Devancé pour la première fois de l’année par Hamilton pour 3 petits points, Vettel compte prendre sa revanche sur le tracé urbain du GP de Singapour, circuit lui ayant souri à de nombreuses reprises par le passé, en espérant briser l’hégémonie Mercedes des deux derniers grand prix. Découvrez avec nous ce grand prix un peu particulier.

GP de Singapour en 2016, course nocturne spectaculaire au cœur de la ville (crédits : Pirelli)

GP de Singapour : circuit urbain et course nocturne à Marina Bay

GP de Singapour, départ de la course en 2016 (crédits : Pirelli)

Depuis 2008, la ville-état de Singapour accueille le GP de Singapour à Marina Bay, le centre historique de la cité. Premier Grand Prix de l’histoire de la Formule 1 à se courir de nuit, il donne un effet impressionnant aux monoplaces illuminées par l’important éclairage tout autour du circuit. D’une longueur de 5,073km, le tracé urbain de Singapour est relativement lent et composé de nombreux virages pour la plupart à angle droit. La vitesse maximum est assez faible puisque ne dépassant que rarement les 300km/h avec l’aide du DRS. Exigeant pour les freins, ce circuit nécessite de l’agilité dans les nombreux changements d’appui ainsi qu’une excellente motricité sur un asphalte de ville assez glissant.

En revanche, le moteur est peu sollicité puisqu’utilisé à pleine charge sur seulement 50% du tour. Ainsi, la fiabilité ainsi que la récupération d’énergie au freinage ne posent pas trop de problèmes, bien que la chaleur soit peu appréciée des mécaniques. Avec 61 tours et une distance totale de 309,316 km, c’est la plus longue course de l’année et il n’est pas impossible qu’elle soit arrêtée au bout des 2 heures maximum réglementaires. En cause, une vitesse moyenne faible ainsi qu’une probabilité importante de sortie de la voiture de sécurité due aux nombreux accrochages. En neuf éditions, celle-ci est toujours apparue au moins une fois !

Si la nuit ne pose pas de problème aux pilotes grâce à une luminosité très élevée de l’éclairage, c’est pourtant un des circuits les plus exigeants physiquement à cause de sa longueur, de la chaleur extérieure et du taux d’humidité atteignant 70%. Les pilotes sortent extenués de cette course et un bon entraînement est nécessaire afin de tenir la distance. Singapour a la particularité de n’avoir été remporté que par des champions du monde, Vettel étant le spécialiste avec 4 victoires (2011, 2012, 2013 et 2015). Et du côté de la météo, pas de surprise à prévoir : la course se déroulera sur le sec avec des températures de l’ordre de 30°.

GP de Singapour 2017, dotation pneumatique Pirelli

Du point de vue pneumatique, Pirelli a choisi ses pneus les plus tendres avec les Ultra Tendres, les Super Tendres et les Tendres. Comme de coutume cette saison, les Ultra Tendres et les Super Tendres vont être privilégié sur ce tracé assez peu abrasif. Toutefois, les années précédentes se sont toujours déroulées avec au moins deux arrêts, la dégradation n’étant pas négligeable. Si la stratégie à un seul arrêt est une constante cette saison en raison du conservatisme de Pirelli, une course à deux arrêts n’est pas à exclure, surtout avec la sortie de la safety car. Le record du tour fut réalisé l’an dernier en qualifications par Nico Rosberg en 1 min 42 s 584 (qui fut également le vainqueur du GP de Singapour). Nul doute que ce record soit battu cette année avec la forte hausse de performance des F1.

GP de Singapour : retour sur le crashgate de 2008

Impossible de présenter le grand prix de Singapour sans évoquer ce qui est l’un des plus gros scandales de l’histoire de la Fomule 1 : le Crashgate (ou Singapore-gate)… Flashback en 2008, pour la 1ère édition du GP de Singapour !

Le « crash » de Nelson Piquet Jr en 2008

La saison de Renault et Alonso est assez terne avec une monoplace qui n’est pas au niveau escompté. Son équipier, Piquet Jr, ne bénéficiant pas non plus de résultat probant, la menace d’un retrait de l’écurie par la maison-mère n’était pas à négliger. Le patron de l’écurie Renault, Flavio Briatore et son directeur technique, Pat Symonds ont donc mis en place un plan pour profiter des safety car sur ce circuit urbain. Parti seulement 15ème, Alonso partait peu chargé en essence afin de prendre un bon départ grâce au poids plus faible et ravitailler plus tôt que le reste du peloton. Son équipier Piquet Jr, parti 16ème, devait taper le mur juste après l’arrêt d’Alonso pour provoquer la sortie de la safety car et forcer l’ensemble des concurrents à procéder à leur ravitaillement.

