Pourtant mal engagé à l’issue des qualifications, Hamilton a profité du grabuge pour réaliser une victoire pleine d’opportunisme au Grand Prix de Singapour. Revivez avec nous cette course chaotique pour la Scuderia Ferrari.

Grand Prix de Singapour, Hamilton fait des étincelles (crédits : Pirelli)

Tout avait pourtant si bien commencé pour Vettel et Ferrari ! Si Red Bull impressionnait à l’issue des 3 premières séances d’essais libres du Grand Prix de Singapour, c’est bien Vettel qui signait un tour d’anthologie en qualifications pour s’octroyer la pole position tout en explosant le record de 2016 d’environ 3 secondes. Une pointe de déception apparaissait dans le clan Red Bull qui espérait monopoliser la première ligne mais qui s’en sortait tout de même avec les 2èmes et 3èmes positions. En revanche, grosse déception le samedi chez Mercedes avec Hamilton seulement 5ème, mais également Bottas, seulement 6ème et à 7 dixièmes du meilleur temps de son équipier ! A noter la bonne séance pour Hülkenberg, 7ème ainsi que pour les McLaren qui prennent les 8ème et la 9ème places sur la grille de départ. En revanche, déception dans le clan français avec la 14ème place d’un Ocon fêtant ses 21 ans et une 15ème place pour Grosjean.

Si l’on s’attendait à un temps sec et si les différentes séances d’essais n’ont pas été perturbées  par la pluie, celle-ci s’est abattue tous les jours en début d’après-midi (les séances ayant lieu en fin de journée et le soir). La première conséquence fut une grande difficulté pour trouver les bons réglages, les temps au tour s’améliorant de 4 secondes entre le début de la dernière séance d’essais libres et la fin des qualifications.

Bis repetita pour le jour de course où la pluie a retardé la course de Porsche Cup, mais, à l’inverse du vendredi et du samedi, une grosse averse s’abat à 10 minutes du départ ! C’est la panique dans les équipes pour déterminer le choix de pneus ! Si les leaders choisissent de chausser les pneus intermédiaires pour le départ du Grand Prix de Singapour, Hülkenberg et les McLaren sont les seuls pilotes parmi les 10 premiers qui prennent le risque de s’élancer en gommes maxi-pluie.

Grand Prix de Singapour : fil de course

Départ mouvementé pour Ferrari au Grand Prix de Singapour (crédits : Pirelli)

Le départ du Grand Prix de Singapour est terrible pour Ferrari car Verstappen et Raïkkonen s’élancent mieux que Vettel. Pour se défendre, l’Allemand se décale vers la gauche mais son équipier ainsi que le pilote Red Bull n’ont aucune place pour passer, la collision est inévitable ! Raïkkonen touche Verstappen, lequel est poussé vers Vettel, qui parvient à continuer malgré ce contact. Raïkkonen arrive lancé dans le premier virage sans pouvoir contrôler sa voiture très endommagée. Il ne peut rien faire pour éviter le strike et vient à nouveau taper Raïkkonen ainsi qu’un Alonso qui avait pourtant pris un excellent départ avec ses pneus « full wet ».

Juste après, Vettel perd le contrôle de sa monoplace dont le ponton gauche et le fond plat sont abimés suite au choc. Il perd de l’huile et vient s’encastrer dans le mur ! Il détruit son museau en pleine ligne droite ! L’Allemand est obligé d’abandonner ! Immédiatement, la safety car fait son entrée en piste. Grand vainqueur de ce départ mouvementé, Hamilton se retrouve en tête. A la fin du premier tour, le top 10 est le suivant : Hamilton, Ricciardo, Hülkenberg, Perez, Bottas, Palmer, Vandoorne, Ocon, Sainz et Magnussen.

Les pilotes ayant pris le départ du Grand Prix de Singapour en pneus maxi-pluie ont clairement pris le meilleur sur ceux en intermédiaires. Mais la pluie s’est calmée et après 4 tours sous voiture de sécurité, la course est relancée. Hamilton effectue un restart parfait et creuse l’écart sur son poursuivant.

Alors qu’il avait pu continuer la course malgré le gros choc du premier virage, Alonso est contraint de jeter l’éponge au 9ème tour du Grand Prix de Singapour. Au tour suivant, l’écart en tête est déjà important puisque Lewis Hamilton possède 5 secondes d’avance sur Ricciardo et 15 sur Hülkenberg. Kvyat, tout comme son équipier Sainz, répond sèchement à son ingénieur en lui demandant de la tranquillité par le désormais traditionnel « leave me alone ! » pour son combat face à Magnussen.

