Profitant de l’erreur de Lewis Hamilton en qualifications, Sebastian Vettel a profité de son excellent départ pour venir chercher son 5ème succès de la saison à l’issue du Grand Prix du Brésil. Sans pression et profitant d’un moteur neuf, Hamilton a fait le spectacle en effectuant une superbe remontée, tandis que Massa a fait ses adieux devant son public de belle manière.

Grand Prix du Brésil 2017, Vettel en tête de bout en bout

Qualifications du Grand Prix du Brésil : Hamilton à la faute

Elle était attendue, elle n’est pourtant jamais arrivée pour perturber le Grand Prix du Brésil ce week-end. Il s’agit bien sûr de la pluie qui a, une fois n’est pas coutume, épargné le beau tracé d’Interlagos. Ainsi, un beau soleil a inondé le tracé d’Interlagos vendredi et dimanche, même si quelques nuages sont venus voiler le ciel et rafraîchir l’atmosphère samedi.

Les essais libres laissaient apparaître une domination Mercedes, Hamilton se montrant le plus rapide lors des deux premières séances et Bottas terminant en tête de la troisième. Toutefois, les écarts avec Ferrari étaient très serrés tandis que Red Bull semblait plus en retrait.

Mais si l’événement n’est pas venu du ciel lors des essais, il est venu de Lewis Hamilton, tout frais champion du monde. En effet, dès son premier tour lors des qualifications, l’Anglais est parti à la faute en encastrant sa monoplace dans le mur de pneus ! Hamilton était éliminé dès la Q1 ! Vettel crut pouvoir décrocher la pole position mais Bottas parvint à lui subtiliser dans les derniers instants des qualifications et s’octroyant le nouveau record du tour en 1:08.322, seulement 38 millièmes de seconde devant le pilote Ferrari.

Résultat des qualifications du Grand Prix du Brésil

On retrouvait donc Bottas en pole devant Vettel, Raïkkonen et Verstappen. Ricciardo signait le 5ème temps mais devait subir des pénalités pour changement de pièces moteur. Perez 6ème devant Alonso, Hülkenberg, Sainz et Massa. Si Ocon ne réalisait que le 11ème temps, Grosjean pouvait se satisfaire de son 12ème chrono.

Le dimanche était encore plus beau avec 30°C au thermomètre et près de 60° sur la piste ! Mercedes profita du départ des stands d’Hamilton pour lui monter un moteur tout neuf. La majorité du peloton décida de s’élancer avec les pneumatiques Super Tendres, à l’exception d’Hamilton.

Résumé du Grand Prix du Brésil, tour par tour

Dès le départ, Vettel prend un meilleur envol que Bottas et vient s’infiltrer à l’intérieur pour prendre la tête de la course ! Dans les « esses » de Senna, Vandoorne est pris en sandwich entre Magnussen et Ricciardo, ce dernier partant en travers devant toute la meute, mais miraculeusement sans subir de dommages !n très (trop) bon envol alors que c’est plus compliqué pour Vettel qui arrive malgré tout à maintenir sa 2ème place. Parti 4ème, Verstappen éprouve d’énormes difficultés à s’élancer, victime de problème d’embrayage.

Grand Prix du Brésil, accrochage entre Ocon et Grosjean

Un peu plus loin, c’est l’accrochage entre Ocon et Grosjean… Le pilote Force India tentait de dépasser son compatriote par l’extérieur, lequel partait en survirage en percutant son homologue ! Si Grosjean pouvait repartir pour rentrer aux stands, Ocon était obligé d’abandonner. La voiture de sécurité était déployée au même moment, et l’ensemble du peloton passe par la voie des stands pour permettre aux commissaires de nettoyer les débris du 1er virage.

Le départ de Vettel lui confère donc la tête de la course devant Bottas et Raïkkonen. S’en suivent Verstappen, Alonso et Massa. Perez est 7ème devant Hülkenberg et Sainz tandis que Gasly complète le top 10. Départ prudent pour Hamilton et Ricciardo, 16ème et 17ème, soit les deux dernières places après les abandons de Magnussen, Vandoorne et Ocon. Grosjean et Wehrlein changeant de pneus, Hamilton remonte 14ème alors que Ricciardo en profitait lui aussi pour passer les gommes Tendres.

