Après la pause estivale, Lewis Hamilton a conclu en beauté ce GP de Belgique pour s’adjuger sa 58ème victoire en carrière et revenir sur un Sebastian Vettel qui peut être satisfait de son week-end. Déjà élevée, la tension atteint un nouveau sommet chez Force India entre Esteban Ocon et Sergio Perez, les deux pilotes s’étant accrochés deux fois en course ! Retour sur ce week-end disputé sur le plus beau circuit du monde.

GP de Belgique, la course vue du ciel (Red Bull)

Ferrari ayant officialisé la prolongation de Vettel et Raïkkonen, ce dernier en a profité pour s’afficher dès les essais libres en s’adjugeant le meilleur temps de la 1ère et de la 3ème séance. Seule séance perturbée par la pluie, Hamilton s’est emparé du meilleur chrono lors de la 2ème session d’un week-end qui sera, une fois n’est pas coutume, disputé sous un beau soleil.

Qualifications du GP de Belgique : Lewis Hamilton, le Baron Gris ?

Résultat des qualifcations du GP de Belgique (FIA)

68, c’est le nombre de poles positions d’un Lewis Hamilton qui, non content d’avoir égalé Ayrton Senna au Grand Prix du Canada, égale désormais la référence absolue du fameux Baron Rouge : Michael Schumacher ! Pour cela, le pilote anglais a dû sortir un tour parfait lui permettant de battre le record du tracé (remanié en 2006/2007) de 2 secondes ! D’autant que Vettel a lui aussi réalisé un très beau tour à seulement 2 dixièmes d’Hamilton. Chronos un peu plus décevant pour Bottas et Raïkkonen. De son côté, Verstappen confirme qu’il prend le dessus sur Ricciardo dans les séances qualificatives avec une demi-seconde d’avance. Belle performance des Renault, 7ème et 10ème malgré un problème pour Palmer en Q3

GP de Belgique : la course en détail à Spa-Francorchamps

GP de Belgique, départ de la course (Pirelli)

Dès le départ, Hamilton s’envole parfaitement et garde la tête au premier virage à l’épingle de la source qui se passe sans encombre. Vettel, malgré un départ moyen, conserve sa seconde place devant Bottas et Raïkkonen. Derrière, c’est Alonso qui a fait un super départ et qui se retrouve 7ème, derrière les deux Red Bull. Dans la descente avant le Raidillon de l’Eau Rouge, premier incident entre les Force India : Perez, au milieu d’Hülkenberg et Ocon choisit de se décaler vers son équipier pour l’empêcher de dépasser. La touchette est impressionnante mais les deux voitures sont intactes et c’est Ocon qui prend l’avantage sur Perez.

Plus loin, dans le 3ème virage, Vettel prend l’aspiration d’Hamilton et tente de dépasser à l’extérieur mais le pilote Mercedes protège parfaitement sa position. Alors qu’Alonso se fait doubler une première fois par Hülkenberg à la fin du premier tour, le top 10 est le suivant : Hamilton, Vettel, Bottas, Raïkkonen, Verstappen, Ricciardo, Hülkenberg, Alonso, Ocon et Magnussen. Alonso récupère son bien dans le 2ème tour au virage des Combes mais se fait à nouveau dépasser à cet endroit dans le tour suivant par le pilote Renault. Au même moment, c’est déjà l’abandon pour la Sauber de Wehrlein.

La galère en ligne droite continue pour Alonso au 4ème tour qui se fait dépasser par Ocon puis par Perez au 5ème tour, il se retrouve 10ème devant Grosjean et Magnussen. Grosjean grappillera la place d’Alonso au tour suivant. L’ingénieur du pilote McLaren donnera l’écart à la radio avec son poursuivant (Magnussen)… La réaction de l’Espagnol, dépité, sera cinglante : « Je m’en fiche complètement, on est ici pour faire des essais ! »

Au 8ème tour, nouvelle désillusion pour Verstappen qui doit abandonner pour un problème moteur. C’est déjà son 6ème abandon de la saison, les nombreux fans du Hollandais volant sont évidemment très déçus ! A l’entame de la 10ème boucle du GP de Belgique, Hamilton mène devant Vettel mais ne creuse pas l’écart. Bottas est 3ème devant Raïkkonen et Ricciardo. Le reste du top 10 est complété par Hülkenberg, Ocon, Perez, Alonso et Grosjean. Magnussen, en difficulté avec ses pneus, est le premier à rentrer aux stands pour changer ses pneus. Au tour suivant, les Français Ocon et Grosjean ainsi qu’Alonso s’arrêtent à leur tour. Les Ultra Tendres sont délaissés pour des Super Tendres pour Ocon tandis que Grosjean a chaussé des Tendres. C’est ensuite le tour d’Hülkenberg et de Massa, qui s’arrêtent également pour mettre des pneus Tendres.