Si le Russe parvient à dépasser le pilote Haas au 11ème tour, son impolitesse sera immédiatement « sanctionnée » puisque Kvyat viendra s’encastrer dans le mur juste après le dépassement. La safety car est à nouveau déployé et de nombreux pilotes, dont Ricciardo, Hulkenberg, Palmer, Vandoorne et Perez, s’arrêtent pour chausser des intermédiaires neufs. En revanche, pas d’arrêt pour Hamilton qui n’a pas voulu risquer de perdre des places. Le restart a lieu au 15ème tour du Grand Prix de Singapour et Hamilton prend une nouvelle fois un bon envol et ne se fait pas piéger. Malgré ses gommes plus usées, il arrive à creuser l’écart sur Ricciardo. A la fin du tour, le top 10 est le suivant : Hamilton, Ricciardo, Bottas, Sainz, Hülkenberg, Perez, Palmer, Stroll, Vandoorne et Massa qui est le seul à être resté en pneus maxi-pluie. Il est rapidement en difficulté avec des gommes inadaptées aux conditions de piste. Il s’arrêtera 3 tours plus tard pour chausser des intermédiaires mais ressort en 15ème et dernière position. Hamilton continue de piloter de manière admirable car il dispose de 3 secondes et demie d’avance au 20ème tour sur Ricciardo alors qu’il n’a pas changé de pneus.

A la fin du 24ème tour, Magnussen, alors 11ème, est le premier pilote à s’arrêter aux stands pour chausser des slicks ! Il ressort avec des pneus Ultra Tendres. Les tours suivant, les pilotes s’arrêtent un à un pour mettre des gommes adaptés aux conditions sèches. Ricciardo change ses pneus un tour avant Hamilton mais ne parvient pas pour autant à réduire l’écart avec un Hamilton ultra rapide. La mi-course est atteinte en 1h10, aucune chance de voir le grand prix aller au bout des 61 tours. C’est la limite de 2h qui devra être prise en compte.

Après les arrêts de l’ensemble des pilotes, le Grand Prix de Singapour est toujours mené par Hamilton devant Ricciardo et Bottas. Hülkenberg a repris la 4ème position à Sainz. Le reste du top 10 est complété par Perez, Palmer, Vandoorne, Stroll et Magnussen. Alors que l’on peut penser que la Red Bull sera plus à l’aise que la Mercedes sur le sec, il n’en est rien et Hamilton continue de creuser l’écart sur Ricciardo. Au 35ème tour, c’est à Magnussen d’envoyer paître son ingénieur qui lui demandait d’appuyer sur le bouton de réserve d’huile. Trois tours plus tard, Ericsson vient percuter le mur et provoque une nouvelle sortie de la voiture de sécurité. Hülkenberg s’arrête pour changer de pneus mais a visiblement un problème car son équipe alimente le moteur en pression d’air. Il ressortira seulement 10ème.

A nouveau, Hamilton gère très bien le restart et creuse, une nouvelle fois, l’écart… La fin de course est plus calme et Hülkenberg doit abandonner à 13 minutes de l’arrivée suite à son problème de pression d’air. Peu après, c’est Magnussen qui est rattrapé par son karma, à l’instar de Kvyat, et abandonne à son tour.

Podium du Grand Prix de Singapour 2017 (crédits : Mercedes)

Au terme des 58 tours, c’est Hamilton qui s’impose de fort belle manière ! Le podium est complété par Ricciardo et Bottas. Belle 4ème place pour Sainz. Perez est 5ème tandis que Palmer marque ses premiers points de l’année avec une 6ème place. S’en suive Vandoorne, Stroll, Grosjean et Ocon qui vient glaner le dernier point disponible.

Au championnat, c’est évidemment la très bonne opération pour Hamilton qui compte désormais 28 points d’avance sur Vettel soit plus d’une victoire d’avance ! Bottas se rapproche de l’Allemand puisqu’il n’est plus qu’à 23 points de la seconde place. Chez les constructeurs, Mercedes creuse encore davantage l’écart face à Ferrari.

Que retenir du Grand Prix de Singapour ?

Hamilton, vainqueur du Grand Prix de Singapour

Quel retournement de situation incroyable pour Mercedes ! Quasi inexistante vendredi et samedi en essais et en qualifications, l’écurie allemande a su profiter des circonstances de course pour aller chercher la victoire et la 3ème place. Comme attendu, les Mercedes ont été en difficulté pour trouver le rythme sur ce circuit lent aux nombreux virages serrés. Hors du coup en qualification, Hamilton a su être opportuniste pour être en tête du Grand Prix de Singapour dès le premier tour. Pour autant, l’Anglais a impressionné par sa vitesse que ce soit sous la pluie ou sur le sec. Par comparaison, son équipier Bottas a fait bien pâle figure ce week-end.

Chez Red Bull, on pouvait faire grise mine. En tête de chaque séance d’essais, il aura fallu un Vettel des grands jours pour priver Verstappen de sa première pole. Alors que la monoplace n’avait pas paru très compétitive sur les circuits lents jusqu’alors (comme à Monaco ou en Hongrie), Red Bull a surpris par son rythme élevé sur l’exercice du tour lancé comme dans les simulations de course lors des essais. La monoplace semble évoluer dans le bon sens et risque de donner du fil à retordre à Mercedes et Ferrari pour la fin de saison. Evolution marquée par des barge-boards de plus en plus complexes (les déviateurs situés juste en amont des pontons) au style très « Ferrari ». Cela nous a permis d’avoir une scène cocasse a la fin des qualifications où Vettel, interviewé, montra les déviateurs de la Red Bull en les qualifiant de copie de la Ferrari ! Pour autant, la course de Red Bull ne fut pas aussi bonne qu’espéré. Si Verstappen a pris un bon départ, il n’a rien pu faire pour éviter l’accrochage du premier virage. Ricciardo, quant à lui, s’est rapidement trouvé second, mais incapable de suivre le rythme imprimé par Lewis Hamilton sous la pluie ou sur le sec. Selon l’écurie, un problème de pression d’huile en début de course aurait contraint Ricciardo à ménager sa boîte de vitesse, ce qui l’a privé d’un rythme plus soutenu.