Le départ du Grand Prix du Brésil en images

Le Grand Prix du Brésil est relancé au 5ème tour, bien géré par Vettel qui conserve son leadership. Si devant, les positions se figent, derrière, c’est le show Hamilton ! Hartley, Stroll, Ericsson, Gasly, Sainz, Hülkenberg, personne ne résiste à l’Anglais dont la Mercedes délivre le maximum de puissance. Au 11ème tour, Hamilton est déjà 8ème ! Ricciardo n’est pas en reste malgré un manque de puissance évident comparé à la Mercedes. Mais l’Australien nous régale avec des freinages très tardifs sur Hartley et Ericsson, remonte en douzième position puis double Gasly grâce au DRS lors du 13ème tour. En tête de la course, Vettel gère son avance de 2,2 secondes sur Bottas, lui-même 1,5 secondes devant Raïkkonen tandis que Lewis Hamilton n’est qu’à 13 secondes du leader.

Au 15ème tour, Hamilton se défait de Perez par l’extérieur alors que Ricciardo gagne une position en doublant Sainz. Ils sont respectivement 7ème et 10ème. La course se calme jusqu’au 19ème tour où Ricciardo, revenu sur Hülkenberg, double l’Allemand pour le gain de la 9ème place. Peu après, c’est Hamilton qui profite du DRS pour passer Alonso et prendre la 6ème position. Une boucle plus tard, toujours avec l’aide du DRS, Hamilton double le local Massa et n’est qu’à 17 secondes du leader Vettel et à 10 secondes de Verstappen qui le précède en 4ème place. Le Néerlandais est en difficulté avec ses pneus et a dû sur-piloter pour compenser le manque de performance de sa machine. La direction de course décide de sanctionner Grosjean de 10 secondes de pénalité, à purger lors du prochain arrêt, pour son accrochage avec Ocon.

Au 28ème tour du Grand Prix du Brésil, Mercedes tente l’undercut avec Bottas et fait s’arrêter le Finlandais qui troque ses Super Tendres pour des Tendres. Peu après, Massa en fait de même. Ferrari réagit immédiatement et Vettel rentre un tour après tout comme Verstappen. Les arrêts se déroulent parfaitement et le pilote Ferrari ressort tout juste devant Bottas, très rapide en gommes neuves et qui a failli réussir son coup ! Dans le même temps, Ricciardo effectue un nouveau freinage très tardif pour doubler Perez ! Alonso et Raïkkonen s’arrêtant également aux stands, c’est Hamilton qui se retrouve alors provisoirement en tête !

Au 40ème tour, Alonso nous offre un échange cocasse à la radio, comme il sait si bien le faire :

 – Donnez-moi les écarts avec Massa ! 

 – Massa 2,8 secondes devant et Perez 6,7 secondes derrière

 – Perez je m’en fiche !

Alors que Vettel revient à 2 secondes de Hamilton qui ne s’est toujours pas arrêté, Hartley doit abandonner au 42ème sur problème technique.

A la fin du 43ème tour, Hamilton et Ricciardo rentrent enfin aux stands et changent leurs gommes Tendres pour des Super Tendres.

A ce moment de la course, Vettel récupère donc la tête devant Bottas (à 2,5 secondes) et Raïkkonen (à 4,3 secondes). Verstappen est 4ème devant Hamilton qui est à 18 secondes du leader. Massa est 6ème, Alonso 7ème, Ricciardo 8ème et Perez 9ème. Enfin, Hülkenberg complète le top 10.

L’Australien de l’écurie Red Bull se défait rapidement d’Alonso et de Massa, grâce à un nouveau freinage tardif. De son côté, Hamilton remonte comme une fusée sur Verstappen, ne comptant plus que 6,6 secondes de retard au 48ème tour du Grand Prix du Brésil. La course se calme mais Hamilton continue de refaire son retard. Au 56ème tour, il n’est plus qu’à 2 secondes de Verstappen et 12 secondes du leader Vettel. Alonso est également revenu sur Massa mais bute sur la vitesse de pointe de la Williams. Trois boucles plus tard, Hamilton est dans les échappements de Verstappen. Grâce au DRS, il ne fait qu’une bouchée du pilote Red Bull et se retrouve désormais à 5 secondes de Raïkkonen. A la fin du 62ème tour de ce Grand Prix du Brésil, Verstappen demande à s’arrêter pour changer à nouveau de pneus, étant en difficulté avec ceux qui équipent sa monoplace. Il obtient gain de cause auprès de son écurie qui le fait rentrer pour chausser des Super Tendres pour boucler les 9 derniers tours. Hamilton revient à moins de 2 secondes de Raïkkonen mais le Finlandais, ayant économisé sa gomme, arrive à hausser le rythme. A 5 tours de l’arrivée, le pilote Mercedes s’approche à moins d’une seconde de Raïkkonen et peut utiliser le DRS. Toutefois, à l’approche de la Ferrari, la Mercedes perd beaucoup d’adhérence pour tenter une attaque. Peu après, c’est Stroll qui voit son pneu se délaminer suite à un blocage de roue et doit rentrer aux stands. Hamilton ne parvient pas à trouver l’ouverture sur un Raïkkonen qui gère parfaitement. Devant, Vettel, jamais inquiété par Bottas, vient décrocher sa cinquième victoire de la saison !

