Pour ce Grand Prix d’Abu Dhabi les seuls enjeux se cantonnent au classement de la seconde partie du tableau des pilotes. Mais nul doute que les pilotes Mercedes, Ferrari et Red Bull voudront clore de la plus belle des manières cette saison 2017 afin de préparer au mieux l’année 2018. Découvrez avec nous cette course disputée sur l’Île de Yas.

Grand Prix d’Abu Dhabi, 2016, course F1 sur le circuit de Yas Marina

L’histoire d’Abu Dhabi avec la Formule 1 est assez récente puisque les monstres de carbone n’y ont posé leurs gommes qu’à partir de l’année 2009. Comme tous les grands prix exotiques, ce sont des considérations avant tout financières qui ont contribué à l’organisation de ce Grand Prix d’Abu Dhabi, les états européen ayant de plus en plus de réticences à subventionner les courses.

Grand Prix d’Abu Dhabi, circuit Yas Marina

Dessiné comme à l’accoutumée par Hermann Tilke, le circuit de Yas Marina se court dans le sens anti-horaire et est composé d’une première partie avec des virages rapides. Le second secteur comporte deux très longues lignes droites suivies de gros freinages où il est possible de dépasser. Enfin, le dernier secteur est un enchaînement de virages lents à 90° peu exaltant pour les pilotes. A ce sujet, Kimi Raikkonen ne manquera pas de critiquer la dernière partie du circuit de manière assez « virulente ».

Très complet, le circuit de Yas Marina exige beaucoup de qualités pour la monoplace. Il faut de l’appui aérodynamique pour le premier secteur, de la puissance moteur et de la motricité pour le second secteur et du grip mécanique pour la dernière partie. Il est donc parfois difficile de faire un bon compromis. Un réglage à fort appui aéro pourra être favorable pour un tour chronométré mais préjudiciable en course pour les dépassements.

Grand Prix d’Abu Dhabi, vue aérienne du circuit

S’il est techniquement intéressant, on regrette clairement le manque de caractère de ce tracé, notamment à cause des dégagements asphaltés vivement contestés par certains fans qui n’hésitent pas à dire de lui qu’il a été « créé sur un parking de supermarché ». Pourtant, le cadre est paradisiaque avec ses constructions ultramoderne ayant nécessité un investissement de plus d’un milliard d’euros.

Le circuit de Yas Marina en image, théâtre du Grand Prix d’Abu Dhabi

De plus, la course a la particularité d’être la première à se dérouler sous le coucher du soleil. Ainsi, il fait jour au départ et la nuit tombe au fur et à mesure, laissant place à un éclairage artificiel très puissant. Au-delà de l’aspect esthétique, cela permet également un horaire de diffusion identique à celui des grands prix européens, où se situe la base de fans la plus importante.

Le record du tour a été réalisé l’an dernier par Lewis Hamilton avec un temps de 1’38.755. Avec la hausse d’appuis aérodynamiques et pneumatiques de cette saison, il fait peu de doute que cette marque ne soit pas battue.

Le Grand Prix d’Abu Dhabi du point de vue pneumatique

Grand Prix d’Abu Dhabi par Pirelli

La pluie ne s’est jamais invitée au Grand Prix d’Abu Dhabi et il y a peu de chances pour que ce soit pour cette année où le soleil devrait être présent tout le weekend. Pirelli a choisi d’apporter ses trois pneumatiques les plus tendres avec les Ultra Tendres, les Super Tendres et les Tendres. Mais comme le tracé de Yas Marina est lisse et peu abrasif et comme les composés Pirelli de 2017 sont très (trop ?) conservateur, la course risque à nouveau de se jouer avec un seul arrêt. Seule une safety car pourrait inciter les pilotes à observer un second arrêt.

Il s’en est passé des choses au Grand Prix d’Abu Dhabi par le passé…

Si les pilotes sont généralement peu enthousiastes à rouler sur le circuit de Yas Marina, les spectateurs ont pu y voir régulièrement de belles courses, notamment grâce à un positionnement en fin de saison.

Grand Prix d’Abu Dhabi, 2010, départ de la course

L’édition la plus marquante est sûrement celle de 2010 où Alonso s’y rendit en leader du championnat devant Webber puis Vettel. Mais aux qualifications, c’est Vettel qui est en pole, Alonso est 3ème quand Webber se contente de la 5ème place. Cette mauvaise qualification du pilote Red Bull mettra fin aux espoirs de 3ème titre du Taureau des Asturies. En effet, lors de la course, Vettel ne se préoccupe de personne et s’envole seul devant. Mais derrière, Webber va créer la panique dans le clan Ferrari en anticipant son arrêt très tôt dans la course pour chausser les pneus durs. Pour éviter de se faire doubler par Webber, Ferrari va tomber dans le piège et calquer la stratégie d’Alonso sur celle de son dauphin au classement.

