Au terme d’une course tronquée dès le premier virage pour les deux protagonistes au championnat, Hamilton et Vettel, le pilote anglais est allé chercher son 4ème titre de champion du monde. Impressionnant tout le week-end, Verstappen est parvenu à glaner la 3ème victoire de sa jeune carrière sur ce Grand Prix du Mexique.

Grand Prix du Mexique 2017

Dès les essais, les écarts furent assez serrés et si Bottas, Ricciardo et Verstappen prenaient le meilleur temps des trois séances d’essais libres, c’est Vettel qui est allé chercher la pole lors des qualifications, un cheveu devant Verstappen. Plus en difficulté, Hamilton se contentait de la 3ème place, Bottas de la 4ème, Raïkkonen 5ème et Ricciardo seulement 7ème. En revanche, superbe séance pour Ocon qui prenait le 6ème temps. Les Renault étaient rapides avec les 8ème et 9ème temps d’Hülkenberg et Sainz devant Perez. Encore une fois, les pénalités ont chamboulé la grille de départ notamment pour Ricciardo, les Toro Rosso et les McLaren.

Grand Prix du Mexique, 2017, qualifications

Grand Prix du Mexique 2017 : la course, tour après tour

Alors que Mexico rend hommage aux victimes du séisme ayant frappé le pays il y a un mois, le soleil est de mise sur le circuit et la pluie n’est pas au programme. L’ensemble des pilotes part en pneumatiques Ultra Tendres sauf Grosjean et Alonso qui ont choisi les Super Tendres.

Grand Prix du Mexique, 2017, premiers virages de la course

Au départ, Vettel s’élance bien mais la ligne droite de départ est très longue. Verstappen et Hamilton prennent l’aspiration et le pilote Red Bull attaque Vettel par l’extérieur au 1er virage. Au prix d’un superbe freinage tardif, Verstappen prend la tête et Vettel se voit légèrement bloqué dans le gauche-droite qui suit. Hamilton en profite pour s’infiltrer mais doit lever le pied pour ne pas percuter Verstappen. Surpris, Vettel vient toucher la roue arrière droite d’Hamilton avec son aileron avant. La conséquence est immédiate car Hamilton est victime d’une crevaison tandis que Vettel a son aileron avant endommagé.

Bottas en profite pour prendre la seconde place alors que son équipier est au ralenti. Vettel, alors troisième, s’arrête pour changer son aileron avant et troquer ses pneus Ultra Tendres pour des Tendres en espérant aller jusqu’au bout. Hamilton, plus loin, s’arrête également pour chausser des Tendres. Ocon a, comme à l’accoutumée, effectué un superbe départ puisqu’il est 3ème. A l’inverse, Raikkonen a chuté à la 7ème place. Bien parti, Sainz a également dû s’arrêter aux stands pour changer de pneus. A la fin du 2ème tour, le top 10 est le suivant : Verstappen, Bottas, Ocon, Hülkenberg, Perez, Massa, Raikkonen, Stroll, Ricciardo et Magnussen. Vettel est loin en 18ème place, Hamilton est 20ème et dernier, à déjà 20 secondes de Vettel. Un tour plus tard, Massa est contraint de s’arrêter pour une crevaison lente, il chausse les pneumatiques Tendres.

Grand Prix du Mexique, 2017, Verstappen leader

Au 5ème tour, Ricciardo rentre au ralenti dans les stands et doit subir un nouvel abandon. Verstappen creuse rapidement l’écart avec plus de 4 secondes d’avance sur Bottas au 9ème tour. Derrière, Vettel et Hamilton remontent doucement, les pneumatiques Tendres n’ayant pas un très bon rythme face aux Ultra Tendres des pilotes de tête. Après avoir été bloqué derrière Massa durant quelques tours, Vettel parvient enfin à s’en défaire au 13ème tour au prix d’une manœuvre assez musclée, le pilote brésilien ayant perdu l’arrière de sa Williams et forçant l’Allemand à sortir des limites de la piste.