Le podium du Grand Prix du Brésil

Grand Prix du Brésil, 2017, les adieux de Felipe Massa à domicile

Bottas et Raïkkonen complètent le podium devant un étincelant Hamilton. Verstappen a fini 5ème devant Ricciardo et Massa, lequel a résisté jusqu’au bout à Alonso pour sa dernière course à domicile. Perez, huitième, suit juste derrière alors que Hülkenberg vient glaner le dernier point. Séquence émotion pour Massa puisqu’un message à radio de Felipinho, son fils, était diffusé pour la plus grande joie de son père qui viendra l’enlacer à la sortie de la voiture.

Pas de changement au classement puisque Lewis Hamilton est déjà champion depuis le Grand Prix de Mexico. En revanche, c’est tout de même une bonne opération pour Vettel puisqu’il sécurise sa 2ème place face à Bottas. Enchaînant les contre-performances, Ricciardo voit Raïkkonen revenir à seulement 7 points pour la 4ème place du championnat. Chez les constructeurs, statu quo, Renault n’ayant repris qu’un maigre point sur Toro Rosso.

Que retenir du Grand Prix du Brésil 2017 ?

Vettel renoue avec la victoire au Grand Prix du Brésil

Après sept grand prix sans victoire (la dernière datant du GP de Hongrie fin juillet), Ferrari met fin à l’hémorragie et s’offre un peu de tranquillité pour l’hiver alors que la place de Maurizio Arrivabene, le patron de la Scuderia, se voit remise en cause par Sergio Marchionne, le « Big Boss » de Ferrari. Si Mercedes semblait plus rapide, l’excellent départ de Vettel lui a facilité la course, puisqu’il s’est simplement contenté de gérer son avance par la suite. Malgré tout, le pilote allemand pourra regretter longtemps son erreur de Singapour… Raïkkonen fut également solide tout le week-end pour décrocher un nouveau podium, résistant parfaitement à Hamilton grâce à une stratégie qui lui a permis d’économiser ses pneus pour le final de course.

Bottas auteur de la pole position au Grand Prix du Brésil

Côté Mercedes, c’est un peu un résultat en demi-teinte. Une grande satisfaction de voir Bottas signer la pole mais une course perdue dès le départ. Le rythme du Finlandais n’était pas suffisant pour tenter quelque chose sur Vettel. Avec les perturbations aérodynamiques et la dégradation des gommes Pirelli, Bottas était obligé de conserver un écart de 2 secondes pour ne pas détruire ses pneus. Pour Hamilton, c’était plutôt l’inverse. Auteur d’une erreur inhabituelle en qualification, il réalise une course exceptionnelle et une remontée spectaculaire, passant de la dernière à la 4ème place, et terminant à seulement 5,5 secondes du vainqueur. L’Anglais pourra regretter la faute du samedi car il avait clairement le potentiel pour gagner.

Toutefois, il convient de relativiser sa course par rapport à son équipier et aux pilotes Ferrari. En effet, Hamilton a réalisé une course que seule un talent aussi incroyable que le sien peut réaliser. Toutefois, alors que lui put attaquer avec ses pneus, n’ayant devant son passage que des monoplaces bien plus lentes, les leaders étaient obligés d’économiser leurs gommes pour ne pas se retrouver en situation délicate en fin de course. L’avantage de puissance moteur étant également un facteur favorisant la remontée (voir ci-dessous).

Chez Red Bull, la situation était totalement inverse. La performance étant insuffisante en raison d’un manque de puissance moteur. Verstappen et Ricciardo ont pourtant réalisé la course parfaite. Ils étaient malheureusement trop seuls, le peloton derrière étant nettement plus lent. On a pu toutefois apprécier les superbes dépassements de Ricciardo.

Massa conclut en beauté pour Williams au Brésil. Auteur d’une course et de qualifications remarquables, le Brésilien a réalisé un sans faute et obtenu le meilleur résultat possible. On ne peut pas en dire autant de Stroll, en manque flagrant de rythme par rapport à son ainé.

Beau week-end également pour McLaren avec la 8ème place d’Alonso. Si la monoplace était très rapide dans les virages, elle fut trop pénalisée en ligne droite par la faiblesse de son bloc Honda. Moins de chance pour son équipier, victime malgré lui de l’accrochage du premier virage.

