Moins d’une semaine après un Grand Prix de Malaisie où Verstappen a signé sa seconde victoire en carrière, Ferrari espère enfin concrétiser à Suzuka pour le GP du Japon, sur un circuit où Mercedes espère retrouver son éclat. Découvrez avec Atome automobile un tracé chargé d’histoire.

GP du Japon, 2016, départ de la course F1 (crédits : Pirelli)

GP du Japon à Suzuka, une histoire complexe

GP du Japon, circuit de Suzuka

Dans le flot des circuits modernes souvent aseptisés subsistent quelques mythes qui font rêver les pilotes et les fans. Assurément, Suzuka en fait partie. Rapide avec ses nombreuses courbes, étroit avec ses faibles dégagements et long de 5,807 km, Suzuka est un circuit adoré des pilotes pour les sensations qu’il procure. L’aérodynamique et l’équilibre du châssis y sont primordiaux, davantage que le moteur, la motricité et le freinage. Si les vitesses de pointes atteintes ne sont pas les plus élevées de la saison (plus de 320km/h tout de même), ce sont surtout les virages à plus de 200km/h qui mettent à mal les pilotes et les pneumatiques.

Le Japon compte un panel de fans parmi les plus fervents. Si les pilotes louent leur enthousiasme et leur folie, c’est toujours dans une extrême politesse typiquement japonaise. Leur engouement se manifeste surtout dans leurs tenues, avec des casquettes surmontées de petites F1 ou encore un incroyable chapeau équipé du système DRS !

Des fans japonais respectueux et imaginatifs pour montre leur passion pour la Formule 1

Belles, sujettes à polémiques ou tragiques, les courses à Suzuka sont l’essence même de ce qui fait la magnificence de la discipline.

Belles, comme cette incroyable victoire de Raïkkonen en 2005 où le Finlandais, au volant de sa McLaren, est remonté de la 17ème pour aller chercher la victoire à Fisichella dans les derniers instants de course. A l’époque, pourtant, les artifices pour dépasser n’existaient pas ! Cette même année a vu également l’un des plus beaux dépassements jamais vu en course, celui d’Alonso sur sa Renault faisant l’extérieur à la Ferrari de Schumacher dans le virage de 130R.

Le duel entre Senna et Prost, en 1989 (en haut) et 1990 (en bas)

Sujette à polémiques, car Suzuka fut l’apogée de l’incroyable rivalité entre Senna et Prost. Une première fois en 1989 où Senna tente de doubler Prost à la dernière chicane. Le français se rabattra brutalement et provoquera la collision des deux voitures. Alors que Prost abandonne, Senna demande aux commissaires de le pousser pour faire repartir le moteur, avec succès. S’arrêtant aux stands pour changer son aileron, Nannini sur sa Benetton est passé en tête à 6 tours de l’arrivée. Senna vole littéralement et rattrape l’Italien pour le doubler dans la même chicane où a eu lieu l’incident avec Prost ! Si l’on pensait que Senna avait course gagnée, c’était sans compter sur les instances dirigeantes, sous l’impulsion de Balestre, décideront de déclasser le Brésilien pour avoir bénéficié de l’aide des commissaires de piste.

Se sentant floué, Ayrton Senna se vengera l’année suivante, également à Suzuka ! Débordé au départ par Prost, Senna percutera délibérément le français au premier virage et causera un accident spectaculaire. Si la manœuvre lui assura le titre, Prost ne lui pardonnera jamais la violence de cette dernière.

Enfin tragique en raison du dernier incident mortel ayant eu lieu en Formule 1. Lors de l’édition 2014, sous la pluie, la monoplace du regretté Jules Bianchi vient s’encastrer dans un engin de chantier, venu pour dégager la Sauber de Sutil. Le traumatisme à la tête fut extrêmement important et le Français s’en ira après avoir lutté pendant 9 mois.

GP du Japon, 2014, Jules Bianchi (Marussia)

Assez étonnamment, le record du circuit est assez ancien car signé par Schumacher en 2006, période des V8 moins puissants que les V10 ou les V6 Turbo hybrides, mais où les monoplaces étaient chargées en appui aérodynamique et les pneumatiques constamment développé grâce à la « guerre des pneus » entre Bridgestone et Michelin. Avec un chrono canon en 1 min 28 s 954 réalisé, aucun autre pilote n’a jamais approché cette référence ! Seul Massa fut capable de descendre sous la minute 30 cette année-là.

Le GP du Japon, vu du point de vue pneumatique par Pirelli

Pirelli au GP du Japon 2017

Sur un tracé très exigeant pour les pneumatiques, Pirelli a de nouveau choisi de ne pas sélectionner les pneus les plus durs pour parcourir les 53 tours et 307,471 km de la course. Ce sont donc les Mediums, les Tendres et les Super Tendres qui sont de sortie. On espère évidemment des stratégies plus variées que l’arrêt unique, de coutume cette saison. Souvent présente, la pluie pourra jouer les trouble-fêtes dans la course.

Pronostic difficile pour le GP du Japon 2017

Qui de Mercedes, Ferrari ou Red Bull remportera le GP du Japon ? C’est une bonne nouvelle, il est impossible de répondre avec certitude à cette question !

En effet, Mercedes a marqué le pas sur les dernières courses et l’écurie allemande a semblé inquiète malgré les points engrangés par Hamilton au championnat. Avec des conditions plus fraîches qu’à Singapour ou en Malaisie, les Flèches d’Argent espèrent ne plus revivre les mêmes problèmes de surchauffe des pneus.

Rapide mais peu fiable, Ferrari a impérativement besoin d’un bon résultat pour avoir encore une chance pour le titre. Vettel peut être soulagé de savoir que sa boite de vitesse n’a pas été endommagée lors du crash avec Stroll à la fin du GP de Malaisie tandis que son stock de moteurs neufs est désormais supérieur à celui d’Hamilton.

Red Bull en voudra sûrement plus que sa dernière victoire et aura à cœur de confirmer les progrès de son châssis. Hors de la lutte au championnat, Ricciardo et Verstappen pourront piloter libérés et prendre des risques.

Dans le cœur du peloton, Renault se doit de réagir après sa déconvenue lors du dernier GP, notamment sur l’exploitation des pneus alors que McLaren devrait montrer la qualité de son châssis pour la dernière course à domicile de la collaboration avec Honda. Force India et Williams seront également là pour marquer des points. Après deux grand prix décevants, Ocon aura à cœur de retrouver son niveau de Monza. Enfin, Haas et Toro Rosso devront hausser leur niveau s’ils veulent jouer le top 10 tandis que Sauber est de nouveau attendu dans la difficulté.

Tournée asiatique oblige, il faudra encore se lever tôt pour voir le GP du Japon puisque la première séance d’essais libres a lieu vendredi 6 octobre à 3h du matin, heure française. La seconde séance se déroulera à 7h. Le samedi, la dernière séance sera à 5h suivi des qualifications à 8h. Pour la course, rendez-vous ce dimanche 8 octobre à 7h pour suivre cette course magique !