Au 15e tour, Verstappen est toujours en tête avec plus de 5 secondes d’avance sur Bottas, lui-même 13 secondes devant Ocon. Hülkenberg suit en 4ème place devant Perez et Raïkkonen. Stroll est 7ème tandis que Magnussen, Ericsson et Vandoorne complètent le top 10. Grosjean écope d’une pénalité de 5 secondes pour avoir dépassé les limites de la piste et gagné un avantage. Sous pression de Raïkkonen, Perez s’arrête à la fin du 18ème tour pour mettre des Tendres à la place de ses Ultra Tendres. Un tour plus tard, c’est Hülkenberg qui en fait de même en couvrant la stratégie de Perez. Puis c’est au tour d’Ocon de chausser les Tendres à la fin du 20ème tour. Toujours bon dernier, Hamilton n’arrive pas à remonter, sa Mercedes n’a pas un très bon rythme en pneus Tendres et semble très sensible aux perturbations aérodynamiques de ceux qu’il poursuit. Au 22ème tour, Hamilton voit les drapeaux bleus se brandir et doit laisser passer Verstappen, qui lui prend un tour !

Grand Prix du Mexique, 2017, Vettel dans sa folle remontée

Quatre tours plus tard, grosse déception chez Renault avec l’abandon d’Hülkenberg sur problème moteur. Le message radio fait froid dans le dos car l’ingénieur indique que la voiture n’est pas sûre et que le pilote doit sauter de la voiture sans toucher le sol en même temps afin d’éviter de prendre une décharge électrique. Ocon remonte en 5ème position derrière Stroll qui ne s’est toujours pas arrêté alors que Hamilton dépasse enfin Sainz pour le gain de la 17ème place. Mieux dans la course, Vettel est remonté en 10ème place et butte sur Alonso.

Au 30ème tour, Perez dépasse Magnussen, alors 6ème, sous les acclamations de la foule venue soutenir son pilote en masse. Dans le même temps, Vettel se défait d’Alonso et remonte à la 8ème place grâce à l’arrêt aux stands d’Ericsson. Deux tours plus tard, nouveau problème pour un moteur Renault car Hartley est obligé d’immobiliser sa Toro Rosso fumante sur le bas côté. La voiture de sécurité virtuelle est alors mise en place. Les pilotes n’ayant pas effectué d’arrêt en profitent pour s’infiltrer dans la voie des stands. Ainsi, Verstappen, Bottas, Raïkkonen et Stroll s’arrêtent pour chausser des Super Tendres. Vettel et Hamilton s’arrêtent une seconde fois, et si l’Anglais met des Super Tendres, le pilote Ferrari finira la course en Ultra Tendres, alors que la mi-course n’est pas encore couverte. Comme la vitesse est limitée, la perte de temps sous voiture de sécurité virtuelle est réduite. Ceux qui se sont arrêtés avant se voient désavantagés ! Au 35ème tour, la voiture de sécurité virtuelle prend fin et Verstappen mène devant Bottas et Raïkkonen. Ocon est 4ème, il a donc perdu une place. Stroll est 5ème devant Perez, Magnussen et Vettel. Alonso et Massa complètent le top 10. Raïkkonen, Stroll et Magnussen sont les grands gagnants de la safety car virtuelle. Toutefois, Magnussen n’oppose pas de résistance à Vettel qui prend la 7ème position lors du 38ème tour.

Devant, Verstappen continue sur un gros rythme et a désormais 10 secondes d’avance sur Bottas, lui-même crédité d’une avance de 24 secondes sur Raïkkonen. Plus loin derrière, Hamilton est englué en 14ème position derrière Gasly. Il faut attendre le 43ème tour pour que le Britannique arrive enfin à se défaire du rookie de chez Toro Rosso.

A 25 tours du but, Verstappen continue d’accroître son avance et compte désormais 14 secondes d’avance sur Bottas alors que Vettel commence à se rapprocher de Perez pour le gain de la 6ème place. Dans le même temps, Hamilton passe Ericsson au bout de la ligne droite principale et pointe désormais à la 12ème position. Quatre boucles plus tard, Vettel passe Perez avec un freinage d’anthologie ! Le pilote Ferrari, à près de 50 mètres de Perez, a retardé son freinage au maximum pour doubler le Mexicain. En délicatesse avec ses pneus, ce dernier s’arrêtera à la fin du tour pour chausser un train d’Ultra Tendres pour parcourir les 20 derniers tours. Ceux qui se sont arrêtés en début de course commencent à souffrir. C’est pourquoi Ocon est sous la menace de Stroll et de Vettel qui revient comme un boulet de canon. Au 55ème tour, Vettel passe Stroll grâce au DRS et va se retrouver dans les échappements d’Ocon puisqu’il roule 2 secondes plus vite au tour.