Chez Force India, la performance était un cran moins bonne ce week-end. Si Perez a pu réaliser de bonnes qualifications et une course honorable, c’était plus décevant pour Ocon. N’ayant pas réussi à se qualifier en Q3, le Français a surtout eu le malheur de connaître son premier abandon en F1, percuté par Grosjean. Accrochage qui ruinera la course de ce même Grosjean malgré des qualifications intéressantes. Si le pilote Haas parait coupable de l’accrochage, il semblerait qu’une crevaison lente, due à une touchette dans le premier virage entre l’aileron avant de Vandoorne et le pneu arrière gauche de Grosjean, soit responsable de la glissade du Français.

Côté Renault, Hülkenberg peut se satisfaire de terminer un grand prix, après un nombre incalculable d’abandons. Mais le point décroché paraît faible pour aller chercher Toro Rosso au classement. La monoplace fut assez rapide lors des qualifications, mais ne put résister à la remontée de Hamilton et Ricciardo.

Grand Prix du Brésil : l’hégémonie de la cartographie

Ce qui a frappé ce week-end, et que l’on peut regretter, c’est clairement la trop grande influence des cartographies moteur. Cela a démarré la semaine dernière avec les révélations de Matthew Carter, ancien PDG de feu l’écurie Lotus, qui déclarait que Mercedes avait mis sa cartographie « usine » dans la voiture de Grosjean, alors équipée d’un moteur de la marque allemande, lors du final du grand prix de Belgique 2015. La raison ? La lutte avec la Ferrari de Vettel pour la 3ème place, qui fut acquise suite au déchapage du pneu du pilote allemand. Jamais l’écurie d’Enstone, maintenant propriété de Renault, n’eut droit à nouveau à ce mode moteur. Autre exemple, Mercedes s’est trompé lors des essais du grand prix du Canada sur une Force India, les ingénieurs de l’écurie indienne ne comprenant pas pourquoi la voiture allait aussi vite avant que l’ingénieur moteur ne s’aperçoive qu’il s’était trompé de cartographie, ayant mis celle réservée à l’écurie d’usine.

Pourquoi revenir sur cette histoire de mode moteur après la course au Brésil ? Tout simplement car on regrette de voir à quelle point la course est dépendante d’un simple réglage informatique. D’un côté, les monoplaces équipées du moteur Renault ont semblé traîner leur âme en peine tout le week-end. Après une course de Mexico où les moteurs Renault ont été rapides comme jamais depuis 2014 mais où la moitié des blocs français ont eu un problème, le motoriste français a volontairement choisi une cartographie conservatrice pour préserver la fiabilité. Et l’écurie Red Bull, très performante il y a 15 jours, s’est d’un coup retrouvée nettement en retrait face à Mercedes et Ferrari.

De l’autre côté, Hamilton, grâce à son erreur en qualification, a pu se permettre de changer de moteur pour en mettre un neuf. En effet, le pilote anglais n’avait rien à craindre des pénalités puisqu’il était dernier quoiqu’il arrive. Si le talent du quadruple champion du monde est indéniable, il ne fait aucun doute que sa grande performance a été permise par un moteur neuf pouvant être utilisé au maximum de ses capacités, quand la plupart des monoplaces sur son chemin avaient une cartographie conservatrice, et donc un déficit de vitesse de pointe important par rapport au pilote Mercedes. C’est pour cela qu’il faut également relativiser son faible écart avec le vainqueur, Vettel, qui se devait d’être plus économe.

Cela pose deux problèmes, le premier étant remis en cause depuis longtemps, c’est le nombre trop restreint de moteurs autorisés sur une saison. En effet, chaque écurie n’a droit qu’à quatre moteurs pour l’ensemble des courses (essais et qualifications compris), donc les monoplaces se trouvent obligées de rouler à l’économie pour ne pas risquer trop de pénalités. L’autre problème est davantage d’ordre éthique : faut-il autoriser les motoristes à fournir des cartographies différentes suivant les équipes ? Si Renault garantit l’équité entre sa propre écurie, Red Bull et Toro Rosso, on sait que la situation est différente pour Mercedes. L’écurie allemande gardant la primauté du meilleur mode, Williams ayant une configuration « usine » mais un peu moins performante, et Force India se contentant de la configuration « client » encore un ton en-dessous.

Espérons que ces problèmes de cartographie n’auront pas trop d’impact sur les écuries qui, on l’espère, donneront le meilleur mode à leurs moteurs pour le dernier grand prix de la saison ! Rendez-vous le 26 novembre à Abu Dhabi pour savoir qui remportera la dernière course !