Felipe Massa repart avec le tuyau accroché

Les concurrents furent forcés de ralentir avec l’intervention de la voiture de sécurité, ce qui a permis à Alonso de gagner beaucoup de places grâce à ce subterfuge ! Dans le même temps, les ravitaillements furent chaotique, notamment pour Massa qui a arraché le tuyau d’essence ! Après l’arrêt de tous ses concurrents (certains s’étant arrêtés plus tardivement), le pilote espagnol se retrouva en tête du grand prix et ne quitta pas son leadership jusqu’au drapeau à damier.

Problème pour le management de l’écurie Renault, Piquet Jr fut remercié en 2009 en raison de ses piètres résultats et décida de se venger en dévoilant dans la presse brésilienne la supercherie. Les sponsors quittèrent sur le champ l’écurie française qui annonça son retrait pour la fin de l’année 2010… Une bien triste fin pour une écurie qui a pu renaître de ses cendres en 2016.

GP de Singapour : Mercedes en difficulté cette année ?

GP de Singapour, Nico Rosberg vianqueur en 2016

C’est Toto Wolff, le directeur de l’écurie Mercedes lui-même qui l’affirme : Mercedes sera en difficulté ce week-end et risque d’être devancé par Ferrari et Red Bull. En cause, une histoire récente compliquée pour les Flèches d’Argent sur ce tracé et une monoplace 2017 peu adaptée aux virages serrés. S’il y a du vrai, puisque la monoplace Mercedes est défavorisée sur les pistes lentes, toujours à cause de son empattement très long (comme à Monaco et en Hongrie cette année), il est toutefois exagéré d’affirmer que Singapour a toujours été compliqué pour eux. Certes l’édition 2015 a vu une Mercedes fantomatique, incapable de faire fonctionner ses pneus, les éditions 2014 et 2016 ont été respectivement remportées par Hamilton et Rosberg.

Et même si l’écart lors de ces deux victoires était moindre par rapport aux autres courses, il est important de noter que Mercedes a gagné deux des trois éditions de l’ère hybride. Malgré tout, Ferrari fait figure de favori sur le circuit de Marina Bay, les enchaînements de virages lents ainsi que la faible vitesse de pointe devraient parfaitement convenir à la SF70H. Surtout, ce GP de Singapour sera capital pour la Scuderia : une contre-performance de Vettel condamnerait presque tout espoir pour Ferrari de jouer le titre, les derniers grands prix de la saison n’étant pas, a priori, en défaveur de Mercedes.

Du côté de Red Bull, si Toto Wolff affirme qu’ils seront devant Mercedes, il est permis d’en douter. En effet, on peut croire que la Red Bull peut profiter de son châssis sur un circuit lent et ne pas être pénalisé par le relatif manque de puissance du moteur Renault. Or, la tendance cette année infirme cette croyance. Il semble que la Red Bull soit née avec une aérodynamique assez « simpliste » qui lui procure un déficit d’appui en virage. Les différentes évolutions au cours de la saison ont permis de résoudre le problème mais sans pour autant atteindre le niveau de Mercedes et Ferrari. Toutefois, l’avantage de cette conception est une traînée aéro assez faible favorisant la vitesse en ligne droite. C’est pourquoi la monoplace n’a pas été en grande forme à Monaco ou en Hongrie mais fut étonnamment performante lors du dernier Grand Prix d’Italie sur le circuit de Monza.

Chez Williams et Force India, deux écuries équipées du puissant moteur Mercedes et ayant glané d’intéressants points en Italie, le week-end s’annonce un peu plus difficile. L’enjeu pour Ocon étant de battre à nouveau son équipier Perez afin de s’affirmer.

McLaren, dont l’annonce attendue du prochain partenariat avec Renault est imminente, espère marquer de gros points. Les deux pilotes ne devraient pas être pénalisés sur la grille, notamment Vandoorne qui a eu un problème de MGU-K à Monza. Fort heureusement pour le Belge, cet élément a pu être réparé.

Renault aura également à cœur de montrer les progrès de son châssis visibles à Silverstone et à Spa-Francorchamps. Hülkenberg devrait endosser le rôle de « meilleur des autres » derrière Mercedes, Ferrari et Red Bull tandis que Palmer suscite de grosses interrogations. Peu performant depuis le début de la saison, sur la sellette pour l’an prochain voire la fin de saison si Sainz est disponible, il est curieux de voir si l’anglais va se transcender ou au contraire s’effondrer.

Enfin, Toro Rosso et Haas auront également la possibilité d’obtenir un bon résultat s’ils trouvent les bons réglages et si Sainz n’est pas perturbé par son probable futur transfert chez Renault. Chez Sauber, comme à chaque course, le week-end risque à nouveau d’être compliqué en raison du manque de performance du châssis et du moteur.

Les essais libres débuteront dès ce vendredi 15 septembre à 10h30 heure française pour la 1ère séance et 15h pour la seconde. Le samedi 16 septembre verra la dernière séance d’essai à 12h tandis que les qualifications débuterons à 15h. Enfin, rendez-vous dimanche 16 septembre à 14h pour suivre le GP de Singapour afin de savoir qui de Hamilton ou de Vettel prendra la tête du championnat !