Hamilton questionne son ingénieur pour savoir si Vettel est en position de l’empêcher d’être titré, la réponse est négative. Peu après, l’Anglais double Massa quand Vettel profite du DRS pour doubler Ocon à 13 tours du but. Les abandons mécaniques continuent et c’est cette fois un moteur Ferrari qui rend l’âme sur la Sauber d’Ericsson, qui rentre aux stands avec un début d’incendie. Séquence amusante lorsque l’ingénieur de Vettel indique un écart de 23 secondes avec Raïkkonen, qui le précède, réaction de l’Allemand : « Ooooh Mama Mia !!! C’est un petit peu trop ! ».

Grand Prix du Mexique, 2017, Carlos Sainz Jr

Ayant endommagé son fond plat, Sainz abandonne à 10 tours de l’arrivée. L’Espagnol n’était pas dans le rythme et ne pouvait pas espérer marquer de points. Les positions se figent mais à quatre tours de l’arrivée, Hamilton se défait d’Alonso grâce à une belle bagarre. L’Anglais se retrouve 9ème et peut remonter sur Magnussen. A ce moment, Vettel signe le record du tour mais est trop loin pour espérer un podium. Il reste deux tours et Stroll n’est plus qu’à 1,2 seconde d’Ocon, va-t-il pouvoir le dépasser ? Verstappen quant à lui, franchit la ligne en tête avec une confortable avance de 20 secondes !

Bottas est 2ème et permet à Hamilton d’obtenir son 4ème titre de champion du monde ! Raïkkonen complète le podium devant Vettel et Ocon. Stroll finit dans les échappements du Français tandis que Perez finit 7ème devant son public. Magnussen a su résister à Hamilton pour finir 8ème devant l’Anglais. Enfin, Alonso complète le top 10.

Grand Prix du Mexique, 2017, les trois premières monoplaces et celle d’Hamilton au Stadium

Comme le dit Toto Wolff à Hamilton à la radio : « ce n’est pas la course que tu souhaitais mais on s’en fiche, tu es champion du monde pour la 4ème fois ! » Le protocole d’arrivée est quelque peu chamboulé car Neymar a laissé un message pour Hamilton et l’Anglais viendra faire le « show » dans le stadium. Au classement, Hamilton est donc champion du monde à deux courses de la fin de la saison. Il compte désormais 56 points d’avance sur Vettel qui devance Bottas de 15 points. Le Finlandais pourrait ravir la seconde place au pilote Ferrari ! Chez les constructeurs, Force India et Williams ont conforté leurs 4ème et 5ème positions.

Grand Prix du Mexique, 2017, les trois premières monoplaces et celle d’Hamilton au Stadium

Hamilton titré pour la 4e fois au Grand Prix du Mexique

Grand Prix du Mexique, 2017, Hamilton brandit le drapeau britannique

Avec son 4ème titre en poche, Hamilton rejoint une galaxie supérieure composée de Prost et Vettel. Seuls Fangio et Schumacher sont au-dessus de ces hommes avec respectivement 5 et 7 titres mondiaux. S’il souhaitait y mettre la manière, les circonstances de course en auront décidé autrement. D’autant que la Mercedes ne s’est pas révélée si rapide qu’escompté sur ce circuit de Mexico. Difficile de savoir si l’écurie allemande a volontairement bridé son moteur pour des raisons de fiabilité, toutefois, la Flèche d’Argent paraissait en difficulté pour trouver du grip sur cet asphalte très glissant. Pire encore, Hamilton eu énormément de mal à remonter après l’incident du départ quand Vettel fut plus à l’aise dans cet exercice. La Mercedes est très fine en aéro, et très sensible dans les turbulences générées par les monoplaces devant elle.

Celui qui a impressionné, c’est assurément Verstappen ! Tout le temps rapide, à un cheveu de décrocher sa première pole, son excellent départ et la mise à l’écart d’Hamilton et Vettel lui ont permis de vivre une course tranquille. Ce qui est saisissant, c’est la différence avec son équipier Ricciardo, pourtant très bon et constant tout au long de l’année, qui fut en grande difficulté avec l’adhérence de sa monoplace. Auteur de qualifications médiocres, l’Australien conclura le week-end par un abandon pour problème moteur. Statistique amusante mais qui s’est encore confirmée, quand Kvyat est débarqué d’une écurie, Verstappen gagne la course suivante ! Cela fait 3 fois de suite après Barcelone 2016 et la Malaisie 2017 !