Du côté de Ferrari, c’est la soupe à la grimace. L’expression « from hero to zero » colle parfaitement au week-end de Ferrari et de Vettel. Si la Scuderia fut étrangement hors du coup lors des essais du vendredi, elle trouva du rythme à partir du samedi. On peut supposer que Ferrari a su mettre le doigt sur le bon réglage, mais également que la monoplace est lourde en carburant le vendredi et que son moteur est sur un mode de puissance minimum aux essais. Les qualifications laissaient présager le meilleur pour Vettel qui a sorti un tour exceptionnel pour prendre la pole. Mais, mal parti en course, l’Allemand commettait l’erreur de trop se décaler sur la gauche, ce qui eut pour effet de causer le carnage du premier virage éliminant les deux Ferrari. Le bilan est terrible pour l’écurie italienne qui comptait sur cette course pour reprendre l’avantage sur Hamilton…

Force India était plutôt mal engagé avec des qualifications décevantes et un manque criant de rythme sur une piste qui ne convenait pas à leurs monoplaces. Ils ont malgré tout su profiter des circonstances de course pour placer leurs deux pilotes dans les points. Si Perez peut se satisfaire d’une belle 5ème place, c’est une déception pour Ocon qui semblait en retrait tout au long du week-end après de belles prestations sur les derniers grands prix, notamment à Monza.

 

Chez Williams également, la monoplace semblait inadaptée au circuit et elle le fut ! Incapable de sortir de la Q1, les deux pilotes ont réussi un bon départ avec des pneus maxi-pluie. Si Stroll est parvenu à décrocher la 8ème place, l’écurie a enchaîné les mauvais choix stratégiques avec Massa.

Grand Prix de Singapour, Jolyon Palmer inscrit ses premiers points (crédits : Renault)

Renault confirme une nouvelle fois les progrès de sa monoplace. Malgré un résultat final quelque peu décevant avec une unique 6ème place pour Palmer, le rythme a été très bon tout le week-end et Hülkenberg était en mesure de jouer le podium avant ses problèmes de pression d’air. Le week-end fut particulier pour Palmer qui sait d’ores et déjà qu’il sera remplacé par Sainz l’année prochaine. Sous pression, et craignant que l’Espagnol ne le remplace dès le prochain grand prix, le pilote Renault en a profité pour marquer ses premiers points de la saison avec une belle place qui lui permet de récolter 8 points.

Un week-end riche en annonces pour McLaren qui a officialisé son union avec Renault pour 2018. L’accord avec le motoriste français devrait vraisemblablement inciter Alonso à rester chez McLaren. Même motorisé par Honda, l’écurie de Woking fut performante sur ce tracé peu exigeant en puissance moteur. Avec deux pilotes qualifiés en Q3, l’écurie peut néanmoins être déçue du résultat final : Alonso ayant pris un excellent départ mais étant victime du premier virage. Vandoorne prend néanmoins une 7ème place encourageante. Toro Rosso va faire le chemin inverse et sera motorisé par Honda en 2018.

Bon résultat pour Sainz (crédits : Red Bull Content Pool)

Si l’on peut aujourd’hui douter du bienfait de ce choix pour la performance, c’est clairement un accord avantageux sur le plan financier, l’écurie n’ayant pas besoin de payer ses moteurs et bénéficiant d’un chèque de sponsoring. Les progrès du bloc Honda semblent indispensables pour Toro Rosso mais aussi, et surtout, pour Red Bull qui n’aura d’autre choix en 2019. En effet, Renault a annoncé son intention de ne pas renouveler son contrat avec l’écurie autrichienne, sûrement lassé des critiques incessantes à l’égard de son moteur. Sur la piste, la voiture affichait un rythme correct avec une 10ème place pour Sainz et une 13ème place pour Kvyat en qualification. Sainz est un des grands gagnants du départ chaotique puisqu’il signe une superbe 4ème place.

Chez Haas, la monoplace semblait difficile à piloter et les qualifications (15ème et 16ème) ne laissaient rien présager de bon. Heureusement pour l’écurie américaine, la pluie et les circonstances qui en ont découlé ont permis à Grosjean de décrocher une 9ème place inespérée.

Enfin, les grands prix se suivent et se ressemblent pour Sauber qui est hors du coup : vivement 2018 pour l’écurie suisse !

Le prochain rendez-vous est le grand prix de Malaisie qui aura lieu le 1er octobre sur le circuit de Sepang. Sur un circuit qui s’annonce favorable à Mercedes, Ferrari saura-t’elle laver l’affront de Singapour ?