A l’issue du Rallye des Garrigues qui s’est tenu du 17 au 19 mars, Sonia Barbot nous a accordé un long entretien. On y a parlé du rallye bien sûr, mais aussi de sa passion pour la moto et pour le rallye routier.

Rallye des Garrigues, ambiance entre pilotes : Sonia Barbot et Romain Cauquil se prêtent au jeu des photos (crédits : Bruno Marlin)

Comment t’est venu le virus de la moto ?

C’est venu assez tôt, mais ça ne s’explique pas : mes parents ne sont pas motards… J’avais 11 ans, et je rêvais soit d’un cheval, soit d’une moto ! Au début, ce n’était pas possible financièrement. Mais mon père a eu une très bonne opportunité grâce à un de ses amis et a pu récupérer une moto. C’est comme ça que j’ai commencé la moto… Et tout est parti de là, à 11 ans. Donc je suis partie sur des balades dans la garrigue sur terrain vague privé. Ensuite, à 16 ans j’ai voulu passer mon permis 125, et à 18 ans j’ai tout fait pour passer mon permis gros cube. Tout s’est enchaîné et j’ai acheté ma première moto avec mes économies faites en job d’été.

 

Qu’est-ce qui t’a décidée à t’engager en compétition ? Pourquoi as-tu choisi le rallye routier pour commencer ?

Ce sont les retours d’amis qui faisaient du rallye routier qui m’ont décidé à commencer la compétition. Ce qui me plaisait, c’était de pouvoir rouler vite sur route fermée dans de bonnes conditions de sécurité. J’ai commencé en 2013 en faisant 3 rallyes avec les Galinettes, et dès 2014 j’ai fait le Championnat de France des Rallyes Routiers, depuis je suis accro.

 

Pourquoi le rallye routier à moto te plaît particulièrement ?

Le rallye routier me correspond bien, j’y retrouve l’ambiance des balades entre collègues, la mauvaise foi motarde légendaire, avec la sécurité en plus sur les spéciales. Il faut être rapide sur les spéciales et endurant sur le routier, parce que faire l’étape de jour et enchaîner sur l’étape de nuit dans la même journée, c’est relativement physique, c’est un dépassement de soi. C’est aussi un sport complet avec de la navigation. Donc c’est vraiment une discipline qui me plaît, de par sa diversité où il faut être bon partout, et tant que j’y prendrai du plaisir je continuerai.

 

Tu parles de physique, fais-tu un entraînement particulier pour préparer ta saison ?

Je fais du VTT, mais pas assez finalement, je me rends compte qu’il me faut plus d’endurance pour la reconnaissance des spéciales. On doit faire ces reconnaissances soit à vélo, soit à pied, et faire 25 km d’aller-retour sur des secteurs vallonnés demande une bonne condition physique ! Mais le rallye routier ne demande pas d’avoir un physique aussi affûté qu’en enduro ou en vitesse. C’est un sport qui est vraiment accessible à tout le monde. Pas besoin d’un coach sportif 😉

 

Quels conseils donnerais-tu pour s’entraîner à la navigation en rallye routier ?

Quand j’ai commencé, j’ai imprimé un road-book d’un précédent Rallye des Garrigues, je l’ai installé sur ma moto avec un lecteur de road-book fait maison et je me suis entraînée à le suivre. Il faut apprendre à rouler en lisant le road book, et c’est avec l’expérience qu’on s’améliore. On a tous des grigri, et je crois que ce lecteur en fait parti 😉

 

Est-ce qu’être une femme en compétition moto change quelque chose d’après toi, par rapport aux pilotes hommes ?

Oui ! Nous ne sommes pas nombreuses à nous engager en rallye routier, ni même en compétition moto et c’est bien ça qui nous avantage. Ça nous permet de nous faire remarquer.  J’arrive à rentrer dans le Top 20, donc dans les élites, et c’est intéressant pour mes sponsors. Après, bien sûr ça ne fait pas tout,  je dois aussi communiquer correctement en retour sur mes résultats et mettre en avant mes sponsors. Et faire ce qu’il faut pour continuer à progresser dans le classement. Je remercie d’ailleurs tous les gens qui sont derrière moi et qui me poussent toujours vers le haut.

 

Tu as aussi un vrai fan club qui te suit sur les compétitions, reconnaissable à ses tutus oranges ! Est-ce important pour toi de sentir ce soutien ?

C’est un groupe d’amies que je connais depuis longtemps. J’essaie d’en convaincre certaines d’essayer le rallye routier, de s’inscrire. Et grâce à ma page facebook et à mon site internet, le réseau se développe… Ce qui m’intéresse, c’est de montrer aux femmes qu’on peut le faire. Même si on n’a pas un niveau de pilotage très élevé, il suffit de préparer un peu sa moto, de s’inscrire et de rouler en prenant du plaisir. C’est aussi le plaisir de se mesurer avec d’autres pilotes. Le faire sur route ouverte c’est très dangereux, et le rallye routier offre un encadrement et de bonnes conditions de sécurité.

 

Arrives-tu à convaincre d’autres filles de s’inscrire ?

C’est compliqué, ce qui fait peur en fait c’est la navigation, le stress des spéciales et la fatigue accumulée au cours du rallye. Parce que niveau pilotage, les filles savent faire aussi, elles savent rouler vite. J’ai la chance d’être dans le Top 20 et d’avoir le soutien de KTM depuis l’an dernier, et j’essaie de transmettre mes conseils et mon expérience à d’autres filles pour qu’on soit plus nombreuses.

Rallye des Garrigues, ambiance dans le parc fermé (crédits : Bruno Marlin)

Sonia Barbot est aujourd’hui une pilote de rallye routier reconnue, triple championne de France féminine dans la catégorie. Si elle pointe régulièrement dans le Top 20, elle y reste la seule femme et tente de convaincre d’autres filles de s’inscrire. Alors si vous souhaitez suivre son exemple, n’hésitez pas !

Sonia tient à remercier ses partenaires qui l’accompagnent en Championnat de France des Rallyes Routiers : KTM France KTM34, Suttel Motors Group. KIWI, SW Motech, Tec’Racing, Bihr, Motoshop34, Garage Fuch, ForExpert, PICTEL, Esprit Larzac, l’yote Brush, Rallye Spirit, Heidenau, MDM, G2STP Sport. SENA. Uni clean Eco. MC du Drac.