Grand Prix du Mexique, 2017, champagne sur le podium

Chez Ferrari, si l’on s’attendait à ce qu’Hamilton soit titré, on pouvait légitimement espérer une victoire, surtout après la pole position de Vettel. Rapide aussi bien en qualifications qu’en course, l’Allemand a malheureusement été victime de la trop longue ligne droite de départ qui a permis à Verstappen de prendre l’avantage au premier virage grâce à l’aspiration alors qu’il était pourtant bien parti. Raïkkonen ne s’est pas non plus parfaitement élancé et a semblé un ton en-dessous ce week-end. Dommage pour Ferrari qui gâche encore une belle occasion.

Pour la course à domicile de Perez, Force India n’a pas déçu. Très rapide en qualifications et bénéficiant d’une bonne vitesse de pointe en course, la monoplace indienne a permis à ses pilotes de prendre encore de bons points. Mais la satisfaction n’est pas totale, notamment au niveau de la stratégie. A cause d’arrêts effectués trop tôt dans la course, quelques places ont été perdues en raison de la safety car virtuelle. De plus, Perez eu besoin de faire un second arrêt, ses gommes n’ayant pas tenu les 50 derniers tours. Ocon aurait-il pu faire un podium si son écurie avait attendu pour changer de pneus ? De plus, Perez peut être quelque peu déçu car il est battu pour la 3ème fois de suite par son équipier et ce dernier résultat doit être difficile à avaler car disputé devant un public acquis 100% à sa cause.

De bons points également chez Williams qui pourra regretter que Massa soit victime d’une crevaison très tôt dans la course. Nul doute que le Brésilien aurait pu signer un excellent résultat au volant d’une monoplace moyenne en qualifications, mais disposant d’un bon rythme de course. En attendant, c’est Stroll qui tire les marrons du feu. Discret et peu impressionnant par la qualité de son coup de volant, le Canadien arrive toutefois à tirer profit des situations (à l’instar du Grand Prix d’Azerbaïdjan) pour venir chercher un bon résultat et ainsi conforter la 5ème place de Williams au championnat des constructeurs.

La grosse déception du week-end provient sans doute de chez Renault. Bénéficiant d’une monoplace très rapide, l’écurie française repart à nouveau avec un zéro pointé. Un étrange tête-à-queue à haute vitesse pour Sainz dans le premier tour et un nouveau problème moteur pour Hülkenberg ont eu raison des espoirs de Renault. Comme l’a révélé le directeur de l’écurie, Cyril Abiteboul, ils ont été trop agressifs dans leurs réglages moteurs ce qui a eu pour conséquence de nombreuses casses. Toutefois, les écuries motorisées par Renault ont montré un bon niveau de performance et Red Bull a même gagné. Alors, le jeu n’en valait-il pas la chandelle ?

Bonne surprise chez McLaren car les deux monoplaces ont affichés un rythme très correct sur un circuit où la faiblesse du moteur Honda était très pénalisante. Difficile de savoir si Alonso a raison lorsqu’il déclare que le châssis est le moteur du plateau, mais il est évident que ce dernier fait partie du haut de tableau.

Week-end plus difficile pour Toro Rosso empêtré dans les soucis moteur, que ce soit aux essais pour Gasly ou en course pour Hartley. Course difficile également pour Haas qui a affiché un rythme catastrophique, plus lent que les monoplaces Sauber équipées du moteur Ferrari 2016. Selon Grosjean, si la voiture est assez bien née et a permis de bons résultats en début de saison, les évolutions amenées au cours de l’année n’ont que très peu fonctionné et ont relégué Haas en fond de grille.

En revanche, Sauber eu un rythme très correct si l’on tient compte de leur faiblesse moteur. Les deux pilotes sont sous pression car ils n’ont pas de volant pour 2018 et Wehrlein, qui avait bien démarré l’année, se fait désormais régulièrement battre par Ericsson, pourtant pas très réputé, et risque de voir son avenir hors de la Formule 1.

Si le suspense pour le championnat n’existe plus, c’est malgré tout avec plaisir que l’on suivra la prochaine manche du championnat du monde de Formule 1 le week-end du 12 novembre sur le sympathique circuit d’Interlagos au Brésil.