Les leaders restent en piste, notamment Vettel qui a réussi à économiser ses pneus. A la fin du 12ème tour, Hamilton s’arrête aux stands et repart en pneus Tendres. A ce moment, Raïkkonen est placé sous enquête des commissaires pour ne pas avoir ralenti sous régime de drapeau jaune suite à l’immobilisation de la monoplace de Verstappen dans la ligne droite de Kemmel. Au tour suivant, Bottas emboîte le pas de son équipier et rentre aux stands. Vettel et Raïkkonen ne se sont pas encore arrêtés et mènent la course. Derrière, Perez effectue une superbe manœuvre en doublant Kvyat et Grosjean (qui lui-même doublait Kvyat !). Le mexicain de Force India aura du mal à freiner et coupera le virage des Combes, sans rendre sa position ! La fin du 14ème tour voit Vettel s’arrêter à son tour (comme Ricciardo), il repart assez loin derrière Hamilton qui a bénéficié des gommes neuves pour accroître son avance. Raïkkonen va tenter de résister à l’anglais mais celui-ci sera bien trop rapide et va reprendre la tête de la course. Un tour plus tard, c’est Raïkkonen qui conclut à son tour la salve des arrêts aux stands des leaders.

La direction de course choisit de sanctionner le pilote finlandais d’un stop-and-go de 10 secondes pour ne pas avoir ralenti sous drapeau jaune ! La sanction paraît sévère étant donné que la Red Bull de Verstappen était garée en sécurité sur le côté de la piste ! Alonso continue de s’énerver à la radio en demandant à son ingénieur d’arrêter les conversations. De son côté, Vettel profite de ses pneus neufs et de son gros rythme pour revenir comme une balle dans les échappements d’Hamilton. Son écart descend alors sous la seconde entre les deux pilotes. Au 18ème tour et après la pénalité de Raïkkonen, le top 10 est le suivant : Hamilton, Vettel, Bottas, Ricciardo, Hulkenberg, Ocon, Raïkkonen, Perez, Sainz et Grosjean. A noter que Sainz ne s’est toujours par arrêté. Pour avoir coupé le virage lors de son dépassement, Perez est pénalisé de 5 secondes d’arrêt lors de son prochain ravitaillement. A l’inverse de Raïkkonen, la sanction parait faible étant donné l’avantage que le pilote Force India a obtenu grâce à ce dépassement incorrect.

Au 20ème tour, Hamilton mène avec 1,2 secondes d’avance devant Vettel qui semble gérer son écart mais sans pour autant attaquer le pilote Mercedes. Il dispose lui-même de près de 6 secondes d’avance sur Bottas. Raïkkonen remonte à la 5ème place en doublant successivement Ocon et Hulkenberg tandis que Bottas signe le meilleur temps au cap de la mi-course.

GP de Belgique, Raidillon de l’Eau Rouge (FIA)

Au 26ème tour, Perez entame la seconde salve de changement de pneus en purgeant sa pénalité alors qu’Alonso, au ralenti, abandonne pour un « problème moteur ». Les conversations radios indiquant que le pilote espagnol aurait demandé à son ingénieur s’il allait pleuvoir juste auparavant… 2 tours plus tard, c’est Ocon qui s’arrête et ressort juste devant son équipier Perez, très rapide avec ses pneus neufs. Au virage des combes, le mexicain double le français grâce au DRS, non sans donner un petit coup de volant envers son équipier.

Le tour suivant, c’est l’apothéose pour la lutte entre ces deux pilotes ! Ocon décroise Perez à la sortie de la source et tente de passer avant le raidillon de l’eau rouge. Comme au premier tour, Perez va tasser Ocon qui va casser son aileron avant sur le pneu arrière du mexicain ! Les débris sur la piste engendrent alors l’apparition de la safety car ce qui va inciter l’ensemble des pilotes à rentrer aux stands pour effectuer leur 2ème et dernier arrêt. Le restart a lieu au 34ème tour avec un bon envol pour Hamilton qui conserve sa position malgré l’attaque par l’extérieur de Vettel. Bottas est le grand perdant de l’opération car il se fait passer par Ricciardo ainsi que Raïkkonen.

GP de Belgique, Hamilton sur la plus haute marche du podium (FIA)

A 8 tours du but, Hamilton est toujours en tête devant Vettel et Ricciardo. Raïkkonen est 4ème devant Bottas et Hulkenberg tandis que le reste du top 10 est complété par Grosjean, Massa, Ocon ainsi que Sainz. L’écart entre les leaders est toujours compris entre 1 et 2 secondes, Vettel semble pouvoir aller plus vite mais est incapable d’attaquer le pilote Mercedes. La fin de course est calme, seulement marquée par la décision de l’écurie Force India de faire abandonner Perez suite à son accrochage avec son équipier. Hamilton remporte la course en ayant parfaitement géré devant Vettel. Ricciardo prend la 3ème marche du podium devant Raïkkonen et Bottas. Hulkenberg est lui 6ème devant Grosjean et Massa. Ocon est 9ème devant Sainz qui prend le dernier point disponible.