Sauf qu’en 2010, le DRS n’existe pas encore et Alonso va se retrouver bloqué derrière la Renault de Petrov (qui avait changé ses pneus dès le premier tour suite à une safety car), même s’il a réussi à conserver l’avantage sur Webber. La course sera terrible pour le pilote Ferrari qui sera incapable de doubler la Renault et va voir ses rêves de titres s’étioler au fil des tours.

Au final, Alonso, 7ème, et Webber, 8ème, verront un jeune Allemand remporter le premier de ses quatre titres de champion du monde au terme d’une course haletante !

Grand Prix d’Abu Dhabi, 2010, Alonso et Webber bloqués derrière Petrov

L’année dernière, c’est Nico Rosberg qui avait marqué l’histoire de la Formule 1 en remportant le titre de champion du monde. Ce dernier devait monter sur le podium pour remporter ce titre, et ce fut chose faite avec la seconde marche du podium, derrière son coéquipier Lewis Hamilton.

Grand Prix d’Abu Dhabi 2016 : Nico Rosberg champion du monde de Formule 1

Revue des forces en présence pour ce Grand Prix d’Abu Dhabi

Au vu du Grand Prix du Brésil, on est en droit de penser que Hamilton sera le grand favori pour la dernière course de la saison. En effet, avec un moteur n’ayant qu’une course et dont la cartographie moteur permettra une puissance maximale, le Britannique devrait avoir un net avantage sur la concurrence. Toutefois, il faudra que la Mercedes réussisse à négocier le dernier secteur, où elle sera défavorisée par son empattement long.

Ferrari voudra finir en beauté après une campagne asiatique très frustrante ayant vu les espoirs de titres de Vettel partir en fumée après Singapour et Suzuka. La monoplace fonctionne bien en cette fin de saison et il faut espérer que les ingénieurs prendront des risques côté moteur afin de donner tout ce que le V6 Turbo hybride italien a dans le ventre et ainsi rivaliser avec Mercedes.

La donne est identique chez Red Bull. Après une course décevante au Brésil due au manque de puissance d’un moteur mis en mode « sécurité », il faut que Renault prenne des risques comme au Mexique afin de permettre à l’écurie autrichienne d’espérer glaner la victoire.

Après tout, c’est la dernière course de la saison, il n’y a plus besoin d’économiser les moteurs. De plus, sécuriser une 4ème ou une 5ème place n’a que peu d’intérêt pour une écurie quadruple championne du monde.

Du côté de chez Force India, l’enjeu se situe uniquement du côté des pilotes car l’écurie est certaine de finir à la 4ème place du classement des constructeurs. Ainsi, Ocon voudra oublier le Grand Prix du Brésil où il a enregistré son seul abandon en F1. Mais que ce soit pour Perez ou Ocon, dominer son équipier sur la dernière course pourra donner un certain ascendant moral avant d’affronter la prochaine saison.

Chez Williams, la confirmation du revenant Kubica pour l’année prochaine est très attendue. En attendant, Massa aura à cœur de bien finir sa carrière, lui qui aurait sûrement mérité une année de plus au vu de son rythme supérieur à son équipier sur toute la saison.

L’enjeu se situe surtout au milieu du tableau où Toro Rosso, Renault et Haas se tiennent en 6 points pour le gain de la 6ème place du classement des constructeurs. Alors qu’on estime qu’une place de gagnée équivaut à une prime d’environ 10 millions de dollars, on comprend pourquoi ces 3 écuries vont se livrer une bataille acharnée pour les points. Il est difficile d’établir un pronostic tant ces écuries ont été irrégulières tout au long de la saison. Mais avec un duo de pilote composé d’Hülkenberg et de Sainz, Renault part en favorite, à condition d’en avoir fini avec les problèmes de fiabilité.

Ce week-end verra également la fin du calvaire pour McLaren puisque l’écurie anglaise disputera son dernier grand prix avec un moteur Honda. Toutefois, si Honda décide de « lâcher les chevaux » quitte à perdre en fiabilité, les monoplaces de Woking pourraient jouer les points.

Les essais libres commencent dès ce vendredi 24 novembre à 10h pour la 1ère séance et 14h pour la seconde. La dernière séance d’essais se déroulera samedi 25 novembre à 11h et les qualifications seront à 14h. Enfin, rendez-vous ce dimanche 26 novembre à 14h pour suivre le dernier GP de la saison à Abu Dhabi !