romeo BT46B Fan Car équipé d’un incroyable aspirateur créant une déportance négative importante et permettant à la voiture de gagner facilement sa seule et unique course en Suède avec Niki Lauda. Las, les autorités banniront immédiatement ce système d’aspirateur jugé comme illégal. Si Lauda gagnera également à Monza lors de cette saison 1978, la monoplace n’est pas suffisamment performante pour prétendre au titre. L’arrivée d’un nouveau V12 pour la saison 1979, peu fiable et trop gourmand, scellera la fin de la collaboration entre Brabham et Alfa Romeo.

Alfa Romeo en Formule 1 : l’aspirateur de la Brabham BT46B, trop performant, sera interdit après la course en Suède

Retour à part entière d’Alfa Romeo en Formule 1

Alfa Romeo, par l’intermédiaire de son ingénieur Carlo Chiti travaillait depuis quelques années sur un retour en tant qu’écurie. C’est donc en 1980 que la marque refait son apparition comme équipe. Equipée du V12, ses débuts sont prometteurs et Giacomelli obtient la pole position lors du dernier Grand Prix aux Etats-Unis. Après avoir mené toute la course, l’Italien devra malheureusement abandonner sur problème électrique.

La suite sera plus compliquée, malgré le recrutement de Mario Andretti, et Alfa Romeo devra se contenter de quelques podiums, sans jamais avoir une monoplace réellement compétitive. Même l’adoption V8 turbo à partir de 1982 ne parviendra pas à la rendre plus performante vis-à-vis de la concurrence.

En 1985, la marque arrête les frais en F1 et continue de fournir ses moteurs à l’écurie Osella jusqu’en 1988 (année où la marque demande de faire rebadgé le moteur « Osella » pour éviter la mauvaise publicité). Une collaboration avec Ligier fut possible en 1987 mais Alfa Romeo se retira au dernier moment suite aux critiques de René Arnoux sur les faibles performances du nouveau 4 cylindres turbo.

Alfa Romeo en Formule 1 : le partenariat avec Sauber, une bonne idée ?

Le partenariat, qui comprend une coopération stratégique, commerciale et technologique entre Alfa Romeo et l’équipe Sauber F1, va permettre l’échange de savoir-faire d’ingénierie et de technologie, et offrir de nouvelles opportunités pour les deux organisations en Formule 1 et au-delà.

C’est ce que publiait le communiqué du service presse Alfa Romeo concernant le partenariat avec l’écurie Sauber pour l’année 2018. Si l’on peut se réjouir du retour d’une grande marque comme Alfa Romeo en Formule 1, cela laisse toutefois quelques interrogations.

On sait que le partenariat est davantage entre Ferrari et Sauber et qu’Alfa Romeo ne fait qu’apposer son nom. Le moteur sera le Ferrari 2018 identique à celui équipant l’écurie au cheval cabré ainsi que Haas (même si l’on peut douter que la cartographie soit la même).

On a également l’exemple récent du moteur Renault rebadgé Tag Heuer chez Red Bull suite aux critiques de la marque autrichienne concernant le moteur français. Ce nouveau nom ne rend dupe personne et le motoriste français continue d’être critiqué en cas de mauvaise fiabilité.

Alfa Romeo en Formule 1 : partenariat avec Sauber F1

Si le partenariat est clairement bénéfique à Sauber qui devient une sorte de « junior team » de Ferrari en plaçant ses pilotes, son moteur et certains éléments tels que le train arrière, qu’en est-il de la renommée pour Alfa Romeo ? Nous nous posons en effet la question puisque, tout d’abord, une écurie comme Sauber est vouée à jouer au mieux le milieu de tableau. Et en cas de succès, les retombées seront avant tout l’apanage de Ferrari, et non Alfa Romeo. Malgré ces interrogations, on ne peut toutefois qu’être heureux de ce partenariat qui amènera peut-être, on l’espère, une collaboration plus forte de la marque à l’avenir.

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