Retour sur les faits marquants du GP de Belgique

Si Mercedes et Hamilton ont gagné sur la piste, Ferrari doit néanmoins être très heureuse. En effet, sur un circuit rapide et pour la première fois de la saison, la Scuderia a affiché un rythme très proche des flèches d’argent en qualification et Vettel paraissait en mesure de pouvoir rouler plus vite qu’Hamilton en conditions de course. Si l’on savait les Ferrari à leur avantage sur les circuits plus lents, on ne les imaginait pas avoir progressé autant sur les circuits rapides. Mercedes devrait malgré tout être favorisée à Monza suite à la diminution de la consommation d’huile autorisée. Si la limite était encore de 1,2 litres/100km maximum jusqu’à Spa-Francorchamps, cette limite va être abaissée à 0,9 litres/100km à Monza pour tous les nouveaux moteurs. Or, Mercedes a monté un moteur neuf dans chaque monoplace à Spa afin de pouvoir conserver la limite haute le plus longtemps possible. Le problème est que les équipes s’étaient mise d’accord pour ne pas monter de nouveaux moteurs afin de respecter la réglementation plus rapidement. Autant dire que les principaux concurrents n’ont pas apprécié la nouvelle car il faut savoir que certaines équipes utilisent le surplus d’huile comme combustion pour apporter un surplus de puissance sur une courte de durée. C’est sûrement cet artifice que l’on surnomme le « bouton magique » permettant de gagner environ 2 dixièmes de seconde par tour en Q3.

Malgré un podium pour Ricciardo, c’est un peu la soupe à la grimace du côté de chez Red Bull. Le châssis et le moteur progressent mais pas assez pour rattraper leurs principaux rivaux. Les problèmes de fiabilité plombent également l’écurie et notamment Verstappen qui en est déjà à son 6ème abandon de la saison.

La bonne surprise provient de Renault qui confirme ses gros progrès. Sur un tracé ne favorisant pas son moteur face aux concurrents comme Force India ou Williams, équipés de puissants blocs propulseurs Mercedes, la firme au losange a démontré à nouveau que son châssis était devenu très efficace avec de gros points pour Hülkenberg et un bon rythme en qualification pour Palmer. Ainsi, Renault s’affirme désormais comme la 4ème force du plateau.

GP de Belgique, tensions maximales chez Force India (Pirelli)

Du côté de chez Force India, les tensions sont maximales entre les deux pilotes ! Cette fois, Perez est clairement mis en cause dans les deux accrochages et semble montrer de grosses limites mentales. Ocon reste légèrement en retrait en termes de vitesse pure mais fait perdre ses nerfs à son équipier (pourtant expérimenté). Ce sont évidemment encore de gros points qui sont perdus ce week-end, l’écurie ayant menacé de suspendre ses pilotes en cas de récidive et n’hésitera plus à appliqué des consignes ! Néanmoins, Force India est obligée de prendre des pincettes en raison de la valise de dollars apporté par les sponsors  de Perez ainsi que du soutien de Mercedes pour Ocon, qui fournit ses moteurs à l’écurie de Vijay Mallya.

Williams a une nouvelle fois étonné avec un rythme en qualification très faible, ses deux pilotes ne parvenant pas à se qualifier en Q2, avec pourtant un moteur Mercedes « usine » ! Massa a toutefois réussi une belle course pour aller grappiller des points.

La satisfaction était de mise chez Haas : malgré des difficultés à trouver le bon équilibre de sa monoplace, Grosjean a profité des faits de course pour s’octroyer une belle 7ème place.

Nouvelle désillusion dans le camp McLaren. La nouvelle spécification du moteur Honda n’a pas apporté les gains espérés en vitesse mais ne s’est à nouveau pas révélé très fiable. Alonso a une nouvelle fois abandonné. On peut cependant douter de la bonne foi du pilote espagnol… En effet, l’inspection de Honda sur le moteur n’a détecté aucune anomalie et Alonso a paru très énervé durant la course. Le double champion du monde s’est agacé de la situation et ne croit plus en Honda. Restera-t-il chez McLaren ? McLaren souhaiterait-elle garder un pilote difficilement gérable ? Nul doute que le nom du prochain moteur de l’écurie de Woking aura une importance capitale dans ce choix.

Enfin, Toro Rosso et Sauber ont passé un week-end assez quelconque. Sainz réussit à décrocher un point pour la petite Scuderia mais la monoplace n’a pas paru en grande forme sur un circuit ne lui convenant pas assez. Chez Sauber, le manque de performance du châssis ainsi que l’obsolescence du moteur Ferrari de 2016 vont rendre la fin de saison longue dans l’écurie suisse.

Au championnat, c’est toujours très serré entre Vettel et Hamilton ! Vettel conserve la tête mais ne compte plus que 7 points d’avance. Bottas, 3ème, commence à marquer le coup avec 41 points de retard sur le leader du championnat. Chez les constructeurs, Mercedes est toujours devant Ferrari tandis que Renault, s’ils restent 8ème, réduisent l’écart à seulement 11 points avec le 5ème du championnat, Williams.

Le monde de la F1 n’aura pas le temps de souffler car elle s’installe en terre italienne dès ce week-end du 1er au 3 septembre au temple de la vitesse : Monza !